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Article publié le : samedi 19 janvier 2013 à 23:24 - Dernière modification le : lundi 21 janvier 2013 à 15:01

Les forces tchadiennes au Mali : mythe et réalités

Un soldat de l'armée régulière tchadienne à Ndjamena.
Un soldat de l'armée régulière tchadienne à Ndjamena.
(Photo : AFP)

Par Gaël Grilhot

L’arrivée d’un contingent de 2 000 hommes de l’armée tchadienne au Mali, pour participer à la force internationale, a fait couler beaucoup d’encre. De nombreux commentateurs ont salué cette arrivée de troupes « expérimentées » et « aguerries ». Principalement composée de membres de l’ethnie zaghawa, celle du président Idriss Déby, l’Armée nationale tchadienne (ANT) a cependant aussi ses faiblesses… et même quelques points noirs hérités d’une guerre civile meurtrière. Revue de troupes en détail.

« Le Tchad entend assumer sur le terrain sa responsabilité avec toute la rigueur qu'exige une telle mission » : c’est par ces mots que le président tchadien Idriss Déby a justifié l’envoi d’un contingent de près de 2 000 soldats de l’ANT au Mali. Pas moins de 200 d'entre eux sont déjà arrivés à la base de Niamey au Niger, où ils devraient être rejoints par des Burkinabè et des Nigériens, pour ensuite pénétrer en territoire malien. Depuis cette annonce, les commentaires élogieux n’ont cessé de fleurir, évoquant ici ou là des troupes tchadiennes « aguerries », « expérimentées ». Mais cette armée est-elle à la hauteur de sa réputation ?

Comparés aux 5 à 7 000 hommes de l’armée centrafricaine, ou aux 7 800 soldats maliens, le Tchad fait effectivement figure de puissance militaire dans la région, avec ses quelque 30 000 militaires actifs, dotés qui plus est d’une artillerie conséquente. Avec son escadrille de six bombardiers Sukhoi-25 et ses hélicoptères de combat MI-24, l’armée de l’air tchadienne est aussi la plus importante de la région. Par ailleurs, il est vrai que son expérience des combats en milieu aride confère à cette armée une solide expérience. Confrontée à plusieurs rébellions durant de longues années, elle a l’habitude d’évoluer sur un terrain, et à des températures identiques à ce qui existe dans le nord du Mali. D’ailleurs, c’est dans la province de l’Equateur, au Congo-Kinshasa, en août 2000, face aux rebelles de Jean-Pierre Bemba et à l’armée ougandaise, que l’ANT a essuyé son seul échec opérationnel de ces dernières années. Le terrain et le climat étaient alors totalement différents. Enfin, le conflit inter-frontalier avec la Libye (1983-1987), qui s’est conclu par la victoire des colonnes tchadiennes commandées par le colonel Hassan Djamouss, a permis à l’ANT d’acquérir une connaissance des conflits de plus forte intensité.

Une armée forte grâce à sa composante ethnique

Mais ce qui fait la force de l’armée tchadienne, c’est surtout sa composante ethnique. Essentiellement recrutées parmi les Zaghawa – une ethnie du nord-est du pays –, les unités d’élite de l’ANT font preuve d’une relative homogénéité et d’une toute aussi relative fidélité au pouvoir en place. Cette montée en puissance des Zaghawa dans l’armée date de l’arrivée au pouvoir de Hissène Habré, en 1982. Cette année-là, Ndjamena fut prise par des colonnes commandées par le colonel Idriss Déby, d’origine zaghawa. Cette montée en puissance s’est quasi-systématisée après la prise du pouvoir en 1990 par Idriss Déby lui-même.

Toutes ces raisons expliquent les nombreuses victoires remportées par l’armée tchadienne contre l’armée libyenne dans le nord du Tchad (1986-87), contre les rebelles anti-Patassé à Bangui (1996-97) et contre l’armée centrafricaine pro-Patassé en 2003. Néanmoins, en mettant en place les opérations Manta (1983) et Epervier (1986), l’armée française a apporté à cette armée une aide décisive face aux troupes libyennes, alliées à l’opposant tchadien Goukouni Ouéddeï.

Une armée friable… à cause justement de cette composante ethnique

Mais le qualificatif de « relative » n’est pas superflu, lorsqu’on évoque l’homogénéité de l’armée tchadienne. A plusieurs reprises par le passé, des dissensions au sein de la hiérarchie militaire - et donc de la communauté zaghawa - ont bien failli provoquer la chute du régime. Dernier exemple en date, l’attaque de Ndjamena en février 2008. Le mouvement rebelle était dirigé notamment par Timane Erdimi, un neveu et ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat tchadien. L’assaut avait atteint la capitale, et Idriss Déby avait dû son salut à ses chars lourds et à la sécurisation par l’armée française de l’aéroport, d’où avaient pu décoller ses hélicoptères de combat.

