«Entre les deux rives de la Méditerranée» (2/5): «Ici, Ailleurs» - Afrique - RFI

 

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Afrique

Arts Plastiques exposition France Marseille-Provence 2013

«Entre les deux rives de la Méditerranée» (2/5): «Ici, Ailleurs»

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C’est une des expositions emblématiques de la Capitale européenne de la culture. Ici, Ailleurs réunit vingt-neuf œuvres d’art contemporain inédites sur trente-huit propositions d’artistes venus de tous les pays méditerranéens. Une invitation au nouveau centre d’art phare de Marseille, la Tour Panorama de la Friche de la Belle de Mai. Entretien avec la commissaire Juliette Laffon.

« Entre les deux rives de la Méditerranée », c'est le thème central de la Capitale européenne de la culture. Marseille-Provence 2013 regarde la mer et attend qu’on lui répond de l’autre côté de la Méditerranée. Après l’échec du projet politique de l’ « Union pour la Méditerranée », lancée en 2008 par Nicolas Sarkozy qui avait désigné l’Egyptien Moubarak et le Tunisien Ben Ali comme co-présidents, place aux projets artistiques qui interrogent plus délicatement la question.

De quel « Ici » et de quel « Ailleurs » parle-t-on ?

L’exposition invite trente-neuf artistes issus du pourtour de la Méditerranée. C’est le projet qui rejoint l’axe de la capitale européenne de la culture, qui se tourne vers la rive sud de la Méditerranée. Bien qu’originaires des pays du pourtour de la Méditerranée - la France, le Maghreb, la Turquie, l’Albanie…- ces artistes sont d’ailleurs, par rapport à Marseille, mais de toutes façons, ils appartiennent au monde entier. On l’est toujours, aujourd’hui, dans le monde globalisé dans lequel nous vivons. Nos racines ne sont pas des racines ancrées de façon très dure dans un sol précis, mais on voyage. L’artiste, aujourd’hui, c’est un nomade par définition, et qui s’enrichit au contact des cultures rencontrées. Donc on est toujours d’ici ou d’ailleurs. On n’est jamais qu’un. C’est fini, on appartient à une culture plus ou moins mondiale.

C'est-à-dire que l’« Ici » c’est Marseille. L’« Ailleurs », c’est ailleurs, mais en même temps, Marseille, c’est aussi l’ « Ailleurs » ?

Oui. Je crois que c’est à la fois topographique. En effet, nous avons invité à Marseille, ici, des artistes d’ailleurs qui viennent, en l’occurrence, du Bassin de la Méditerranée. Mais ces artistes invités, à partir desquels s’est construite l’exposition, ils n’appartiennent pas complètement au pays d’où ils viennent. Leur identité se construit, s’est construite et continue à se construire, à travers ces « ailleurs » qu’ils vont rencontrer, traverser, imaginer. Le titre Ici, Ailleurs renvoie également à ces disponibilités, à ces cultures, autres, à l’altérité. C’est aussi le sens de ce titre.

Vous avez rassemblé des artistes de la Méditerranée, vous faites un panorama de l’art contemporain d’artistes issus des pays méditerranéens. Est-ce qu’il y a une culture ou un art contemporain spécifiquement méditerranéen ?

Non. Précisément, je n’ai pas voulu faire ça. L’exposition ne prétend absolument pas, ni de faire un panorama de la création en Méditerranée, et encore moins un panorama, ou un état des lieus de la création arabe. Les artistes qui ont bien voulu accepter d’exposer à Marseille, dans le cadre de cette exposition, ne seraient pas venus, si ce thème leur avait été proposé. Ils viennent chacun à titre individuel. Certes, ils sont issus des pays du pourtour de la Méditerranée. Bien évidemment, leur origine méditerranéenne va transparaître dans les travaux qu’ils montrent. L’’exposition ne se présente pas comme un bilan ni un panorama, mais une sorte de collage, d’individualité forte, qui font des propositions en prise avec le monde d’aujourd’hui. C’est le monde dans lequel ils vivent, qui est européen et méditerranéen. Ce n’est pas la Chine. Donc de ce fait, ils vont parler de la Méditerranée, mais chacun à leur façon. Et nous aurons une sorte de collage aux couleurs méditerranéennes, ou avec une musique méditerranéenne.

Prenons l’exemple de Mounir Fatmi. Un artiste qui navigue entre Paris et Tanger. Il présente ici une œuvre sur Claude Lévi-Strauss.

