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Article publié le : mardi 08 janvier 2013 à 06:21 - Dernière modification le : mardi 08 janvier 2013 à 23:57

Burundi : trois ans de prison pour le journaliste de RFI Hassan Ruvakuki

Hassan Ruvakuki.
Hassan Ruvakuki.
Reuters

Par RFI

Ce mardi 8 janvier Hassan Ruvakuki, journaliste de RFI a été condamné en appel à trois ans de prison. Il y a un an, le 28 novembre 2011, notre confrère correspondant de RFI en swahili était arrêté par les autorités burundaises. Il venait tout juste de se rendre en Tanzanie pour couvrir, en tant que journaliste, la naissance d'un nouveau groupe rebelle burundais. Hassan Ruvakuki avait alors été condamné une première fois à la prison à vie, « pour actes de terrorisme ».

La cour d'appel de Gitega dans le centre du Burundi a apparemment décidé de couper la poire en deux. Alors que le tribunal de grande instance de Cankuzo, dans l’est du pays, avait condamné Hassan Ruvakuki à la prison à perpétuité pour « actes de terrorisme », la cour d’appel de Gitega a décidé de reformuler le premier jugement. Elle condamne le correspondant de RFI en swahili à trois ans de prison ferme pour « s’être rendu coupable dans l’infraction de participation à une association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux biens ».

Alexandre Niyungeko
 

président de l’Union burundaise des journalistes

08/01/2013
par Esdras Ndikumana
 
 

Le président de l’Union burundaise des journalistes, présents à Gitega, est sous le choc : « Comment peut-on attenter aux personnes avec un micro ? », s’est interrogé Alexandre Niyungeko, estimant que la cour avait dû céder aux pressions de l’appareil sécuritaire burundais qui n’a pas voulu perdre la face en acquittant le journaliste Ruvakuki.

Son avocat, maître Fabien Segatwa, juge de son côté que « trois ans c’est trop, surtout pour un innocent, mais c’est mieux que perpétuité », avant de souligner le fait que son client a déjà fait le quart de sa peine et, qu’à ce titre, il est éligible à la libération conditionnelle.

Maître Fabien Segatwa

avocat de Hassan Ruvakuki

Je m’attendais à l’acquittement et pas à une condamnation.

 

08/01/2013 par Esdras Ndikumana

La direction de l'Audiovisuel Extérieur de la France a immédiatement réagi par le biais d'un communiqué dans lequel elle fait part de sa déception suite à cette nouvelle condamnation.

Communiqué de l’AEF :

Après plus de 13 mois de détention, le correspondant de la rédaction en swahili de RFI au Burundi, Hassan Ruvakuki, est condamné à trois ans de prison malgré la requalification de sa peine

La cour d’appel de Gitega a condamné à trois ans de prison Hassan Ruvakuki, correspondant de la rédaction en swahili de RFI au Burundi, après avoir requalifié les faits qui lui sont reprochés en « participation à une association formée dans le but d’attenter aux personnes et propriétés ». Il avait été condamné en première instance à la prison à vie pour « participation à une entreprise terroriste » alors qu’il revenait de Tanzanie où il avait interviewé un chef rebelle burundais.

Son avocat entend se pourvoir en cassation pour violation de la loi, compte tenu du caractère inapproprié de cette requalification. En outre, il fait valoir que l’usage au Burundi est de permettre aux condamnés de bénéficier d’une liberté conditionnelle après avoir purgé le quart de leur peine. Or, au regard de la peine déjà effectuée par Hassan Ruvakuki, ce dernier devrait pouvoir bénéficier de cette mesure.

La direction générale du groupe Audiovisuel Extérieur de la France et toutes les équipes de RFI, FRANCE 24 et Monte Carlo Doualiya soutiennent ces démarches et estiment inacceptable le maintien en détention de leur confrère.

Dans une lettre écrite depuis sa cellule, Hassan Ruvakuki clamait son innocence : « En allant en Tanzanie, dans un camp de rebelles burundais, je n’ai fait que mon métier : celui de journaliste. Je n’ai jamais appartenu à un quelconque parti politique, encore moins à un mouvement armé. Comme tous mes confrères de la planète, je suis allé vérifier, sur le terrain, la véracité d’une information dont j’avais la primeur ».

Les éléments nouveaux apparus durant le procès en appel du journaliste en novembre 2012 laissaient espérer la reconnaissance du caractère strictement journalistique de ses activités. C’est pourquoi Marie-Christine Saragosse, Présidente de l’Audiovisuel Extérieur de la France, qui avait effectué une visite de soutien à Hassan Ruvakuki quelques jours avant les fêtes de Noël, exprime « sa profonde déception de voir le journaliste rester derrière les barreaux » mais « garde l’espoir d’une libération prochaine grâce aux nouveaux recours qui suivront ». Elle tient à « saluer les journalistes et les correspondants en Afrique de RFI qui depuis le début se sont personnellement investis pour soutenir Hassan et sa famille ».

Le groupe Audiovisuel Extérieur de la France remercie la communauté internationale, les organisations professionnelles de journalistes et les associations de défense de la liberté de la presse pour leur soutien sans relâche à Hassan Ruvakuki depuis le début de sa détention et sait qu’elles resteront mobilisées pour sa libération.

De son côté, l'association Reporters sans frontières, qui se déclare dans un communiqué « profondément déçue par le verdict prononcé », lance une pétition réclamant la libération de Hassan Ruvakuki.

tags: Burundi - Droits de l’homme - Justice - médias
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(3) Réactions

OUI IL DOIT ETRE LIBERER CAR

OUI, IL DOIT ÊTRE LIBERER CAR C'EST UN INNOCENT.
IL N'A FAIT QUE SON METIER DE JOURNALISTE; ET IL L'A D'AILLEURS BIEN FAIT.
LES HOMMES POLITIQUES OUBLIENT TRES VITE; RAPPELONS NOUS QUAND LE MOUVEMENT CNDD-FDD ETAIT AU MAQUIS; ON LEUR TENDAIT LE MICRO POUR S'EXPRIMER;
AUJOURD'HUI QU'ILS SONT AU POUVOIR PAS QUESTION DE TENDRE LE MICRO A QUICONQUE N'EST PAS DE LEUR CAMP, QUELLE ÉGOÏSME ???

Mes chers amis CNDD-FDD accepetez la différence. Vous même on vous a accepté. Liberez RUVAKUKI !

VOILA LES RISQUES DU MÉTIER,

VOILA LES RISQUES DU MÉTIER, UN INNOCENT QUI N'A FAIT QUE SON DEVOIR, SON TRAVAIL. LIBÉREZ SVP LE PAUVRE ET INNOCENT Hassan. NOUS TE SOUTENONS Cher Hassan. VIVE LA démocratie.

Libérer ce pauvre

Libérer ce pauvre journaliste, il n'a fait que son devoir d'informer, de sensibiliser la population, nous exhortons les occidentaux à intervenir auprès des autorités Burundaises pour la libération immédiate de ce journaliste qui n'a fait que son travail de journaliste, le travail de journaliste est un travail à haut risque, nous te soutenons Hassan.

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