Mali: le Premier ministre forme un gouvernement de continuité

Le nouveau Premier ministre malien Diango Cissoko a constitué un gouvernement proche du précédent.
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Le Mali a un nouveau gouvernement, sous l'autorité du nouveau Premier ministre Diango Cissoko. La liste des ministres a été rendue publique ce samedi 15 décembre dans la soirée à la télévision nationale malienne. Ce gouvernement était très attendu à Bamako mais aussi à l’étranger. Il aura pour mission de préparer les futures élections présidentielles et trouver les solutions à la crise du Nord.

De notre envoyée spéciale

La nouvelle équipe gouvernementale de transition ressemble fortement à la précédente. Les principaux portefeuilles de l’Economie, de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères ne changent pas de mains. On note toutefois le départ de la plupart des proches du Premier ministre sortant, Cheick Modibo Diarra. L’ex-junte dirigée par le capitaine Sanogo conserve en revanche les ministères-clés qu’elle détenait déjà, et notamment la Défense, la Justice et la Sécurité intérieure.

Le Premier ministre a tenu à intégrer davantage de représentants des communautés du Nord, trois nouveaux ministres songhaï, arabe et tamachek font leur entrée dans ce gouvernement. Les principaux regroupements politiques sont par ailleurs représentés. Diango Sissoko n’a pas manqué cette fois de nommer un porte-parole du gouvernement, ministre de la Communication. Il a maintenu le poste de ministre du Culte, inauguré en août dernier.

Une faille cependant : le Premier ministre avait promis un gouvernement « représentatif » de la société malienne ; il ne reste plus que trois femmes dans la nouvelle équipe. Les femmes apprécieront.

Les premières réactions

Le FDR, un regroupement de partis résolument opposés au putsch du capitaine Sanogo, se déclare prêt à soutenir ce gouvernement si celui-ci poursuit les deux objectifs prioritaires qui lui sont assignés.

L’essentiel, pour le FDR, c’est que nous puissions quitter cette transition le plus vite possible. Quitter cette transition suppose, la libération du Nord, organiser des élections présidentielles courant 2013…
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11-10-2013 - Par Laurent Correau

Accueil favorable également du côté de la COPAM, la coalition des organisations patriotiques du Mali, qui est plus proche du capitaine Sanogo.

Le Premier ministre lui-même est un homme d’expérience mais nous pensons que tant que la concertation nationale n’a pas eu lieu, le gouvernement sera toujours faible parce que nos institutions ont été... détruites. Trop d’interférences étrangères sur nous. Et il n’y a que la concertation nationale pour donner une légitimité populaire aux nouvelles institutions.
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11-10-2013 - Par Laurent Correau

Pendant ce temps, la Cédéao était réunie en Côte d'Ivoire sur la crise malienne