Un passé trouble

Diango Cissoko
 

Le Premier ministre malien accueille les troupes nigérianes au Mali

19/01/2013
 
 

L’autre faiblesse de l’armée tchadienne tient probablement à son manque de professionnalisme, à commencer par son comportement violent vis-à-vis des populations civiles. Certes, les temps sombres de la « pacification » du Sud menée après la prise de pouvoir en 1982 par Hissène Habré – notamment lors des massacres de « septembre noir » en 1984 dans la région de Sarh – semblent désormais révolus. Mais les soldats de l’ANT se rendent toujours coupables d’exactions. A plusieurs reprises, des organisations internationales comme Human Rights Watch ont notamment pointé du doigt les agressions commises par l’armée tchadienne à l’encontre de populations civiles, en particulier dans le nord-ouest de la République centrafricaine. En mars 2008, l’organisation y dénonçait « les nombreuses attaques transfrontalières (de l’armée tchadienne) contre des villages (…) tuant des civils, incendiant des villages, et volant du bétail. » La présence d’enfants soldats au sein de l’armée a aussi longtemps été reprochée au gouvernement tchadien, jusqu’à ce que ces enfants soient officiellement démobilisés en 2007.

Depuis la signature de l’accord de paix avec le Soudan en 2010, le président Idriss Déby a entrepris, selon ses propres mots, une opération de « nettoyage » de l’armée. Celle-ci visait selon lui à professionnaliser l’institution, à y faire régner « l’ordre et la discipline », et à la purger des « brebis galeuses et fossoyeurs de l’armée qui doivent rendre le béret et les insignes militaires avant la fin des opérations ». La réforme prévoyait une meilleure rémunération et une meilleure formation des forces armées, mais aussi une baisse des effectifs. Simple cure d’amaigrissement ou réelle volonté de faire évoluer l’armée tchadienne ? Il est encore trop tôt pour répondre.

En envoyant un nombre aussi important de soldats au Mali, bien au-delà de son périmètre d’action traditionnel, Idriss Déby poursuit bien évidemment un objectif diplomatique. Les premières réactions élogieuses à l’arrivée de ses troupes répondent à ses attentes, mais nul doute que le comportement de ses soldats sera suivi de près.

La République du Congo s'occupe de l'acheminement des troupes tchadiennes

Dans un communiqué diffusé le 19 janvier 2013, le Congo déclare assurer le transport des troupes tchadiennes vers le Mali.

« La République du Congo assure le transport, avec armes et matériel, des deux mille soldats de l’armée tchadienne vers le Mali, indique ainsi le document émanant du cabinet du président de la République, dans le cadre de la mise en place d’une force d’interposition africaine pour le Mali, estimée à 3 500 hommes. »

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(22) Réactions

Si l'armée tchadienne

Si l'armée tchadienne s'adonne à des exactions et est moins professionnelle pourquoi la France l'a-t-elle voulue à ses cotes?
Si les exactions sont un signe de manque de professionnalisme, alors l'armée américaine en Iraq et Afghanistan, l'armée française en Algérie ne sont pas non plus professionnelles.
Enfin, l'armée tchadienne compte tous les enfants du pays dans ses rangs, certes les Zagawa y ont des postes de commandement plus importants.

@ Genty On croit rêver en

@ Genty
On croit rêver en lisant des commentaires comme le votre...les dirigeants d'Afrique centrale ne sont-ils pas intervenus en RCA dan sla cadre de la FOMAC pour éviter un bain de sang à Bangui? Vous parlez d'armées ouest-africaines "mieux organisées et plus compétentes" en citant le Nigeria. Vous vous trompez d'époque...l'armée nigériane d'aujourd'hui n'est pas celle qui existait lors des interventions en Sierra Leone et au Libéria. Afrique de l'ouest contre Afrique centrale: fauix débat!

Drôle de réaction de la part

Drôle de réaction de la part de RFI sous la plume de Gaël Grrilot... a-t-on peur dans certains cercles parisiens que les Tchadiens ne volent la "gloire" aux troupes et à l'aviation française engagés au Mali? C'est bizarre cette façon de dénigrer un allié qui vous accompagne au combat. Idriss Déby et le Tchad n'étaient pourtant pas demandeurs. Selon les infos à notre connaissance c'est la France et les Ouest-Africains qui ont insisté pour une participation tchadienne.

