Violée, une Marocaine est emprisonnée pour outrage à magistrat


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Au Maroc, vive polémique sur la toile après un verdict très contesté : vendredi 18 janvier, un parlementaire accusé de viol, condamné en première instance à un an de prison, s’est vu finalement acquitté en appel tandis que la victime a été emprisonnée pour outrage à magistrat. Depuis trois ans qu’il dure, ce procès était passé plutôt inaperçu jusqu’à ce qu’une blogueuse relaie l’info et s’insurge face à ce verdict.

Des dizaines d’articles outrés sur le web, une pétition en ligne et un groupe Facebook qui demandent la démission du député Hassan Arif, voilà quelques-unes des réactions produites par la toile marocaine après que l’accusé ait été acquitté.

Pourquoi une telle poussée de colère ? Sans doute parce que cette affaire, injustement ou non, rappelle toutes les autres plaintes pour viol qui sont classées sans suite par la justice marocaine, dans un pays où quand une femme accuse un homme de viol, on la soupçonne presque systématiquement d’avoir provoqué l’acte et de l’avoir bien cherché.

Ensuite, dans le cas de ce procès, des tests ADN prouvent qu’un enfant est né du rapport sexuel entre l’accusé et la plaignante. Un relevé d’opérateur téléphonique atteste également de l’existence de près de 300 coups de fil du député vers la jeune femme. Or malgré ses faits, pour le moins gênants, l’accusé nie tout : la paternité de l’enfant, les coups de fil, et même le fait de connaître la plaignante.

Enfin, si l’accusé a été reconnu innocent, faute de preuves, la plaignante a été placée en détention provisoire pour « outrage à magistrat ». Elle aurait manqué de respect au juge après avoir contesté bruyamment le verdict.

Autant d’éléments qui, cumulés, ont suscité une volée de bois vert, surtout de la part de femmes marocaines qui promettent de continuer à se mobiliser.