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Christine Lagarde: les aspirations démocratiques favorisent l'ouverture économique

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La 5e conférence sur l'intégration économique maghrébine a réuni les 8 et 9 janvier 2013 à Nouakchott en Mauritanie la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, et des délégations de l'Union du Maghreb arabe (UMA), qui regroupe l'Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. A cette occasion, l'entrée en activité d'une la Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur (BMICE), a été annoncée pour mars 2013. Quels sont les enjeux de l'intégration économique de l'UMA ? Explications de Christine Lagarde.

Vous plaidez pour l’intégration économique dans les pays de l’Union du Maghreb arabe. En quoi estimez-vous que cette intégration peut concrètement bénéficier à ces pays ?

Une meilleure intégration permettra de développer plus de croissance, d’avoir une capacité d’offre mieux coordonnée, en particulier pour les investisseurs directs étrangers, et permettra de mon point de vue de concentrer de manière stratégique sur les secteurs créateurs d’emplois.

L’Union du Maghreb arabe existe depuis 1989. Vingt-quatre ans plus tard, le volume des échanges commerciaux intra-régionaux atteint à peine les 3%. Quel est le coût du non-Maghreb et quels sont les principaux obstacles à l’intégration économique maghrébine ?

Les coûts du non-Maghreb sont en fait une perte d’opportunité. Quand vous parlez d’à peine 3% d’investissements directs étrangers, c’est extrêmement bas par rapport à l’Asie, par rapport à l’Amérique latine qui ont beaucoup bénéficié d’investissements pour tirer leur croissance. Les obstacles à cette insuffisance d’intégration, ce sont souvent malheureusement des obstacles politiques, des stratégies de développement national, et aussi bien le secteur privé que le secteur financier, que les institutions internationales essaient d’œuvrer à une meilleure intégration.

Les chefs d’Etat de l’UMA ne se sont pas réunis depuis 1994, à la fermeture de la frontière entre le Maroc et l’Algérie. En juillet 2012, le président tunisien Moncef Marzouki avait annoncé un sommet pour octobre avant d’être désavoué deux jours plus tard par le ministre algérien des Affaires étrangères. N’y a-t-il pas un manque criant de volonté politique ? Et l’intégration économique peut-elle progresser tant que cette frontière reste close ?

Il est évident que cette fermeture de frontière constitue un obstacle aux échanges. Dire le contraire serait faire une grossière erreur économique, géographique et politique. Ce verrou-là, il faudrait arriver à le faire sauter pour faciliter les échanges, pour permettre la communication des biens, des services, des capitaux. Et les forces économiques vives que sont le secteur privé en particulier poussent, attendent ces développements. Les autorités de ces différents pays doivent être à l’écoute du secteur privé et puis permettront aussi de mieux servir leurs populations, de mieux rassembler leurs forces pour lutter contre des phénomènes d’insécurité qui ont trait notamment à l’insuffisance du commerce.

Le « printemps arabe » a-t-il durablement impacté les économies des pays du Maghreb ? Et l’évolution démocratique de plusieurs de ces gouvernements maghrébins peut-elle favoriser justement cette intégration ?

J’ai écouté attentivement les discours des représentants au niveau des banquiers centraux. Il y a manifestement une volonté de changement, une détermination à développer les économies. La pression du mouvement populaire aspirant à plus et mieux de démocratie entraîne une détermination nouvelle à ouvrir les économies et à avoir plus et mieux d’intégration économique.

Concrètement, quels sont les secteurs ou le type de produit qui bénéficierait le plus d’une meilleure intégration économique ?

Aujourd’hui, quand on regarde les investissements étrangers d’un pays vers l’autre, on s’aperçoit que la relation est très forte entre - pour faire simple - les pays européens et les pays du Maghreb avec une prédominance sur la Tunisie et le Maroc. Quand on regarde chaque secteur, on s’aperçoit que ce sont souvent les secteurs énergétiques et les secteurs miniers qui sont les destinataires des investissements croisés. Il y a d’autres vecteurs de développement : il y a l’agriculture avec l’augmentation de la chaîne de valeurs et de l’implantation d’industries agro-alimentaires, les échanges de connaissances et de savoir-faire dans ce domaine ; deuxième secteur, c’est le secteur des services parce que l'un des atouts du Maghreb, c’est évidemment sa jeunesse. Eduquer, former, peut concourir à de la valeur ajoutée dans le secteur des services. Je pense notamment aux technologies de l’information, à l’ingénierie, aux créations de logiciels. Voilà des secteurs d’activité à forte valeur ajoutée qui permettent la diversification des investissements et sur lesquels le potentiel démographique des pays du Maghreb peut s’investir.

Le niveau de développement économique n’est pas homogène dans tous ces pays. Peuvent-ils réellement être complémentaires et non concurrents ?

Chacun des pays a ses forces et ses faiblesses. Et il se trouve que ce ne sont pas les mêmes. Il y a vraiment des richesses à partager, ça n’est pas un jeu à somme nulle. Ils peuvent identifier des secteurs qui leur sont communs sans être concurrents.

Mais l’Algérie et la Libye bénéficient de la manne pétrolière quand les importations énergétiques pèsent sur les trois autres pays. Alors une meilleure intégration économique, pourrait-elle réellement bénéficié de manière égale à chacun des cinq pays ?

Les forces d’aujourd’hui ne seront pas forcément les forces de demain. Les progrès technologiques seront tels qu’être une source d’approvisionnement en produits agricoles sur un territoire très bien irrigué sera peut-être une force infiniment supérieure à ce qu’elle est considérée aujourd’hui par rapport à des approvisionnements en pétrole faciles. Bien sûr, des pays comme la Libye et l’Algérie peuvent se dire aujourd’hui que partager une manne pétrolière en échange d’une chaîne agro-alimentaire ou d’un savoir-faire important, développé par le Maroc par exemple, c’est un marché de dupes. Il faut voir un peu plus loin que les quelques années qui viennent et réfléchir à long terme sur l’exploitation réciproque des forces de chacun de ces pays.

Nous sommes à Nouakchott. Les derniers chiffres montrent un taux de croissance à 4% et en septembre 2012, un niveau de réserve de change record. Mais est-ce qu’à l’image de nombreux pays africains, il n’y a pas un fossé entre les chiffres macroéconomiques positifs et la réalité d’une majorité de la population qui ne voit pas son niveau de vie s’améliorer ?

Dans les relations que nous avons, nous le FMI, avec la Mauritanie, nous encourageons vivement ce pays à constituer ce qu’on appelle des « filets de sauvetage sociaux », des réformes destinées à protéger les plus faibles et les plus démunis pour précisément parvenir à un développement qui soit plus harmonieux parce qu’on le sait, une croissance qui ne serait ciblée que sur un petit groupe de bénéficiaires au détriment de larges couches de la population, ça n’est pas une croissance durable, ça n’est pas une croissance solide.

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