Centrafrique: toutes les délégations présentes à Libreville pour de complexes négociations

Le chef de la délégation de la coalition Seleka, Michel Djotodia.
© RFI/Sarah Sakho

Les délégations du pouvoir et de l’opposition de RCA, ainsi que les représentants de la rébellion Seleka, sont arrivés à Libreville, au Gabon, pour engager des négociations de paix sous l’égide des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Afrique Centrale - préparatoire aux pourparlers - s’est ouverte ce mardi 8 janvier au ministère de la Défense gabonais.

Le président centrafricain François Bozizé a clairement affirmé, ce mardi à Bangui, alors même que débutaient les discussions à Libreville, qu’il n’était pas question, pour lui, de négocier son départ du pouvoir. Un départ que continuent de réclamer les rebelles. Pour François Bozizé, il s'agit d'une limite à ne pas franchir pendant ces négociations.

Je n'ai pas à négocier (mon départ), est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain ?
François Bozizé
10-10-2013 - Par Laurent Correau

François Bozizé précise par ailleurs qu’il souhaiterait que sa délégation négocie, à Libreville, un gouvernement d’union nationale.

Ces déclarations tranchantes du président centrafricain augurent mal d’une issue positive à la profonde crise qui secoue la RCA depuis que les rebelles de la Seleka ont pris la majeure partie du pays, à la suite du déclenchement de leur offensive il y a bientôt un mois.

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de la CEEAC s’est tenue, ce mardi 8 janvier, présidée par le ministre tchadien des Affaires étrangères. Dans son allocution d’ouverture, Moussa Faki Mahamat a mentionné que les ministres allaient écouter le rapport politico-militaire de la situation en Centrafrique. Un rapport élaboré par le secrétaire général de la CEEAC. « Nous suivrons avec intérêt le point de vue du gouvernement centrafricain sur cette crise ainsi que l’appréciation des différentes délégations », a par ailleurs précisé le ministre tchadien des Affaires étrangères.

L’ordre du jour des discussions toujours flou

Selon l’agenda prévu, mercredi 9 janvier, c’est le comité de suivi de l’accord de paix global de 2008 qui se réunira à partir de 9h00. La réunion pourra s’élargir à l’opposition et à la société civile. En revanche, on ne sait pas grand-chose sur l’ordre du jour de cette deuxième rencontre.

Le dernier rendez-vous au programme concerne le sommet des chefs d’Etat de la CEEAC qui doit proposer les solutions de sortie de crise et qui pourrait, quant à lui, se tenir dans deux jours, le jeudi 10 janvier, ce qui laisse très peu de temps pour les discussions.

Les délégations de la Seleka et de l’opposition s’impatientent. Elles n’ont aucune information concernant l’ordre du jour, le calendrier de travail ou encore le programme de travail. Joint par RFI, Martin Ziguélé, président du MLPC, parti membre de la coordination de neuf partis de l’opposition, ne comprend pas ce qui se passe.

Est-ce que le sommet des chefs d’Etat va se réunir et parler d’un problème qui n’aura pas été expliqué par les parties en présence ?
Martin Ziguélé
10-10-2013 - Par Ghislaine Dupont

Tout le monde présent à Libreville

Les délégations du pouvoir et de l’opposition de Centrafrique ainsi que les principaux leaders de la Seleka sont tous présents à Libreville. La délégation de la rébellion, dirigée par Michel Djotodia, est arrivée lundi soir à Libreville. Michel Djotodia est par ailleurs le chef de l’UFDR, qui compte sept membres également présents dans la capitale gabonaise, dont le colonel Narkoyo, porte-parole militaire de la coalition.

Côté Seleka, le général Dhaffane, leader de la Convention patriotique pour le salut du Kodro (CPSK) - une des quatre factions de la Seleka – est également présent à Libreville ainsi que Noureddine Adam, de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), qui a rejoint la délégation rebelle et qui prendra également part aux négociations.

Enfin, la mission gouvernementale, menée par le ministre Willybero Sako et celle de l’opposition civile, par Nicolas Tiangaye, sont également dans la capitale gabonaise aux côtés de dix membres de la société civile.