Tous les Boeing 787 «Dreamliner» interdits de vol


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L'aviation civile aux Etats-Unis a interdit de vol ce jeudi 17 janvier les Boeing 787 Dreamliner dans le monde entier, une décision rare et un coup dur pour l'avionneur américain après une série d'avaries sur son appareil vedette, notamment au Japon. Les conséquences du problème pourraient être importantes dans de nombreux pays.

C'est une décision rarissime et seules les autorités de sécurité aériennes du pays de fabrication d'un avion peuvent la prendre. Tous les Boeing 787 Dreamliner, soit un peu plus d'une cinquantaine d'appareils répartis en une dizaine de compagnies, sont donc interdits de vol de par le monde. Cette décision ne fait que confirmer celles qui avaient été prises par des pays de compagnies qui exploitent l'appareil. Etats-Unis, Inde et Chili avaient emboîté le pas au Japon après une série d'incidents. En cause, des problèmes de batteries en surchauffe qui dégagent de la fumée et une odeur âcre qui ont même conduit à un atterrissage d'urgence d'un appareil de la compagnie japonaise All Nippon Airways (ANA).

Un enquête qui pourrait être longue

Les avions ne redécolleront pas avant qu'ait abouti l'enquête sur ces batteries fabriquées par une société japonaise. Cela pourrait prendre plusieurs semaines. Ces problèmes de batterie sont pas les seules difficultés rencontrées : fuites de carburant, problèmes électriques ou de frein, la liste des incidents s'allonge et semble aller au delà des simples défauts de jeunesse. Elle s'ajoute aux difficultés d'industrialisation rencontrées qui ont entraîné d'importants surcoûts. En fait, s'il est de conception américaine, le 787 est de fabrication largement internationale. Le groupe Thalès assemble le système d'alimentation électrique dans lequel sont intégrées les batteries lithium ion à l'origine des derniers incidents. Ces batteries sont donc livrées au groupe français avant d'être montées dans les avions.

Un avion français en partie

Par ailleurs, d'autres sociétés françaises comptent parmi les sous-traitants sur le programme Dreamliner. C'est ce que le constructeur aéronautique américain appelle la Boeing french team, qui comptait huit membres au départ en 2005. Ils sont seize aujourd'hui. Par exemple, Latécoère fournit les portes des passagers de l'avion, Michelin fabrique les pneus et c'est Dassault systèmes qui a fourni le logiciel Catia qui a été utilisé pour la célèbre conception entièrement sur ordinateur du 787. Au total, Boeing effectue chaque année plus de trois milliards de dollars d'achats directs auprès d'industriels français. L'activité est à l'origine de 25 000 emplois en France dont la moitié d'emplois directs. Le titre Boeing est chahuté en bourse mais le PDG du constructeur de Seattle a annoncé que toutes les mesures seraient prises pour rassurer client et voyageurs quant à la sûrté du 787 Dreamliner.

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