Afrique et justice internationale : des relations difficiles


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La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et le bureau régional du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme organisent depuis jeudi 13 décembre au siège de l'Union africaine un séminaire sur la justice internationale. Les relations entre les pays africains et la Cour pénale internationale (CPI) restent compliquées.

La justice internationale est encore certainement à améliorer. Elle est en tout cas, toujours très contestée en Afrique.

« La Cour pénale internationale a créé trop de problèmes au niveau des Etats africains. Beaucoup de chefs d’Etat se sentent aujourd’hui ulcérés par les pratiques de la CPI qui, on dirait, ne tient pas compte des difficultés de l’Union africaine. Lorsque les chefs d’Etat on dit : "Nous allons régler la question du Soudan, laissez Béchir d’abord", ils n’en n’ont pas tenu compte du tout ! Au contraire, ils se sont comportés comme s’ils se moquaient des chefs d’Etat africains ! Une juridiction comme celle-là devrait quand même respecter un peu les chefs d’Etat », s'emporte Ferdinand Montcho, ambassadeur du Bénin et président du Comité des représentants permanents auprès de l’UA.

Montcho veut se battre contre l’impunité. Mais il pointe l’incompréhension des pays occidentaux, et même les pressions qui auraient été faites sur certains Etats africains pour qu’ils adhèrent au statut de Rome.

Le président d’honneur de la FIDH Sidiki Kaba est, lui, convaincu de la suprématie des valeurs universelles. Pour lui, le relativisme culturel est une façon de se dérober à ses obligations. « Il faut que chaque Etat – parce qu’il y a déjà 32 Etats africains qui ont ratifié le statut de Rome – prenne ses responsabilités, respecte ses obligations internationales, et quand il y a des crimes internationaux qui sont de la compétence de la Cour pénale internationale, qu’il juge les auteurs de ces crimes », affirme-t-il.

Le séminaire de cette semaine rapprochera-t-il les positions ? Les participants assuraient, en tout cas, de leur volonté de dépasser les blocages.