Situation politique tendue à Sao Tomé

Patrice Trovoada, Premier ministre de Sao Tomé et Proncipe démis de ses fonctions.
© AFP/Francisco Leong

La situation politique est de plus en plus chaotique dans l’archipel africain. En milieu de semaine dernière, le gouvernement de Patrice Trovoada a été démis de ses fonctions par décret présidentiel, décret qui faisait suite à une motion de censure déposée par des députés de l'opposition. Depuis, tout laisse à penser que la situation politique de Sao Tomé est dans l’impasse.

Vainqueur des élections législatives, l'Action démocratique indépendante, le parti du Premier ministre démis, refuse désormais de siéger à l'Assemblée nationale, alors que le président Pinto da Costa a rejeté les deux candidats successifs présentés par le parti majoritaire pour former un nouveau gouvernement. Pour le Premier ministre démis, on assiste à un « coup d'Etat parlementaire ».

« Le président n’a pas à imposer une figure au parti vainqueur des élections, affirme Patrice Trovoada. Ça, c’est un premier problème, une première violation. La deuxième, c’est qu’effectivement le Parlement n’est pas en mesure de fonctionner normalement. Donc, le président, face à cela, n’a qu’une autre solution qui est la dissolution du Parlement. Ce qu’il ne veut pas faire car il craint qu’effectivement nous sortions victorieux, à nouveau, avec une majorité renforcée. Nous estimons qu’il s’agit d’un coup d’Etat parlementaire. »

« On porte souvent accusation aux militaires, mais les politiciens aussi savent parfaitement bafouer les institutions, ajoute le Premier ministre démis. Plusieurs indications nous sont données que la communauté internationale n’accepte pas non plus cette situation. Nous avons eu ces derniers jours des manifestations de rue assez importantes. C’est un peu inédit en période de crise que les gens sortent dans la rue en appuyant le gouvernement. Donc, il y a vraiment quelque chose qui cloche. Ce gouvernement est destitué d'une façon illégale, par un groupe de députés qui ont pris le Parlement sous leur coupe, sans informer le gouvernement et qui ont voté une censure à leur façon. »