C’est une œuvre vidéo, une installation vidéo qui ouvre l’exposition, parce qu’elle est emblématique de cette exposition. Une vidéo sur trois écrans, un voyage onirique, qui s’inspire du voyage d’exil de Claude Lévi-Strauss, qui a quitté la France occupée par les nazis, et qui a fui, qui s’est embarqué miraculeusement à Marseille. Il avait beaucoup de difficultés pour partir. Il a fait escale à Casablanca, où il a rencontré André Breton. Ensuite il est arrivé à New York, où il a beaucoup enrichi sa réflexion avec les surréalistes.
Pour Mounir Fatmi, Claude Lévi-Strauss est vraiment la figure, d’une part de l’exilé, mais surtout de l’individu, qui le premier, a porté un intérêt à d’autres cultures vraiment très éloignées de la nôtre.

Mounir Fatmi : "Voyage de Claude Lévi-Strauss", 2012, capture d'écran, production Marseille-Provence 2013. Mounir Fatmi, Courtesy de l'artiste et gallerie Hussenot Paris


Donc, ce voyage se présente sous forme de séquences filmées, tant à Marseille qu’à New York, Paris, Marseille ou Casablanca. C’est un voyage onirique, c'est-à-dire qu’il ne s’agit en aucun cas d’une biographie de Mounir Fatmi, pardon, je voulais dire de Claude Lévi-Strauss. Le lapsus n’est pas innocent. Il y a quand même un phénomène d’identification de Mounir Fatmi, à un moment, avec Claude Lévi-Strauss. Il se rappelait et il évoque lui-même les difficultés qu’il avait rencontrées, lui, quand il a dû quitter Tanger, où il habitait, pour aller étudier à Rome, et que cela a été très difficile d’avoir les papiers, le passeport…

Les vidéos sont très présentes dans l’exposition.

Il y en a une douzaine, sur trente-huit projets. Et cela ouvre l’exposition, parce que, c’est à la fois le voyage, l’exil, le déplacement et l’altérité. Un autre axe de l’exposition, c’est qu’il y a pas mal de propositions autour de la mémoire, de la transmission avec des œuvres comme Zineb Sedira, qui a travaillé à Marseille sur les archives du Grand Port maritime.

Qu’est-ce qu’elle montre ?

Elle montre aussi une vidéo à partir des photographies qui avaient été faites de façon complètement obsessionnelle par un photographe – Baudelaire – à Marseille. Il a pendant une dizaine d’années photographié les entrées des différents bateaux dans le port de Marseille. A partir de ces photos, vous avez une sorte de panorama de l’évolution même des navires et une histoire du port de Marseille.

Cette exposition emblématique pour l’année Capitale a lieu à la nouvelle Tour Panorama. Est-ce le début de quelque chose concernant l’art contemporain à Marseille ?

J’aimerais bien. Je le souhaite. Moi, je ne peux guère répondre à cette question. Ce que je peux vous dire c’est que les artistes qui sont dans cette exposition, sont des artistes majeures. Tous sont connus sur la scène nationale et internationale. Cela doit pouvoir donner à ce lieu un élan, et de le situer plus immédiatement parmi les lieux capables d’accueillir des artistes de grand renom, très ambitieux dans leurs propos.

Annette Messager, "La mer échevelée", 2012 (détail). Installation présentée dans "Ici, Ailleurs", Marseille Provence 2013. Annette Messager, Marian Goodman Gallery Paris-New York
L’artiste Annette Messager sur le paquebot Costa Concordia et des vagues de cheveux. 11/10/2013 - par Siegfried Forster écouter


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Ici, Ailleurs, exposition jusqu’au 31 mars à la Tour Panorama de la Friche de la Belle de Mai à Marseille.

Artistes : Etel Adnan, Ziad Antar, Fikret Atay, Kader Attia, Fayçal Baghriche, Lara Baladi, Gilles Barbier, Yto Barrada, Taysir Batniji, Mohamed Bourouissa, Danica Dakic, Inci Eviner, Ymane Fakhir, Mounir Fatmi, Lara Favaretto, Gloria Friedmann, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Mona Hatoum, Mouna Karray, Bouchra Khalili, Djamel Kokene, Jannis Kounellis, Sigalit Landau, Ange Leccia, Annette Messager, Jean-Luc Moulène, Youssef Nabil, Orlan, Yazid Oulab, Adrian Paci, Javier Pérez, Sarkis, Hrair Sarkissian, Zineb Sedira, Wael Shawky, Djamel Tatah, Stefanos Tsivopoulos, Akram Zaatari.

 

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