Ghana : le NPP décide de contester en justice les résultats de la présidentielle


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Au Ghana, l'élection présidentielle s'est déroulée les vendredi 7 et samedi 8 décembre. Deux jours après l'annonce de la victoire du chef de l'Etat sortant John Dramani Mahama, le principal parti d'opposition ghanéen, le NPP, confirme ses intentions : contester devant la justice les résultats du scrutin.

Le NPP en a pris la décision à l’issue d’une réunion de ses cadres, dans un hôtel d’Accra, cet après-midi : le parti va saisir la justice, la Cour suprême en l’occurrence. La formation de Nana Akufo Addo veut que la Commission électorale soit appelée à recompter les voix du scrutin de la semaine dernière ; elle affirme qu’il y a eu des manipulations des résultats, qui donnent également le Nouveau parti patriotique (NPP) battu aux législatives, avec 121 sièges de députés, contre 150 au le Congrès national démocratique (NDC).

En même temps, le candidat malheureux à la présidentielle est allé calmer ses partisans au rond-point Kwame Nkrumah à Accra, car la tension est montée d’un cran là-bas. Des centaines de militants en colère ont entre autres molesté des journalistes. La police et l’armée s’y sont déployées en nombre, et le calme est revenu dans la soirée.

Le gouvernement dénonce l’attitude du NPP. Il souligne que la victoire de John Dramani Mahama à la présidentielle est reconnue par la communauté internationale. Il a reçu les félicitations de Barack Obama et d’autres. Les six autres candidats à la présidentielle - qui, il faut le noter, ne dépassent pas les 0,6% des suffrages - ont reconnu leur défaite dans cette élection jugée libre et transparente par les observateurs, malgré des problèmes techniques liés à l’utilisation du vote biométrique pour la première fois.

Le NPP avait dénoncé des « fraudes systématiques » lors du scrutin avant même l'annonce officielle des résultats dimanche. Les résultats du scrutin présidentiel avaient été jugés réguliers lundi par les observateurs locaux. Et des observateurs extérieurs du Commonwealth et de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) avaient également qualifié le scrutin de « paisible » et « transparent ».