Crash d’un avion cargo à Brazzaville : l’enquête commence, les habitants sous le choc


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Après le crash de l'avion cargo, vendredi soir sur Brazzaville, les bilans restent encore provisoires. Selon des sources hospitalières on aurait atteint une trentaine de morts. De nombreux blessés restent toujours en surveillance, parfois dans un état critique, dans les différents hôpitaux de la ville. Vendredi soir vers 18h, un avion cargo en provenance de Pointe-Noire s'est écrasé non loin de la piste d'atterrissage. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes exactes de cet accident, précipité par une tornade qui s'est abattue du Brazzaville à ce moment-là.

Les témoins et les bulletins météo sont formels : vendredi soir vers 18h00, une véritable tornade s'est abattue sur la capitale congolaise. Eclairs, vent violent... Des conditions météorologiques capables, selon un expert du monde aérien, de perturber un atterrissage. Le bureau enquête-accident, qui a ouvert le dossier dés vendredi soir, devra prendre cette donnée en compte.

Mais pas seulement. Un premier rapport préliminaire a été rédigé, avec des informations concernant l'appareil, concernant le vol. Une source au Bureau central des accidents indiquait à RFI que les quatre boîtes noires de l’appareil ont été identifiées. Les écoutes des conversations entre la tour de contrôle et le pilote, quelques minutes avant le crash, ont commencé à être analysées. Des pièces moteurs et morceaux de la carlingue ont déjà été prélevés de l'appareil ou de ce qu'il en reste : l'avion a été pulvérisé par le choc et par l'explosion et l'incendie qui ont suivis.

Concernant l'appareil, il s'agit d'un Illiouchine T76, un avion cargo réservé au transport de fret. Ce jour-là, l'appareil transportait quatre véhicules et d'autres marchandises pour le compte de la compagnie congolaise Aero Service.

Toutefois, l'avion ne lui appartenait pas. Selon le ministère arménien des Affaires étrangères, cet appareil était immatriculé en Arménie et appartenait à Rij Airways, compagnie arménienne spécialisée dans le transport de fret. D'après cette même source, sept personnes étaient à bord. Les cinq membres de l'équipage étaient arméniens. Il n'y a aucun survivant.

Les habitants du quartier abasourdis

Les habitants du quartier vont et viennent sur le lieu du drame pour constater les dégâts sous l’œil des agents de l’ordre qui quadrillent le périmètre. Ils sont toujours sous le choc et partagés entre la douleur, l’émotion, voire la colère. Les témoignages en disent long sur ces sentiments partagés :

« J’étais sur place à 17 heures. J’ai compté les morts, les morts identifiés, et sans compter des morts non identifiés qui se retrouvaient avec les têtes ou les cuisses seulement », se souvient cet homme, meurtri. « On ne peut pas mettre ça sur quelqu’un, c’est un accident. On a beaucoup de douleur pour ceux qui perdent leur famille parce qu’on est ensemble », « ça ne peut que faire mal parce qu’on ne s’attendait pas à ce que, sous une pluie battante, les gens allaient perdre leur vie. Mais il faut aussi dire une chose, ces appareils, ces cercueils volants, ce sont des vieux appareils qui datent au moins de la Deuxième Guerre mondiale. J’interpelle la conscience des autorités de faire un peu plus attention sur les contrats qu’ils signent avec certaines entreprises. »