La Côte d'Ivoire, un an après l'incarcération de Laurent Gbagbo à La Haye

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo devant la CPI, le 5 décembre 2011
© REUTERS/Peter Dejong

Ce vendredi 30 novembre 2012, voilà tout juste un an que Laurent Gbagbo est incarcéré à La Haye, aux Pays Bas, dans le centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI). La cour n’a toujours pas déterminé si Laurent Gbagbo sera jugé ou pas par cette juridiction internationale. Et dans son pays, quel est le climat politique ? Les premières urgences passées, comme le retour de la sécurité après la crise post-électorale, le pouvoir d’Alassane Ouattara avait aussi comme autres chantiers importants, la réconciliation des Ivoiriens et l’apaisement du climat politique à travers un dialogue avec l’opposition.

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Un an après son transfert à La Haye, Laurent Gbagbo -soupçonné de crimes contre l'humanité commis pendant la crise post électorale de 2010-2011- ne sait toujours pas s'il y sera jugé. Prévue il y a trois mois, l'audience de confirmation des charges a été reportée au dernier moment. Un contretemps lié aux démarches de la défense de Laurent Gbagbo. Ses avocats ont saisi la cour, estimant que le stress post-traumatique subi par l'ex-président ivoirien lors de sa détention à Korogho le rendait médicalement inapte à assister aux procédures.

L'audience de confirmation des charges peut-être encore reportée

Le mois dernier, les juges ont conclu au contraire que Laurent Gbagbo était en assez bonne santé pour assister à des audiences, moyennant peut-être quelques aménagements pour en raccourcir la durée. Mais depuis, les avocats de Laurent Gbagbo ont demandé à faire appel et s'ils y sont autorisés, cela pourrait encore reporter cette fameuse audience.

Alors en attendant, que fait Laurent Gbagbo ? Il entretient sa forme à la salle de sports du centre de détention. Physiquement, à 67 ans, il souffre d'arthrose et de quelques problèmes articulaires, mais il est en parfaite santé intellectuelle d'après ses visiteurs. Ce passionné d'histoire lit beaucoup, il suit l'actualité, regarde les matchs de football à la télévision, et reçoit les visites de proches et de ses avocats.

Et en Côte d’Ivoire, un an après, le cadre de dialogue se précise

La réconciliation piétine, de l’avis de plusieurs observateurs. Il a fallu un an pour que les nouvelles autorités et l’opposition s’assoient autour d’une table. C’était en avril dernier à Grand Bassam lors d'un conclave auquel le FPI, le parti de Laurent Gbagbo, n’a pas voulu participer jusqu’au bout.

Le conclave a abouti à la mise en place d’un cadre permanent de dialogue. Peu de temps avant la dissolution du gouvernement de Jeannot Kouadio Ahoussou, il y a deux semaines, ce cadre permanent venait de décider de mettre en place quatre commissions, dont celle du statut de l’opposition et celle chargée des questions électorales.

Mais les choses sont au point mort aujourd’hui. Les partis de l’opposition qui y adhèrent souhaitent que le nouveau Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, poursuive en l’améliorant ce que son prédécesseur a commencé. Une source au sein du cadre permanent explique que jusqu’ici, le dialogue ne faisait que du sur place…

Le pouvoir a rejeté les principales revendications de l’opposition, la libération des prisonniers proches du régime précédent et l’annulation des mandats d’arrêt lancés contre des exilés. Certains d’entre eux sont soupçonnés par les autorités ivoiriennes d’être derrière des actions de déstabilisation, qui ont défrayé la chronique plusieurs fois depuis l’année dernière.

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