L'Afrique veut s'engager dans de nouvelles politiques de développement

Pour se développer, l'Afrique se doit de rentrer dans le jeu économique mondial et d'amoindrir sa dépendance aux autres nations.
© Adam Gault / Getty

Le sommet des chefs d'Etat des pays ACP Afrique-Caraïbes-Pacifique s'ouvre à Malabo en Guinée équatoriale. L'institution compte 78 Etats-membres. L'enjeu : renégocier les accords de Cotonou, car l'environnement économique a changé. L'Afrique a désormais un fort taux de croissance tandis que les pays de l'Union européenne (UE) doivent faire face à une crise financière sans précédent.

De notre envoyé spécial à Malabo,

Partenaire privilégié, l’Union européenne est sous le feu de la critique. Il faut dire qu’elle n’a pas pu tenir sous ses engagements, étant elle-même confrontée à une grave crise financière.

Les Etats ACP dans leur grande majorité veulent donc faire évoluer les accords de partenariat économique (APE) qui continuent d’accroître la dépendance des pays africains. Le monde a changé, assurent nombre de ministres africains : nos pays affichent pour la plupart des taux de croissance à deux chiffres, il s’agit donc de mettre en place une vraie politique de développement.

« L’urgence n’est pas l’instauration de nouveaux accords commerciaux mais plutôt l’investissement dans les outils de production », affirme ce ministre de l’Economie des Caraïbes, rejoint aussitôt par cet Africain qui s’interroge : « Comment vouloir engager l’Afrique dans un processus de croissance et de compétitivité internationale si l’on est incapable de l’aider à remplir les conditions élémentaires que sont l’électricité et les télécommunications ? »

Et puis l’accord de Cotonou prévoit la suspension de l’aide en cas de violation des principes démocratiques. Or, l'appréciation de cette suspension dépend de la seule Union européenne, et cela agace. L’Europe, qui conserve toutes les cartes dans ses mains, devra maintenant renégocier.

L'UE devrait désormais plus accompagner que prendre en charge l'essentiel des programmes de développement de nos pays. D'abord parce qu'elle n'en a plus les moyens. Deuxièmement parce que nos pays ont besoin de faire leurs propres programmes et d'être plus responsables de leurs destins.

Kerfalla Yansané
13-12-2012 - Par Boniface Vignon

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