Tchad / Justice - 
Article publié le : vendredi 28 décembre 2012 à 18:31 - Dernière modification le : vendredi 28 décembre 2012 à 18:31

Tchad : cinq années de travaux forcés pour l’ancien maire de Ndjamena

Mahamat Zen Bada, l’ancien maire de Ndjamena, a assisté à l’audience couché.
Mahamat Zen Bada, l’ancien maire de Ndjamena, a assisté à l’audience couché.
© RFI

Par RFI

C’est allongé sur un lit d’hôpital que l’ancien maire de Ndjamena a assisté à son procès. La cour criminelle a finalement condamné Mahamat Zen Bada à cinq ans de travaux forcés, dix millions d'amende et ordonné la confiscation de ses biens au profit de l’Etat.

Souffrant de plusieurs maladies et ne pouvant se déplacer sans déambulateur, Mahamat Zen Bada, l’ancien maire de Ndjamena, a assisté à l’audience couché. Il était arrivé au tribunal allongé sur son lit d’hôpital, une perfusion au bras. Une scène insoutenable pour son avocat, Me Ngadjadoum Josué, qui a alors quitté la salle avec fracas. « Aller le prendre à l’hôpital. L’emmener ici manu militari, sur une civière. Et vouloir faire un procès ! Dans ces conditions, je pense qu’on ne peut pas faire un procès équitable. Quelle que soit la faute commise, il faut qu’on soit jugé avec un peu de dignité. »

« Mahamat Zen avait lui-même demandé la parole », selon le procureur
 
Le procureur général, auprès de la cour d’appel a, quant à lui, expliqué : « C’est après l’avis de son médecin qu’il a été déposé à bord d’une ambulance, devant la cour. Mahamat Zen avait lui-même demandé la parole. Et il a parlé pendant plus de trente minutes, pour éclairer la lanterne de la cour. Donc, dire que nous l’avons extrait manu militari, je crois que c’est un faux problème. »
 
« Je suis victime d’un système que j’ai aidé à mettre en place », Mahamat Zen Bada
 
L’audience s’est poursuivie et le procureur a requis des peines de travaux forcés, une amende, le remboursement des quatre milliards détournés et la confiscation des biens des prévenus. A la fin de la séance, Mahamat Zen Bada a demandé à parler. D’une voix basse, il a lancé à la cour : « J’ai servi un régime. Je suis victime d’un système que j’ai aidé à mettre en place. »
 
La cour criminelle a finalement condamné Mahamat Zen Bada à cinq ans de travaux forcés, dix millions d'amende et ordonné la confiscation de ses biens au profit de l’Etat. 

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