Sénégal : la question du financement du procès Habré bientôt réglée

Le Sénégal s’engage dans la voie du procès de Hissène Habré, l'ancien dictateur tchadien exilé. La délicate question du financement est en train de se dénouer. Les bailleurs de fonds, l’Union africaine et les autorités sénégalaises se sont mis d’accord sur un projet de financement conjoint des Chambres africaines extraordinaires qui vont juger Hissène Habré. Cet accord de principe doit encore être validé par les services juridiques des différents bailleurs. Mais on en connaît déjà le contenu.
Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk
7,4 millions d’euros (4,8 milliards de francs CFA) : c’est ce que coûtera le procès Habré. Après plusieurs mois de négociations, les autorités sénégalaises, l’Union africaine et les bailleurs de fonds se sont mis d’accord sur le projet de financement et ses modalités de gestion.
Selon nos informations, le Tchad devrait verser deux milliards de francs CFA (trois millions d’euros). L’Union africaine : un million de dollars. L’Union européenne s’est engagée à hauteur de deux millions d’euros. Les Pays-Bas : un million. L’Allemagne et la Belgique donneront 500 000 euros chacun? et la France 300 000 euros. Quant aux Etats-Unis, ils pourraient même mettre la main à la poche ultérieurement, à hauteur d'un million de dollars.
Concernant le mode de gestion de cet argent, il ne sera pas versé directement dans les caisses de l’Etat du Sénégal mais sur un compte spécial dédié au procès. « Tout sera fléché, tracé en conformité avec les standards internationaux », explique une source proche des bailleurs des fonds.
Le Sénégal s’est par ailleurs engagé à faire adopter avant le 10 décembre prochain la loi sur la création des Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises. Il faudra ensuite nommer les magistrats avant de rentrer dans le vif du sujet.

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(1) Réaction
Paradoxe inouï! Voilà
Paradoxe inouï! Voilà quelqu’un qui a fait tuer beaucoup de gens, qui a commis des atrocités dans son pays et qui a fui avec l’argent du pays pour se réfugier ailleurs, laissant des humains dans des douleurs immenses avec des séquelles indescriptibles. Maintenant on dépense des sommes colossales pour le juger. Même trouvé coupable, Hissène Habré serait tout au plus en prison pour un certain nombre d’années, à l’aise, nourri et bien encadré, alors que des milliers de Tchadiens crèvent encore de pauvreté. Pour quoi ne pas trouver tout de suite «un bon point de chute» pour Hissène Habré et consacrer tous ces montants à cotiser au dédommagement des familles des victimes ou au développement du Tchad ?