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Mort de Cheikh Yassine: «il a créé un mixte entre l’idéologie confrérique et celle des Frères»

media

Cheikh Yassine est mort jeudi 13 décembre à Rabat. Ses obsèques se sont déroulées ce vendredi matin dans la capitale marocaine. Il était le fondateur du mouvement islamiste Justice et bienfaisance. Un homme dont le courage et le parcours sont salués aujourd’hui. Eclairage sur ce personnage avec Pierre Vermeren, spécialiste des sociétés maghrébines. Il a publié, entre autres, Maghreb, la démocratie impossible, chez Fayard.

RFI : De son vivant, quel homme était Cheikh Yassine?

La foule très émue lors de l'enterrement du Cheikh Yassine: écoutez le reportage de notre correspondante 11/10/2013 - par Léa-Lisa Westerhoff écouter

Pierre Vermeren: C’était un homme pauvre, né à Marrakech, pratiquement contemporain d’Hassan II, qui est devenu, au fil des décennies, l’opposition numéro un au régime. Se basant sur un terrain religieux, confrérique, il a bénéficié d’une éducation française à la fin du protectorat, ce qui en a fait un inspecteur de l’enseignement secondaire, une fonction assez rare à l’époque.

Dans les années 1960, il s’est élevé contre le titre qu’Hassan II s’était attribué, « la Commanderie des croyants ». A partir de là, il a eu une position très particulière, en adressant notamment, en 1974, une lettre mémorandum au roi Hassan II, extrêmement dure, « L’Islam ou le déluge », qui lui a valu un long emprisonnement psychiatrique, puis une assignation à résidence.

Mais il a néanmoins constitué l’association Al-adl wal-ihsan, Justice et bienfaisance, qui est devenue au fil des ans la plus grosse formation islamiste - assez complexe du point de vue idéologique - d’opposition au régime marocain.

Il y a beaucoup de gens qui suivent ce mouvement au Maroc?

D’après un pointage fait par le ministère de l’Intérieur il y a quelques années, il y aurait au moins 140 000 adeptes « dûment encartés », si l’on peut dire, bien que cette association soit tolérée et non pas légale. Le nombre est donc important, surtout si l’on ajoute les sympathisants. Il semblerait que ce soit la principale organisation politico-religieuse au Maroc.

Parlons de la personnalité de Cheikh Yassine. On a beaucoup parlé de tolérance, certains associent sa position à une position pacifiste. C’est ce que vous diriez aussi ?

Il n’a pas eu l’occasion d’entraîner le Maroc dans la violence. Et le fondement confrérique, c'est-à-dire l’islam soufi, qui a été sa base idéologique principale, a certainement contribué à cela. Encore que dans l’histoire, les confréries n’aient pas toujours été pacifiques.

Mais il a créé un mixte idéologique complexe, entre l’idéologie confrérique habituelle et l’idéologie des Frères musulmans. On ne peut pas vraiment dire que ce soit un islamiste « à la mode » dans les autres pays arabes et notamment par rapport au FIS algérien (Front islamique du salut). Il y avait vraiment une grande différence entre ces deux mouvances. Et c’est certainement une des causes pour lesquelles le Maroc est resté un pays stable durant ces dernières décennies. Mais néanmoins, la violence n’est pas tellement dans les gestes et dans les faits. Elle est plutôt dans les propos, puisque les deux lettres qui ont été adressées au roi en 1974 et en 2000, sont quand même assez inédites dans le royaume.

Vous disiez « la bête noire », justement, d’Hassan II au Maroc. On salue vraiment son courage : il a été incarcéré, placé en résidence surveillée, et pourtant il a toujours tenu sa ligne de conduite.

Oui, parce que fondamentalement, c’est un religieux. C’est quelqu’un qui était un théologien, théoricien. Il a écrit, d’ailleurs, de nombreux livres qui ont été diffusés et publiés pour l’essentiel au Maroc. Il ne s’est jamais lancé dans une opposition frontale à travers des actions collectives et des violences. Et pourtant, il a subi [des représailles] effectivement, entre l’hôpital psychiatrique, la prison, cette assignation à résidence qui a pris fin avec l’avènement du roi Mohamed VI. Et en même temps, d’emblée, il s’est attaqué au nouveau roi, sans l’accabler, mais en expliquant qu’il devait redistribuer ses richesses au peuple.

Il y a donc une forme de courage. Dans un système qui était très répressif, il a toujours gardé la tête haute. C’est ce qui lui a valu aussi énormément d’opposants. On en a peu parlé en France. C’est une figure peu connue. Néanmoins, au sein de l’islamisme mondial, et surtout au Maroc, c’est quelqu’un qui était à la fois craint, parfois considéré comme un fou par les tenants et les soutiens du régime, et en même temps dans le peuple qui avait une certaine aura.

Précisons que lui et son organisation sont toujours restés à l’écart du pouvoir, y compris du gouvernement islamiste actuel. Ce sont d’autres islamistes qui dirigent le gouvernement, parce que justement, Justice et bienfaisance n’a jamais voulu reconnaître dans cette association le rôle de commandeur des croyants du roi.

Quelles étaient ses relations avec les Frères musulmans en Egypte ?

D’après ses écrits, on peut constater qu’il s’est rapproché, à certains égards, de leur idéologie, notamment sur la question de l’éducation, de l’accès à la connaissance. D’ailleurs il avait mis sa fille, dans les années 1970, au lycée français à Rabat, ce qui n’était pas un acte tout à fait neutre pour un islamiste, à la fois francophone et arabophone.

Il a donc emprunté essentiellement au salafisme cette nécessité d’avoir une dignité humaine, de construire aussi une relative liberté des femmes, basée sur le respect de la religion. De toute manière, leur rêve c’était une république islamique, fondée sur la charia, sur un certain nombre de pratiques islamiques qui sont très proches des Frères musulmans. Mais en même temps, on ne peut pas échapper à cette caractéristique très ancienne et historique de l’islam maghrébin qu’est le confrérisme. Il est très intéressant de voir d’ailleurs qu’il voulait lui-même devenir un chef de confrérie. Sa propre confrérie l’a refusé comme chef. Elle a été investie par le pouvoir marocain, par un certain nombre de ministres, par l’appareil d’Etat. C’est dire que le roi du Maroc se bat sur le terrain religieux officiel qu’on connaît bien, mais il se bat aussi à l’intérieur de la société marocaine, sur ce terrain confrérique, notamment contre Cheikh Yassine et ses adeptes.

La question de son héritage se pose aujourd’hui. Sa fille Nadia, qui est très connue, notamment en Espagne et aux Etats-Unis, est-elle en danger aujourd’hui ?

Tout est relatif. Elle a déjà eu pas mal de problèmes.

Elle est très impliquée politiquement…

Elle était protégée par son père, parce que les 20 dernières années, il était malade et il lui avait laissé beaucoup de place. Et c’était la fille du Cheikh, donc très respectée. Maintenant qu’il n’y a pas vraiment d’héritage, on va savoir qui va prendre la tête de la confrérie. Ce n’est pas décidé. Il est très peu probable que ce soit une femme.

Alors si c’était son mari, comme ça a été envisagé un moment, elle aurait à nouveau de la liberté d’action. Mais il n’est pas certain que dans cette confrérie, les personnes qui vont être élues ou qui constituent le gouvernement, en quelque sorte, de cette instance, soient très favorables à cette femme, qui a beaucoup de bagout, dont on peut bien critiquer, évidemment, les positions, mais en même temps, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui en a usé et abusé au cours des dernières années.

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