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Entre la France et l'Algérie, Hollande veut apaiser les mémoires et construire l'avenir

media

François Hollande est rentré en France, après une visite d'Etat en Algérie. Hier, dans l'après-midi, l'université de Tlemcen dans l'Ouest, l'a fait docteur honoris causa. Mais le temps fort de ce voyage, 50 ans après l'indépendance aura été sans conteste la reconnaissance solennelle par François Hollande, à la tribune du Parlement des « souffrances que la colonisation française » a infligées à l'Algérie, sans pour autant formuler d'excuses.

Avec notre envoyée spéciale,

En reconnaissant le caractère injuste et brutal du système colonial, en évoquant la souffrance des populations, François Hollande est allé plus loin que Nicolas Sarkozy en 2007. C’était un discours habile aux accents de vérité et de sincérité, pointe un journaliste qui regrette cependant qu’il n’ait pas opté pour des mots plus forts. Certains parlementaires algériens, également ont fait part de leur déception. Ils attendaient une reconnaissance des crimes commis par la France.

Ce sont ces questions de mémoire qui ont suscité les réactions les plus mitigées, même si la volonté du président français d’ouvrir les archives aux historiens pour que la connaissance, et le savoir prennent le pas sur l’émotion a elle, été saluée. Tout comme les promesses d’améliorer les procédures d’obtention de visa ou les échanges au profit des étudiants.

François Hollande a-t-il su par son discours d’Alger puis de Tlemcen hier soir, apaiser les uns sans froisser les autres ? L’équation était difficile, mais il jouissait d’un tel crédit en arrivant dans le pays, que l’exercice est au moins en partie réussi.

C'est un voyage tourné résolument vers l'avenir. Il est temps d'entrer dans l'âge mur. Cinquante ans après, il faut savoir ce qu'on veut; la France et l'Algérie savent maintenant ce qu'elles veulent.
François Hollande Président français 11/10/2013 - par Florent Guignard écouter

Réactions

Hollande avait prévenu en arrivant à Alger mercredi, il n'est pas là pour la repentance. Donc une reconnaissance des souffrances engendrées par la colonisation mais pas d'excuses. Mais c'est déjà ça, estime une « victime de la colonisation», une militante nationaliste de la guerre d'Algérie, Louisette Ighilahriz, torturée au Paradou, sur les hauteurs d'Alger, le siège de la 10e division parachutiste  commandée par le général Massu.

Je m'attendais à des excuses, mais c'est déjà un grand pas.
Témoignage de Louisette Ighilahriz Militante nationaliste algérienne 11/10/2013 - par Boniface Vignon écouter

Une direction commune dessinée

Avec notre envoyé spécial,

Et si la France et l’Algérie étaient entrées dans l’âge de raison ? C’est la conviction de François Hollande, 50 ans après l’indépendance algérienne. A cinquante ans, explique le président français d’un air presque amusé, il faut savoir ce que l’on veut. La France et l’Algérie savent maintenant qu’elles veulent une relation apaisée, tournée vers l’avenir. C’est le nouvel âge, tant vanté par François Hollande pendant ces deux jours.

Mais pour aller de l’avant, encore fallait-il solder passé ? C’est ce qu’a fait le président français dans son discours d’Alger avec des mots très forts. Jamais un président français n’est allé si loin, en évoquant la torture et les souffrances provoquées par le système colonial français pendant 132 ans.

On ne se construit pas un avenir commun, le regard constamment tourné vers les heures dramatiques, explique un proche de François Hollande. Ce que l’Allemagne et la France ont été capable de faire, la France et l’Algérie le peuvent aussi. Alors comme Kohl et Mitterrand, Hollande et Bouteflika se sont donné plusieurs fois la main dans les rues de Tlemcen. Il avait l’air heureux, le président français, si attaché à l’Algérie.

Pendant ce bain de foule qui lui rappelait sûrement sa campagne. Mais attention aux promesses de campagne, il s’agit de les tenir. François Hollande en sait quelque chose.

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