Ban Ki-moon réservé sur un soutien de l'ONU à l'opération militaire au Mali


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Lors d'une conférence de presse donnée ce mardi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué l’intervention « courageuse » de la France au Mali. Mais il a aussi pris ses distances avec le soutien qui est demandé aux Nations unies pour soutenir cette opération militaire. Il craint qu'un tel soutien affecte la crédibilité de l'Organisation.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Les pays d’Afrique de l’Ouest ont promis d’envoyer des troupes au Mali. Jusqu’à 6 000 hommes doivent se déployer aux côtés des forces maliennes et françaises. Mais il faudra les nourrir, les loger et leur fournir transports et équipements. C’est ce que les Nations unies appellent un « paquet logistique ».

Le Conseil de sécurité voudrait que l’ONU se charge de cette logistique. Mais Ban Ki-moon estime que fournir un soutien direct à une opération militaire pourrait mettre en danger le personnel de l’ONU et affecter la crédibilité des Nations unies. Le secrétaire général évoque également un délai très long, au moins quatre mois, pour fournir le soutien nécessaire aux troupes de la Misma.

Il propose donc que les Etats se chargent eux-mêmes de tout ce qui touche aux opérations de combats et que l’ONU ne soit chargée que du déploiement de la force internationale et de la stabilisation du Mali, une fois les combats terminés.

Cette hésitation montre une nouvelle fois à quel point l’ONU est mal à l’aise avec cette opération militaire au Mali. Ban Ki-moon a mis en garde à plusieurs reprises contre les risques humanitaires de cette intervention.