Mali : une délégation du MNLA reçue par Paris


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Le président du MNLA, la rébellion touarègue malienne, Bilal Ag Chérif, est à Paris en compagnie de trois autres membres du mouvement. Ils ont fait le déplacement pour rencontrer des responsables français au sein des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, et tenter d'obtenir un soutien, diplomatique mais surtout militaire pour combattre les jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. Suite à de premiers entretiens hier, les diplomates français ont rappelé leur priorité : que l'intégrité territoriale du Mali n'était pas négociable.

Une délégation de la rébellion touarègue malienne du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad conduite par son chef Bilal Ag Achérif, a été reçue le 22 novembre à Paris par le représentant spécial de la France pour le Sahel Jean-Félix Paganon. Elle survient alors que la France est en pointe dans les préparatifs d'une force armée internationale - composée de soldats africains et soutenue par les Occidentaux - devant intervenir avec l'aval de l'ONU dans le nord du Mali pour en chasser les groupes armés islamistes.

Mossa Ag Ataher, le coordinateur de l'action diplomatique du MNLA explique les objectifs de ce déplacement dans la capitale française : « Le chef du MNLA Bilal Ag Chérif, est effectivement en France depuis mercredi. Il est venu porter le message du MNLA aux autorités françaises au niveau des Affaires étrangères. Le message du MNLA est clair, c’est que nous nous inscrivons aujourd’hui dans la logique des négociations politiques en vue de chercher une solution politique à la crise qui nous oppose au Mali.

Au niveau de la défense, poursuit-il, nous pensons qu’aujourd’hui, la communauté internationale doit saisir cette opportunité qu’est le MNLA qui est en train de mener avec de maigres moyens et avec seulement une détermination, des opérations de grande envergure. Donc nous pensons aujourd’hui qu’il est urgent que la France particulièrement apporte un soutien au MNLA dans le cadre de l’éradication du terrorisme ».

Les autorités françaises ont redit leur volonté que l'intégrité territoriale du pays soit rétablie. Le MNLA est opposé à une intervention miltiaire dans le nord du Mali et attend toujours l'ouverture d'un dialogue avec Bamako.

Mohamed Ag Mossa, maître à Tombouctou

Obligation pour les femmes de porter un voile opaque, de tailler le bas des pantalons des hommes. Interdiction pour les coiffeurs de couper la barbe. Interditcion encore d'écouter de la musique ou de regarder la télévision. Voilà quelques une des dernières règles imposées à Tombouctou par les intégristes d'Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique et d'Ansar Dine.

Des règles décidées, définies par un homme du pays. Il s'appelle Mohamed Ag Mossa. La quarantaine, grand, timide, celui qui se présente sous le nom d'Hamar Mossa est l'homme fort de Tombouctou. « C'est un enfant du pays, il vient du village d'Aglal », raconte un commerçant. « Avant on le respectait, désormais, on le déteste », ajoute-t-il.

Rentré d'Arabie Saoudite il y a cinq ans, Mossa a fait construire sa mosquée dans le quartier Hama Bangou provoquant la colère des imans et des marabouts. Influent, il avait obtenu de prêcher l'islam sur les ondes de l'ORTM, la radio nationale. Depuis l'arrivée d'Aqmi, Mohamed Ag Mossa fait régner la terreur.

« Ici, c'est lui le chef, c'est lui qui a le plus de combattants, surtout des jeunes », estime un vendeuse qui ajoute « il rackette les commerçants, il enferme les femmes dans ce qu'il appelle son centre de rééducation, il tabasse et fouette tous ceux qui se dressent devant lui. C'est insupportable ».

Les habitants lui ont d'ailleurs trouvé un surnom : CB pour commandant de brigade. « C'est un homme dangereux, qui ne respecte rien», explique un notable.  « Récemment on l'a vu avec les émirs d'Aqmi, Abu Zeid, Sanda Ould Boumana et Ridouane. Tout le monde raconte qu'il est chargé de recruter pour al-Qaïda et malheureusement, il a beaucoup de jeunes Maliens ».

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