Mali : réunis à Alger, le MNLA et Ansar Dine s'accordent sur l'idée de discuter avec Bamako


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Le MNLA et Ansar Dine ont signé un accord en fin d’après-midi, vendredi 21 décembre, à Alger. Les représentants des deux entités, Mohamed Ag Akharib pour Ansar Dine et Bay Dikmane pour le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont notamment prévu de négocier avec Bamako.

Sécuriser la zone du nord du Mali, assurer l’aide humanitaire à la population et enfin travailler ensemble pour éviter toute atteinte à l’intégrité territoriale du pays. Voilà les priorités des deux mouvements.

Les deux chefs de délégation ont aussi répété qu’ils s’opposaient à une intervention militaire internationale. Ils assurent qu’ils éviteront toute hostilité ou situation de confrontation et qu’ils veulent aider à la libération des otages dans la région. Ils assurent par ailleurs qu’ils permettront la libre circulation des personnes, et la relance des activités économiques, politiques, sociales et éducatives.

Enfin, l’accord prévoit que le MNLA et Ansar Dine négocient avec les autorités de transition à Bamako pour trouver une solution pacifique.

A la fin de la réunion, le représentant d’Ansar Dine a réaffirmé qu’il n’était pas question de négocier sur la charia. Mais l’accord prévoit malgré tout « le respect des valeurs authentiques du peuple de l’Azawad ».

La charia

Sur le terrain, à Gao, le Mujao a repris sa campagne de châtiments corporels et de mutilations en public. Hier matin, un jeune homme a eu la main tranchée et quatre autres ont reçu des coups de fouet. Cet habitant de Gao qui souhaite conserver l'anonymat a assisté à ces punitions infligées au nom du respect de la charia, au moment même où le Conseil de sécurité vient d'autoriser le déploiement d'une force d'intervention, et pour lui, ce n'est pas une coïncidence.

Le Mujao reprend les punitions en public. Par exemple, vendredi, on a tranché la main droite à un jeune homme d'une vingtaine d'année, après lui avoir injecté un produit.
Un habitant de Gao
11-10-2013 - Par Cyril Bensimon

A Bamako, on ne voit rien de nouveau dans les déclarations d'Ansar Dine et du MNLA

Vu de Bamako, il n'y a véritablement rien de nouveau dans les déclarations des responsables d'Ansar Dine et du MNLA. « Il faut aller de l'avant , ils ont déjà déclaré qu'il veulent négocier », explique un officiel malien. Pour un autre, l'annonce de la cessation des hostilités par les deux mouvements n'est pas nouvelle. «Ils l'ont déjà dit, et ils n'ont pas respecté leur parole », insiste la même source.

Réagissant à visage découvert, un élu de la région de Gao, met carrément les pieds dans le plat. Le député Abdou Sidibé parle de « poudre aux yeux ». « C'est pour éviter une intervention étrangère dans le nord du Mali qu'ils ont fait cette déclaration », affirme l'élu. Il va plus loin, et accuse l'Algérie d'être derrière la manoeuvre : « c'est l'Algérie qui organise tout ça. C'est l'Algérie qui tire toutes les ficelles ».

Pour M. Sidibé, il faut rapidement bouter hors du nord du Mali les dijihadistes qui renforcent leurs positions ; « ils viennent de partout, et si on ne fait pas vite, le nord de notre pays va devenir la capitale mondiale des islamistes ».