Crise en Centrafrique : les chefs d’Etats d’Afrique centrale en faveur de négociations à Libreville

Le président de la République centrafricaine François Bozizé.
© AFP PHOTO/JOHN THYS

Les chefs d'Etats d'Afrique centrale se sont réunis à Ndjamena pour se pencher sur la crise en Centrafrique. Conclusion : ils recommandent l'ouverture « sans délai » de négociations entre le gouvernement de Bangui et les mouvements rebelles, et recommandent que ces discussions se tiennent à Libreville au Gabon. Celles-ci devraient donc non seulement regrouper le gouvernement centrafricain, les rebelles mais aussi l’opposition démocratique.

Le Tchad a abrité, ce vendredi 21 décembre, le sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) consacré à la crise centrafricaine. A l’issue de leurs travaux, les chefs d’Etat apportent un soutien militaire au président François Bozizé mais lui demandent d’ouvrir le dialogue avec les rebelles et l’opposition démocratique.

Pendant le huis clos avec ses homologues, François Bozizé a exposé dans les détails la situation qui prévaut dans son pays. Une situation qui nécessite la création de toute urgence d’une force régionale. Celle-ci viendra rejoindre la compagnie tchadienne qui a stoppé l’avancée des rebelles de la coalition Séléka vers Bangui.

Les chefs d’Etat ont aussi décidé de l’ouverture « sans délai » des négociations à Libreville, au Gabon. Des négociations qui devraient regrouper le gouvernement centrafricain, les rebelles mais aussi l’opposition démocratique. Il s’agira de revoir, sous la médiation du Congo, les conclusions et recommandations du dialogue inclusif de 2010. Qu’est-ce qui a marché, qu’est-ce qui n’a pas marché, et apporter les correctifs qui s’imposent.

C’est dire que sans être là, les rebelles ont pu avoir voix au chapitre puisqu'à Libreville, on reparlera de désarmement, de Commission vérité et réconciliation, etc. Mais avant de discuter, les rebelles sont priés de repartir à leur point de départ. Dans le Nord-Est, loin de Bangui. Et ils ont une semaine pour le faire.

Les chefs d'Etat ont décidé l'exclusion de toute option militaire pour régler la crise centrafricaine, l'ouverture sans délais de négociations à Libreville et le retour des rebelles à leurs positions antérieures dans un délai n'excédant pas une semaine.
Nassour Guelengdouksia Ouaïddou
11-10-2013 - Par Madjiasra Nako


Mais le Séléka veut des garanties avant de quitter les positions qu'il a conquises, à  commencer par la signature d'un cessez-le-feu. Il faut dire que les rebelles sont en position de force. Leur avancée dans le nord de la Centrafrique a été spectaculaire. En quelques jours seulement, la coalition rebelle est parvenue à se faire entendre.

Réaction du Séléka

Eric Massi, porte-parole de la coalition rebelle centrafricaine qui a pris plusieurs villes du nord et du centre de la Centrafrique, se dit satisfait que les dirigeants des Etats de la région se soient penchés sur la crise en RCA. Mais il reste tout de même prudent. Il affirme également que la rébellion maintient son gel des opérations militaires mais qu'elle n'entend pas, pour l'instant, se retirer des positions conquises.

Nous avons demandé une médiation au Tchad, et nous constatons que cette médiation, suite à la décision des chefs d’Etat, est transférée à Libreville, sans que nous ayons été consultés. Je rappelle qu'aujourd'hui, nous n'avons pas de cessez-le-feu avec les autorités de Bangui, ni aucune garantie de la part du régime de François Bozizé que nos revendications seront effectivement traitées
Eric Massi
11-10-2013 - Par Cyril Bensimon