Somalie : une année 2012 pleine de changements


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Pour la Somalie, pays de l’Afrique de l’Est ravagé par la guerre civile depuis plus de vingt ans, l’année 2012 aura été marquée par le changement. Les insurgés shebabs, qui revendiquent leur affiliation à al-Qaïda, ont subi des pertes sévères causées par les troupes de l’Union africaine et l’Ethiopie. Sur le plan politique, un nouveau gouvernement a été désigné, suscitant une vague d’espoir, mais les défis sont encore nombreux.

Dans sa lettre de fin d’année, l’envoyé spécial des Nations unies pour la Somalie, Augustine Mahiga, se félicite qu’une « Somalie stable et prospère » semble enfin possible pour la première fois depuis plus d’une génération. Mais il appelle la communauté internationale à ne pas cesser son soutien.

La guerre a connu un tournant en 2012 avec la prise par les troupes de l’Union africaine de villes stratégiques: Baidoa, Afgoye, Merka, puis Kismayo en octobre dernier. Un nouveau président a été élu en septembre, au terme d’un processus controversé dont le but principal était d’évincer l’équipe précédente.

Ceux qu’on appelait les deux Sharif - le président Sharif Cheikh Ahmed et le président du Parlement Sharif Hassan Sheikh Aden - étaient accusés par la Banque mondiale, ou encore l’ONU, de détournement de fonds à grande échelle. Un gouvernement avec beaucoup de nouveaux visages a donc suscité beaucoup d’espoir, mais des défis majeurs pourraient entamer cette dynamique.

La prise de Kismayo, source importante de revenus et localité contestée entre plusieurs clans, s’accompagne d’un processus politique très fragile, qui n’a pas le soutien du président à Mogadiscio. Les shebabs contrôlent encore une grande zone rurale et sont infiltrés dans les villes. Il y a quelques jours, le ministre somalien de l’Intérieur a donné cent jours aux combattants pour se rendre et participer à la reconstruction du pays.