L'opération militaire française au Mali entre dans une nouvelle phase


©

L'opération militaire lancée vendredi au Mali contre les groupes armés a pris un nouveau tour dimanche 13 janvier. Après avoir stoppé l'avancée vers le sud du pays des jihadistes, l'armée française, en soutien à l'armée malienne, a frappé les positions islamistes au nord-ouest du pays, et en particulier à Gao, le fief du Mujao.

C’est un « ouf» général au niveau de la population de Mopti et de Sévaré… Les gens étaient vraiment inquiets après l’arrivée des islamistes à Konna.
Témoignage d'un habitant de Mopti joint dimanche 13 janvier par téléphone
11-10-2013

Les informations en provenance de Gao, la grande ville du nord-est du Mali, sont unanimes : de nombreuses bases jihadistes ont été détruites par des frappes aériennes françaises dimanche 13 janvier et les combattants du Mujao ont évacué la ville.

Principales cibles visées par les avions Rafafe français : les dépôts de munitions et d'armes aux abords de Gao mais aussi le camp militaire des islamistes situé tout près de l'aéroport. Les cibles  ne doivent rien au hasard. C'est là, à la périphérie de la ville des Askia que les islamistes du Mujao ont installé leurs bases logistiques.

Il ne reste rien des locaux de la douane, nous affirment des habitants qui se sont déplacés pour constater l'ampleur des dégats. Les bilans sont difficiles à donner mais plusieurs sources convergentes parlent d'au moins 50 morts.

Dimanche en fin d'après-midi, des jeunes gens ont manifesté leur soulagement en sortant dans la rue pour fumer, chose formellement interdite par la charia.

Les avions français Rafale et Mirage, ont également pris pour cible la ville de Léré, près de la frontière mauritanienne, au sud de Tombouctou, où la base militaire de la ville aurait été entièrement rasée. Des informations plus difficiles à vérifier évoquent également des raids aériens au sud de Kidal, à une cinquantaine de kilométres de la base historique de Iyad Ag Ghali, le chef d'Ansar Dine à l'origine de l'offensive jihadiste sur le sud du Mali.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a indiqué dimanche que l'objectif de la France est de mener « une lutte implacable contre les groupes terroristes en réduisant leurs capacités partout où ce sera nécessaire ».

Le dispositif militaire prend de l’ampleur au fil des heures

Côté français, l’opération Serval mobilise plusieurs centaines d'hommes venus de détachements en Afrique mais aussi directement de France. Des hélicoptères, une dizaine d'avions de combat, de ravitaillement et de surveillance aérienne sont mis à contribution. Les avions Mirage F1 et Mirage 2000 ont été utilisés dans un premier temps, et désormais les Rafale.

Le dispositif de renseignement a, lui aussi, été renforcé. Niamey devient rapidement une tête de pont capitale pour l'armée de l'Air française, d’où pourront décoller et atterrir les hélicoptères - Niamey étant la capitale régionale la plus proche du nord du Mali, à proximité de Gao.

Une opération à dimension internationale

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont déjà promis une aide logistique et du partage de renseignement à Paris. Dans le même temps, la Misma, la force africaine de la Cédéao, se met elle aussi en place.

Le général nigérian Shehu Abdulkadir, qui coordonne la Misma, est déjà sur place à Bamako pour préparer l'arrivée des troupes africaines. Quatre bataillons nigérien, nigérian, togolais et burkinabè sont en alerte, soit au total 2 000 hommes. D'autres Etats africains membres de la Cédéao ont annoncé ce dimanche 13 janvier leur participation à cette mission africaine de soutien à l'armée malienne : le Sénégal et le Bénin. De son côté, le Tchad n'a pas exclu l'envoi de troupes.

Le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian a annoncé le déploiement de soldats français à Bamako pour protéger les 6 000 ressortissants français menacés. Des propos qui ont pris de court les responsables dans la capitale malienne. « La sécurisation des ressortissants n'est pas notre priorité, explique un responsable militaire français à Bamako, mais ne croyez pas que nous n'en tenons pas compte ». Il indique que quelques dizaines de gendarmes du GIGN sont arrivés ce dimanche en renfort « à la petite dizaine déjà sur place ».

Des gendarmes qui seront positionnés à l'intérieur et autour des sites stratégiques, tels que l'ambassade, le lycée français ou le centre culturel. Aucun déploiement, donc, dans la capitale, les hommes ne circuleront pas. Et pour cause, souligne-t-on à l'ambassade, c'est aux forces maliennes qu'il appartient de sécuriser la ville de Bamako.

Ce dimanche, un renfort de 400 hommes est par ailleurs arrivé dans la capitale malienne en provenance du Tchad voisin. La plupart ont vocation à partir au front rapidement, mais une partie d'entre eux - environ une centaine - devrait malgré tout rester à Bamako pour sécuriser l'aéroport. A ce jour, aucun plan d'évacuation ne serait envisagé.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.