Ansar Dine durcit sa position et réclame l'autonomie du nord du Mali

Des miliciens d'Ansar Dine à Kidal, en juin 2012.
© REUTERS/Adama Diarra

Le mouvement islamiste Ansar Dine, l’un des groupes armés qui occupent le nord du Mali, a remis au médiateur Blaise Compaoré, le 1er janvier, sa plateforme politique en vue des futures négociations. Dans ce document de 17 pages, le mouvement demande l’autonomie du nord du Mali et l’application de la charia dans cette région. Le groupe demande déjà à Bamako de faire un choix entre l’intégrité du territoire et la laïcité du Mali.

Pour Ansar Dine, le Mali et l’Azawad doivent « divorcer » par « consentement mutuel » . Cependant, poursuit le mouvement islamiste dans le document remis le 1er janvier au médiateur Blaise Compaoré, devant l’intransigeance de la communauté internationale fermement hostile à toute partition du Mali et surtout face à l’insistance des médiateurs, Ansar Dine propose d’aller d’abord à l’étape de la « séparation de corps », c’est-à-dire l’autonomie du nord du Mali. « Il faut accorder à l’Azawad une large autonomie dans le cadre d’un Etat refondé du Mali se démarquant  sans ambiguïté de la laïcité », peut-on ainsi lire dans la plateforme.

Mais avant toute chose, Ansar Dine exige que le « caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution ». Car, explique le document, « le peuple malien est musulman à plus de 95% ». Pour le mouvement Ansar Dine, l’observance stricte de la loi islamique sur tout le territoire de l’Azawad est « un impératif non négociable ». Tout en justifiant les amputations et autres flagellations, le mouvement islamiste s’engage à rester collé à « l’air du temps, notamment dans la mise en œuvre de certaines dispositions de la législation pénale islamique ».

Pour une sortie durable de la crise, « le Mali doit absolument opérer un choix  non équivoque entre préserver son intégrité et vivre sa laïcité. Sauver les deux à la fois est hors de question », prévient encore Ansar Dine.

Entre Maliens, on trouvera toujours moyen de se mettre d'accord sur l'essentiel. A condition de respecter les pré-requis : ne plus remettre en cause l'unité nationale et l'intégrité du territoire, et reconnaître le caractère laïc et la forme républicaine de l'Etat.
Yamoussa Camara
10-10-2013 - Par Boniface Vignon