Burundi : trois ans de prison pour le journaliste de RFI Hassan Ruvakuki

Hassan Ruvakuki.
© Reuters

Ce mardi 8 janvier Hassan Ruvakuki, journaliste de RFI a été condamné en appel à trois ans de prison. Il y a un an, le 28 novembre 2011, notre confrère correspondant de RFI en swahili était arrêté par les autorités burundaises. Il venait tout juste de se rendre en Tanzanie pour couvrir, en tant que journaliste, la naissance d'un nouveau groupe rebelle burundais. Hassan Ruvakuki avait alors été condamné une première fois à la prison à vie, « pour actes de terrorisme ».

La cour d'appel de Gitega dans le centre du Burundi a apparemment décidé de couper la poire en deux. Alors que le tribunal de grande instance de Cankuzo, dans l’est du pays, avait condamné Hassan Ruvakuki à la prison à perpétuité pour « actes de terrorisme », la cour d’appel de Gitega a décidé de reformuler le premier jugement. Elle condamne le correspondant de RFI en swahili à trois ans de prison ferme pour « s’être rendu coupable dans l’infraction de participation à une association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux biens ».

Alexandre Niyungeko
10-10-2013 - Par Esdras Ndikumana

Le président de l’Union burundaise des journalistes, présents à Gitega, est sous le choc : « Comment peut-on attenter aux personnes avec un micro ? », s’est interrogé Alexandre Niyungeko, estimant que la cour avait dû céder aux pressions de l’appareil sécuritaire burundais qui n’a pas voulu perdre la face en acquittant le journaliste Ruvakuki.

Son avocat, maître Fabien Segatwa, juge de son côté que « trois ans c’est trop, surtout pour un innocent, mais c’est mieux que perpétuité », avant de souligner le fait que son client a déjà fait le quart de sa peine et, qu’à ce titre, il est éligible à la libération conditionnelle.

Je m’attendais à l’acquittement et pas à une condamnation.
Maître Fabien Segatwa
10-10-2013 - Par Esdras Ndikumana

La direction de l'Audiovisuel Extérieur de la France a immédiatement réagi par le biais d'un communiqué dans lequel elle fait part de sa déception suite à cette nouvelle condamnation.

De son côté, l'association Reporters sans frontières, qui se déclare dans un communiqué « profondément déçue par le verdict prononcé », lance une pétition réclamant la libération de Hassan Ruvakuki.