La République centrafricaine attend la désignation de son nouveau Premier ministre

Nicolas Tiangaye (à gauche), à son arrivée aux négociations de Libreville le 7 janvier 2013, aux côtés de Martin Ziguele, ex-Premier ministre. Le chef de la délégation de l'opposition pourrait devenir le prochain Premier ministre de transition.
© REUTERS/Luc Gnago

En Centrafrique, conformément à l’accord signé vendredi 11 janvier à Libreville, le Premier ministre a remis sa démission et tout le gouvernement a été dissous. Cependant, le nouvel exécutif de transition se fait toujours attendre.

Grâce à l’assouplissement du couvre-feu, quelques noctambules ont pu s’amuser jusqu’à 23 heures, mais même ces oiseaux de nuit se sont endormis sans connaître l’identité de leur nouveau Premier ministre. Hier soir, une personnalité faisait figure de grand favori pour occuper la primature : Nicolas Tiangaye.

Selon plusieurs sources, les partis d’opposition et les rebelles de la Seleka se sont accordés pour proposer au chef de l’Etat le nom de cet avocat, ex-président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Nicolas Tiangaye était à la tête de la délégation de l’opposition à Libreville et, dans un passé plus lointain, il a présidé le Parlement de transition après la prise de pouvoir de François Bozizé.

Si cette étape de la primature semble être en mesure d’être franchie sans difficulté, d’autres questions devraient, elles, susciter davantage de tensions. Quel sera le format de ce gouvernement de transition ? Comment se fera la répartition des portefeuilles et notamment qui occupera les postes les plus stratégiques, à l’instar du ministère de la Défense revendiqué par la Seleka ? Quel sera le réel pouvoir de décision des ministres issus de l’opposition ou de la rébellion face à un président qui, inévitablement, tentera de conserver des prérogatives ?

Comme l’explique une personnalité politique locale, « l’heure de la grande cuisine où chacun devra faire des compromis a commencé ».