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Algérie : «François Hollande a donné l’antidote à la bourde de 2005 sur le rôle positif de la colonisation»

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A chaque visite d’un chef d’Etat français en Algérie, chaque déclaration est détaillée, chaque discours est analysé au mot près. Ce jeudi 20 décembre, le discours de François Hollande devant les parlementaires algériens n'a pas dérogé à la règle. Venu qualifier le système colonial d’« injuste et brutal », affirmant que « la colonisation est source de souffrances infligées au peuple algérien », le président français a été applaudi. L'historien Jean-Charles Jauffret, qui a publié Soldats en Algérie 1954-1962 (éd. Autrement), donne ses premières impressions.

RFI : Quelques jours avant cette visite, vous aviez cosigné une tribune dans la presse pour que le contentieux colonial entre la France et l’Algérie soit dépassé. Vous avez suivi ce discours d’Alger ce jeudi. Les mots employés par François Hollande ont-ils répondu à votre attente ?

Jean-Charles Jauffret : Oui. Il a surtout évité les questions pièges sur la repentance et les excuses. Je note qu’il est d’abord allé au cimetière Saint-Eugène, pour la mémoire des Français d’Algérie et des Juifs d’Algérie, qu’il ne faut quand même pas oublier. Dans l’ensemble, il a répondu à l’attente des historiens. Peut-être qu'un petit mot sur les drames de 1962 aurait été le bienvenu. Mais enfin, il est dans un pays qui l’accueille.

François Hollande a, en tout cas, cité toute une liste de moments clés, notamment Sétif, le 8 mai 1945...

Oui, c’est le début de la guerre d’Algérie. En 1988, mes premiers écrits concernaient cet épouvantable drame. Le divorce entre les communautés remonte véritablement au 8 mai 1945 dans l’ensemble du Constantinois. Mais là encore, le président a évité de citer les chiffres, car l’Algérie donne encore des chiffres astronomiques. Même s’il y a eu peut-être jusqu’à 10 000 ou, peut-être (même) un peu moins, de disparus ou morts, on est loin des 45 000 victimes, ou même des 80 000 victimes, revendiquées par le FIS (Front islamique du salut, NDLR).

Donc, aujourd’hui encore, il y a vraiment des faits à établir. D'où peut-être le terme employé à plusieurs reprises par François Hollande, celui de « vérité » ?

Oui, la vérité est connue. Les historiens ont fait leur travail et continuent de le faire. Cela commence notamment un peu en Algérie, pays qui n’est pas libre de ses archives puisque tout dépend de la présidence de la République. En fait, nous n’avons plus rien à apprendre au public. Je vous donne simplement ce chiffre : 5 200 livres ont été publiés en France sur la guerre d’Algérie, c’est-à-dire beaucoup plus que la guerre d’Indochine par exemple. Et en Algérie, en 2011-2012, il y a un mouvement ascendant puisqu’une centaine d’ouvrages, essentiellement des mémoires d’anciens combattants, ont été publiés.

En quoi, par les mots qu'il emploie, François Hollande a-t-il marqué une nouvelle étape dans les relations entre Paris et Alger ? Retiendrez-vous des expressions en particulier ?

Le mot « vérité » en effet, c’est-à-dire le travail des historiens. Nous sommes déjà engagés depuis très longtemps des deux côtés de la Méditerranée pour curer la plaie, c’est-à-dire véritablement savoir ce qu'il s’est passé. Et pas seulement le 19 octobre 1961 à Paris. François Hollande a aussi employé des termes qui correspondent à la jeunesse algérienne : elle ne connaît pas la guerre d’Algérie, qui pour elle est le Moyen-Age. Elle veut regarder vers l’avenir. Et c’est cet avenir, une fois que les historiens auront achevé leur travail, qui est de montrer une réalité et non pas de juger, c’est donc à ce moment-là que l’on pourra avoir un partenariat à parts égales.

Cette exigence de vérité n’est pas unilatérale. Là, il y a beaucoup à faire du côté d’Alger, n'est-ce pas ?

Justement, oui. Ce n’est pas une démocratie, ne l’oublions pas, mais il y a tout de même un progrès. Mes collègues algériens, que j’ai rencontrés au mois de juillet, sont admirables car ils travaillent souvent dans l’incompréhension, avec beaucoup d’obstacles, mais ils font leur travail. Et très souvent, cela corrobore les travaux des historiens français. Par exemple, la question du plan Challe, qui a coûté 26 000 combattants, et pas des moindres on peut le dire, puisqu'il s'agissait de combattants d’élite de l’Armée de libération nationale. Les historiens français et algériens travaillent main dans la main pour voir l’effet de cet énorme plan, qui a d'ailleurs donné la victoire militaire à la France.

Les déclarations du président français permettent-elles de tourner la page de la loi du 23 février 2005, dont un article insistait sur le « rôle positif » de la colonisation française outre-mer, en particulier en Afrique du Nord ?

Il faut remercier le président François Hollande d’avoir donné l’antidote de cette énorme bourde commise en 2005. Il reste quand même une trace de cette loi : l’article 3, qui a créé en France une fondation orientée à l’origine, mais qui a évolué. Il s'agit de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie. Les historiens aimeraient qu’à côté du mot « mémoire », il y ait le mot clé « histoire », c’est-à-dire la somme de toutes les mémoires.

On a envie de dire : « et après ? » Beaucoup de gens attendaient cette normalisation des relations, des discours et des mots pour réparer. Qu’est-ce que cela peut changer pour l’avenir des relations entre les deux pays ?

Je voudrais d’abord saluer le courage du président Hollande qui est allé en Algérie. Je rappelle que ce n’est pas une démocratie, et qu’à partir de ce moment-là, il y a une dynamique qui pourrait se mettre en place pour que, primo, les historiens continuent à faire leurs travaux, et que secondo les deux peuples arrêtent de se regarder en chiens de faïence. Par cette visite, je me demande si nous n’avons pas enclenché, un peu, le même processus que Konrad Adenauer et Charles de Gaulle en 1958, qui a conduit au traité de l’Elysée entre nos deux peuples en 1963.

Nous ne devons pas faire de la demande d'un visa un parcours d'obstacles ou pire encore, une humiliation...
François Hollande et la question des visas 11/10/2013 - par RFI écouter

Il reste du travail, en particulier sur les liens à développer entre les deux pays, tout simplement pour cette jeunesse dont François Hollande a beaucoup parlé. D'où sa remarque sur la question des visas ?

C’est selon moi moins la question des visas que la question d’un pays démocratique ouvert aux entreprises libres, qui ne donnent pas des dessous de table et ne se font pas ruiner quand elles veulent s’établir. L’avenir de l’Algérie, ce n’est pas de franchir la Méditerranée avec ce qu’on appelle en français les « brûleurs », les « Aragas », pour venir chercher un emploi en Europe. A l'instar de mes amis algériens qui ont pris le risque de rester pendant les « années de plomb » dans les années 1990, l'avenir de l'Algérie, c’est l’Algérie elle-même. Son avenir n’est pas en France. Voilà pourquoi Renault investit à Oran. Il faut que la jeunesse algérienne, qui a été étouffée en janvier, février, mars et avril 2011, puisse enfin s’exprimer en mettant à la porte la clique des cleptocrates qui dirige encore Alger depuis trop d’années.

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