Mali: la France affiche sa «détermination totale»

Les avions de combat "Mirages" basés au Tchad ont été engagés dans une série de raid aériens au Mali, samedi 12 janvier.
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La France affiche sa «détermination totale» à poursuivre son opération militaire aux côtés de l'armée malienne pour stopper l'avancée des jihadistes et permettre la mise en oeuvre des résolutions de l'ONU, malgré la mort dès le premier jour d'un militaire français. «La France est engagée dans un combat sans merci contre le terrorisme, où qu'il se trouve», a affirmé samedi 12 janvier le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, au cours d'une conférence de presse qui faisait le point sur les premiers résultats de l'engagement français au Mali.

Les Mirage français basés au Tchad ont effectué des raids aériens dans la région de Konna pour faire reculer les troupes jihadistes. Les avions de chasse ont pris pour cible des colonnes de véhicules et un bâtiment servant de quartier général aux rebelles.

Sur place, des témoins parlent d'une centaine d'islamistes tués. « Il fallait à tout prix protéger la zone de Mopti où s'étaient réfugiées les troupes maliennes », a expliqué l'amiral Edouard Guillaud, le chef d'état-major des Armées. « Les éléments que nous avons dans la région de Mopti sont là pour soutenir le petit état-major tactique malien sur place et, pour la suite, nous verrons comment la situation se développe », s'est-il cantonné à préciser.

Les hélicoptères de l'armée malienne sont également entrés en action. De son côté, la France a enregistré ses premières pertes : un pilote des forces spéciales a été tué et deux hélicoptères Gazelle fortement endommagées. Dans le même temps, des renforts en hommes et en matériels sont en cours d'acheminement, ainsi que des troupes pour protéger les ressortissants français à Bamako. Des hélicoptères ont été envoyés à Ouagadougou et des drones d'observation à Niamey.

 

Un coup d’arrêt a été porté et des lourdes pertes infligées à nos adversaires, mais notre mission n’est pas achevée.
Déclaration du président français François Hollande samedi 12 janvier au soir
11-10-2013

Une opération de grande envergure

A en juger par le déploiement de forces auquel on assiste depuis quelques jours, l'opération française au Mali, baptisée Serval, va d’ores et déjà bien au-delà du simple détachement de forces spéciales dont on parlait régulièrement dans la zone sahélo-saharienne depuis 2010.

« La France n'est pas le gendarme du Mali », a martelé François Hollande, mais cela faisait longtemps qu'un tel déploiement de forces n'avait été pas observé dans la région. Huit avions de combats, trois avions ravitailleurs, bientôt treize hélicoptères : c'est plus que ce qui avait été déployé en Afghanistan, même si dans ce pays la France opérait en coalition au sein de l'Otan.

Pour ce qui est des troupes au sol, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, parle de quelques centaines d'hommes pour « sécuriser » les ressortissants français à Bamako. Mais combien de soldats sont réellement déployés dans la zone de Sévaré-Mopti ou ailleurs près de la ligne de front ? Pour l’instant, l’état-major se refuse à tout commentaire.

Jusqu'à présent, la France a agi seule : « C'est une opération bilatérale entre la France et le Mali », a rappelé samedi le ministre de la Défense. Les partenaires européens de Paris ont apporté leur « soutien politique », mais ne se sont pas engagés dans les combats.

Les Etats-Unis pourraient fournir un appui logistique à l'armée française, en mettant à sa disposition des avions de transport ou en fournissant du renseignement grâce à leurs drones.