Crise en RCA : le Tchad s’agace de l’absence d'implication de Bangui dans les négociations

De gauche à droite : les présidents tchadien Idriss Déby, centrafricain François Bozizé et congolais Denis Sassou-Nguesso, le 25 juillet 2012 à Brazzaville.
© AFP/STR

Ndjamena a déployé plusieurs centaines d'éléments en République centrafricaine, et contrôle la ville de Sibut, le verrou qui protège la capitale. Pour l'heure, le parapluie tchadien a empêché les hommes du Séléka de menacer Bangui. Mais les relations entre les présidents tchadien et centrafricain ne sont pas aussi bonnes qu'elles n'y paraissent. Comme Brazzaville, Ndjamena s'agace de l'attitude attentiste de Bangui, qui tarde à parler aux rebelles.

Le sommet de vendredi dernier à Ndjamena a confirmé ce que beaucoup disent en coulisse depuis des mois : le ton est assez frais entre François Bozizé et Idriss Déby, respectivement présidents de RCA et du Tchad.

Alors qu'Idriss Déby insistait pour accueillir les pourparlers de paix, François Bozizé a fait pression pour qu'ils se tiennent à Libreville, au Gabon. Ce que beaucoup de diplomates ont perçu comme un manque de confiance entre les deux présidents.

Hassan Sylla Bakari
24-12-2012

Agacement entre pays frontaliers

Certes, Idriss Déby a volé au secours de son voisin du sud. Ndjamena a positionné 150 hommes à Bossangoa et 200 à Sibut. Mais dans l'entourage du président Déby, certaines sources affirment que Ndjamena ne s'est engagé qu'à contre-cœur.

Depuis des mois, le Tchad et le Congo-Brazzaville exhortent Bangui à négocier avec les groupes armés. Les deux voisins s'agacent : le président centrafricain ne s'implique pas suffisamment à leurs yeux.

Appétit des groupes armés

Mais le Tchad a-t-il d'autres choix que de soutenir François Bozizé ? Ne pas le faire signifierait prendre le risque de voir la RCA toute entière, et probablement le sud du Tchad, déstabilisés durablement.

L'action de l'alliance Séléka risque en effet de raviver les appétits d'un grand nombre de mouvements armés en sommeil, voire même les groupes de bandits qui pullulent dans certaines régions.

Le retrait rebelle en préalable

José Binoua
24-12-2012 - Par RFI

Un scénario du pire qui ne profiterait ni au Tchad ni au président Bozizé. Pour l'heure, Ndjamena se résout à aider Bangui. La question est de savoir où et quand s'arrêtera la patience du grand voisin. 

En attendant, la coalition Séléka a annoncé, ce lundi, un arrêt de ses opérations afin de permettre aux populations civiles de regagner leur maison après la prise de Bambari, dimanche. De son côté, le gouvernement continue d'exiger que les rebelles quittent les villes qu'ils occupent avant toute ouverture de négociations.

Paris propose son aide

Les rebelles ont passé la journée de lundi à sécuriser la ville de Bambari et les axes menant à l'ouest, vers Grimari, où sont désormais positionnées les forces centrafricaines (FACA). La coalition dit proposer une trêve de Noël afin de permettre aux populations de rentrer chez elles, et demande au FACA de ne pas lancer d'attaque.

Nous demandons aujourd'hui l'arrêt immédiat des hostilités. Et nous avons indiqué à nos éléments d'arrêter les hostilités, afin de permettre l'ouverture de couloirs humanitaires qui donneront l'occasion aux populations déplacées de rentrer chez elles, et aux organisations non gouvernementales de venir s'enquérir de la situation réelle dans les zones sous notre contrôle.

Eric Massi
24-12-2012 - Par Olivier Rogez

De son côté, la diplomatie française exhorte les deux parties à se rendre sans délai à Libreville, au Gabon, pour trouver une solution négociée à la crise. La France se dit prête à apporter son soutien si nécessaire.

Il doit y avoir un règlement politique de la crise actuelle. Nous condamnons les violences (...). Nous appelons les parties centrafricaines à s'engager sans délai, de bonne foi, dans des négociations. Ces négociations doivent s'ouvrir à Libreville sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale. Nous sommes prêts à appuyer ce processus, en coordination avec les Nations unies, l'Union africaine et l'organisation sous-régionale.

Vincent Floréani
24-12-2012 - Par RFI

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