D'autre part l'ANT et les troupes du Com'chef Hassan Djamous, vainqueur des Lybiens n'étaient pas essentiellement zaghawas. Les rezzois tchadiens de l'époque étaient menés par des combattants goranes-toubous,hadjerais, zagawas et autres...Habré le président est un Gorane... Si l'ANT de Déby est a majorité zagawa ça s'explique par la manière dont le président actuel, est arrivé au pouvoir. rendons donc à César ce qui est à César. Les Tchadiens sont en mesure de faitre la différence au nord Mali. Sans avoir l'équipemnt des troupes françaises. Donc, pas de jalousie prématurée.....

Merci aux contribuables

Merci aux contribuables tchadiens. Le peuple malien vous sera réconnaissant pour votre soutien. A tous ceux qui de près ou de loin apporte une aide quelconque aux armées françaises et maliennes.

La composante ethnique de la

La composante ethnique de la troupe tchadienne est un faut débat que les uns et les autres veulent entretenir. Peu importante la composition de cette troupe, de toute façon on parlera de la troupe de la République du tchad, on ne dira jamais l'armée Zaghawa, l'essentiel pour le moment est la reconquête du nord-Mali occupé par des terroristes. Pour ceux-là qui veulent entretenir des futilités à l'égard de l'ANT je pense que le moment n'est pas propice, est ce que vous-vous intéressé à la composition de l'armée française? alors laissez nos force travailler et sauver le peuple malien de la situation dans laquelle il se trouve.

Le Tchad est un pays

Le Tchad est un pays d'Afrique, qui avait tres bien participe a la 2nd guerre mondiale du cote de la france. Et les francais ont remarques que les Tchadiens sont des hommes courageux et combatifs. Donc depuis lors, le Tchad etait un pays de guerre reserver par la France. Aujourd'hui en Afrique le Tchad joue un role tres important, hier en Centrafrique le Tchad avait stoppe la seleka et aujourd'hui c'est l'aide au Mali

Au Mali, le Tchad joue plus

Au Mali, le Tchad joue plus gros que le Nigeria. Les autres États ouest africains, avec leur participation limitée à 500 soldats pour chaque pays, constituent le ventre mou et le maillon faible dans cette situation de crise. Critiquer l'aide du Congo pour le transport des troupes tchadiennes, est absurde et injustifiée. Le Congo s'implique aussi bien sur la voie diplomatique en RDC avec la crise avec le M23 que sur la voie militaire et diplomatique avec la récente médiation réussie de son Président, dans la crise Centrafricaine.
Comparer aux troupes Éthiopiennes et Kényanes qui ont largement gagné du terrain contre les shebabs dans la corne de l'Afrique sans l'aide d'une puissance étrangère,la CEDEAO mérite d'être blâmée à cause de son manque de promptitude et son incapacité à apporter l'aide nécessaire aux Maliens.

En Afrique de l'ouest les

En Afrique de l'ouest les armées sont -elles? J'en doute. L'incapacité de la force de la CEDEAO de se déployer au Mali prouve à suffisance que ces pays ne sont pas organisées militairement. Au moment où le Mali a besoin de plus de soutien, la CEDEAO tergiverse.Elle envoie les troupes à compte gouttes. Elle commence à conditionner le déploiement massif à l'aide financier et militaire de l'ONU.Quelle honte pour le Nigeria, en tant "soi disant" puissance d'envoyer 50 soldats sur 900 ( seulement) par rapport au Tchad ( Afrique centrale) 2000 soldats.

lorsqu on lis les

Lorsqu'on lis les commentaires des uns et des autres, un seul constats L'Afrique est pauvre économiquement mais surtout les gens ne réfléchissent pas beaucoup. Ca veut dire quoi ces pays qui sont militairement équipes mieux structurées que les autres plus démocratique. C'est quoi cette orgueil? Est ce que vous vous rendez compte 1 seconde de ce que vous dite. Il faut se rendre compte un seul instant de l'ampleur de la situation mais voyons c'est de la folie qu'elle est le pays en Afrique capable d’arrêter l'invasion des djihadistes en sud du Sahara, êtes vous rendu compte qui se cache derrière ceci, quels en sont les visée stratégique....

J'interviens non pour vanter

J'interviens non pour vanter l'armée tchadienne,moins encore me prononcer sur une intervention dont les raisons échappent à tout tchadien doté de bon sens.Mais au delà,je vois un article de propagande,terriblement consternant.je vous rappelle que l'armée tchadienne n'est pas seulement constituée des ZAGAWAS mais aussi de diverses ethnies !! Le titre de votre article n'a rien avoir avec son contenu !! Vous en savez rien sur le Tchad !

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