Sénégal : le collectif «Y'en a marre» se positionne en vigie de la démocratie


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Le collectif «Y'en a marre», ce groupe de jeunes rappeurs qui ont été le fer de lance de la contestation anti-Wade, ont donné vendredi à Dakar leur première grande conférence de presse depuis de longs mois. On ne les avait plus entendus depuis l’élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal le 25 mars 2012. Ce point presse a été suivie d’un concert place de l’Obélisque pour marquer leur deuxième anniversaire. Leur message : ils comptent bien continuer à faire entendre leur voix.

Il y a deux ans, ils s’étaient dressés contre le régime d’Abdoulaye Wade. Aux jeunes de Dakar, ils avaient délivré ce message : « Au lieu de tout casser dans des émeutes, servez-vous du vote comme d’une arme et mobilisez-vous, au quotidien, comme des citoyens que vous êtes ».

Aujourd’hui, Abdoulaye Wade n’est plus là mais « Y'en a marre » reste « Y'en a marre ». Pas question de rentrer dans le rang : « Nous voulons rappeler à Macky Sall ses engagements : baisser le coût de la vie, rétablir l’électricité, donner du travail à la jeunesse, sanctionner ceux qui ont volé, lutter contre l’impunité. Nous sommes là pour le surveiller. Macky Sall nous trouvera s’il ne respecte pas ses engagements. « Y'en a marre » reste la sentinelle vigilante », prévient Fou Malade, l’un des fondateurs du groupe.

Pour les jeunes de « Y'en a marre », ce rôle de vigie est d’autant plus nécessaire aujourd’hui qu’à l’exception de l’ancien parti au pouvoir, extrêmement fragilisé, tous les parti politiques, comme la plupart des leaders de la société civile, soutiennent le président Macky Sall.