Somalie: les shebabs annoncent leur décision d'exécuter l'otage français Denis Allex

Capture d'écran de la vidéo diffusée par le site américain SITE intelligence Group de surveillance des réseaux islamistes, le 4 octobre 2012.
© AFP/SITE

Les insurgés islamiques somaliens shebabs ont déclaré ce mercredi 16 janvier dans un communiqué avoir «décidé unanimement d'exécuter» l'otage français Denis Allex qu'ils détiennent en Somalie depuis 2009, et que Paris considère comme mort depuis l'échec, samedi 12 janvier, d'une opération de sauvetage.  

Plusieurs médias ont reçu un communiqué de quatre pages, daté de ce mercredi 16 janvier, depuis le village de Bulo Mareer où a eu lieu l’opération française samedi dernier, et qui est titrée : « Denis Allex, un agent trahi ».

Evidemment, il faut prendre avec beaucoup de précaution ce communiqué. Dans ce texte, ils donnent leur version des faits. Ils annoncent avoir décidé d’exécuter l’otage. Ils répètent que la porte des négociations était toujours ouverte, et qu’ils ont récupéré beaucoup d’informations de la part de l’otage.

C’est un long texte, mais depuis l’échec de l’opération, dans la nuit de vendredi à samedi, le mouvement shebab semble prêt à tirer partie de tout ce qui est possible, pour communiquer à son avantage, comme notamment publier les photos du soldat mort mardi.

Concernant Denis Alex, toutefois, le ministre français de la Défense avait annoncé dès samedi qu’il était fort probable que l’otage avait été tué pendant l’opération. Tué par ses geôliers, et le mouvement shebab avait démenti, sans toutefois fournir de preuve.

Ce communiqué non plus n’est pas du tout une preuve. Et il se pourrait d’ailleurs, selon certains analystes à Nairobi, que cette exécution ne soit finalement qu’un simulacre, avec un otage déjà mort.


A Paris, François Hollande a revendiqué « pleinement » l'opération manquée en Somalie, malgré « l'assassinat » de Denis Allex et la mort de deux soldats. L'opération « aurait pu réussir, elle devait réussir », a dit le président français en présentant ses voeux à la presse.

Cette opération, je l'ai décidée il y a plusieurs semaines (...) je revendique cette opération, pleinement.
Le président français, François Hollande
11-10-2013 - Par Florent Guignard