Procès de l’Arche de Zoé: «Cette histoire est surréaliste depuis le début»

Quatre des six condamnés de l'Arche de Zoé, à Ndjamena, le 6 décembre 2007.
© Photo: Reuters

Le procès de l'Arche de Zoé se poursuit devant le tribunal correctionnel de Paris. Six protagonistes de la tentative d'exfiltration de 103 enfants du Tchad vers la France en 2007 sont poursuivis mais les deux principaux responsables de l'association, le président, Eric Breteau et sa compagne, Emilie Lelouch sont absents. Le 4 décembre, au deuxième jour d'audience, trois témoins ont été entendus ainsi que l'infirmière Nadia Merimi et le pompier Dominique Aubry. Condamnés, puis graciés au Tchad, ils se sont constitués parties civiles.

Sur le papier, l'Arche de Zoé ne compte que deux membres : Eric Breteau, son président et Stéphanie Lefebvre, secrétaire générale et trésorière de l'association. Pourtant, appelée à témoigner, elle affirme : « Je ne peux rien vous dire sur ce qui a été dépensé, c'est Eric Breteau qui dépensait. Il ne fournissait pas de justificatifs ». La présidente du tribunal demande alors au témoin : « Quel portrait faites-vous d'Eric Breteau ? ». « C'est quelqu'un de généreux, de fédérateur, il sait persuader », dit-elle.

Un portrait bien loin de celui brossé par le deuxième témoin, Isabelle Rile. Médecin urgentiste, elle a participé à l'opération au Tchad, et elle raconte : « Un jour, une fillette pleure et appelle sa mère. Le traducteur le confirme : la petite fille n'est pas orpheline. Je ne voulais pas rester, je pensais que ça terminerait très mal ».

Et c'est ce qui s'est passé. Dominique Aubry en sait quelque chose : ce pompier a été condamné au Tchad. Il ne fera plus d'humanitaire : « Quand on apprend qu’on s’est fait tromper du début à la fin, on a quand même envie que le monde le sache puisque gracié ne veut pas dire blanchi. J’ai tout perdu. C’est dur, je pleure oui, mais j’irai jusqu’au bout. Ca c’est sûr et je veux surtout prévenir d’autres ONG de bien faire attention à tout ».

Comme Dominique Aubry, l'infirmière Nadia Merimi regrette l'absence d'Eric Breteau et Emilie Lelouch au procès : « Cette histoire est surréaliste depuis le début et ça continue aujourd'hui ».

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.