L'esclavage, triste réalité coutumière à Madagascar


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Gulnara Shahinian, le rapporteur spécial des Nations unies, a terminé, mercredi 19 décembre, ses dix jours de mission à Madagascar. Pour la première fois, elle a mené une enquête internationale sur l’esclavage moderne dans ce pays, une traite extrêmement répandue et contre laquelle, selon elle, le gouvernement ne lutte pas.

Dans les champs, les mines, comme domestique ou prostitué, à Madagascar un enfant sur trois travaille. C’est la dernière estimation du Bureau international du travail (BIT).

Ces mineurs sont considérés comme des esclaves modernes et sont, selon Gulnara Shahinian, rapporteur spécial de l’ONU, de plus en plus nombreux : « La pauvreté et l’impunité ont fait augmenter l’esclavage, ont fait augmenter le nombre d’enfants envoyés au travail parce que les enfants pauvres ne vont pas à l’école. Ils doivent aider leurs parents. Si leur nombre a augmenté, c’est bien parce qu’il y a un marché et parce qu’il y a du désespoir. »

Les lois pas appliquées

Parce qu’il y a la force des coutumes aussi : selon Gulnara Shahinian, l’esclavage moderne est toléré sur la Grande île. Beaucoup n’y voient rien de répréhensible : « Les gens préfèrent suivre les règles des chefs traditionnels plutôt que la loi de l’Etat. Et c’est un grand problème, d’autant que dans la région, le gouvernement est très peu présent. Il ne protège donc pas les citoyens. »

Et pourtant, les lois existent à Madagascar. L’esclavage moderne y est sévèrement condamné. Reste désormais pour les autorités et les Nations unies à faire appliquer la loi.