Les élus du nord du Mali craignent l'éclatement de la société malienne


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Les élus du nord du Mali craignent que le conflit ouvre la porte aux règlements de compte entre communautés. Les dérapages existent déjà et pourraient se multiplier entre Maliens. Ces élus, réunis ce lundi 21 janvier à Bamako, appellent les habitants de toutes les communautés à ne pas se dresser les uns contre les autres.

Mohamed Ibrahim Cisse explique les raisons de l'appel lancé par les élus du nord du Mali
11-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

Ce que craignent les élus du nord, ce sont les amalgames et la stigmatisation de communautés entières. Car des exactions ont déjà eu lieu. « Il y a des propos qui nous inquiètent. Il y a des gens qui ont été maltraités, des femmes qui ont été violées. Les gens ont peur pour leurs enfants, rapporte Mohamed Ibrahim Cissé, président du Conseil régional de Tombouctou. Mais le Mali est un pays de pardon et c’est justement pour cela que nous travaillons à ça, pour qu’on puisse s’écouter et continuer à vivre ensemble ».

Vivre ensemble après la guerre est ce qui risque d’être le plus difficile, souligne Houmeini Belko, président par intérim du Conseil régional de Kidal. Lui aussi craint les règlements de compte et une détérioration générale du climat sécuritaire dans le nord : « Le problème de la guerre, ce ne sont pas les combats actuels ; c’est après, c’est ce que nous allons vivre après. Ce sont les règlements de compte, ce sont les coupeurs de route. Vivre demain est ce qui est le plus difficile. Ca va être très, très difficile pour nous ».

Houmeini Belko et les autres élus réunis ce lundi à Bamako appellent également les militaires maliens et étrangers qui se trouvent sur le territoire « à ne pas se laisser influencer par des délateurs ». La répression aveugle et arbitraire à des fins de revanche ne fera que semer les graines d’un futur conflit, préviennent les élus.