RCA: après l'accord de Libreville, sur le terrain la guerre s'est assoupie


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En Centrafrique, avec la signature de l’accord de Libreville les combats ont cessé. L'opposant et avocat Nicolas Tiangaye a été nommé Premier ministre, jeudi 17 janvier. Et à Bangui, on attend maintenant la formation du gouvernement de transition.

Sur l’un des derniers postes de l’armée, le chef donne ses ordres depuis son lit de camp. A ses côtés, deux soldats jouent aux petits chevaux. Quelques kilomètres plus loin à Damara, le capitaine Daoud Haroun, le chef du contingent de 120 soldats tchadiens chargés de faire tampon entre les belligérants a désormais tout le temps pour boire son thé :

« Depuis notre arrivée ici à Damara, on n'a pas eu d'accrochage avec les rebelles. Damara est une ligne rouge entre les zones. On n'a rien fait depuis notre arrivée ici ».

Dix kilomètres plus au nord commence la zone rebelle. La Seleka est une armée hétéroclite où l’on trouve des vétérans des précédentes rébellions, des soldats ralliés, des adolescents en tenue de sport, des guerriers opportunistes et même un chauffeur coiffé d’une toque de procureur.

Le chef d’état-major de la Seleka, le général Issa Issaka, dans son complet en denim, explique les raisons qui lui ont fait reprendre les armes : « Notre zone est enclavée : nous n'avons pas de pistes, nous n'avons pas de puits, nous n'avons pas d'écoles. C'est pour cela que nous avons décidé de prendre les armes ».

Alors, à quelles conditions rendront-ils les armes ? « Ce n'est pas encore fini peut-être, objecte le général. Les gens sont allés à Libreville signer le deuxième accord. On attend la suite : s'il s'agit de la paix, on est prêt pour la paix, s'il s'agit de la guerre, on est prêt pour la guerre ».

Les chefs politiques de la Seleka doivent visiter leurs troupes dans les prochains jours. Il leur faudra alors expliquer en détail l’accord de Libreville et gérer les frustrations des combattants.

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