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Article publié le : mercredi 23 janvier 2013 à 20:25 - Dernière modification le : vendredi 25 janvier 2013 à 10:42

Guerre au Mali: combien ça coûte ?

Des soldats français débarquent avec leur équipement d'un C-17 prêté par les Etats-Unis, le 22 janvier 2013.
Des soldats français débarquent avec leur équipement d'un C-17 prêté par les Etats-Unis, le 22 janvier 2013.
REUTERS/Eric Gaillard

Par Aurore Lartigue / Tirthankar Chanda

Plus de 3 000 militaires français sont déjà engagés dans le cadre de l'opération Serval au Mali. Equipement, armement, logistique... Le déploiement des forces françaises va faire exploser le budget dédié aux opérations extérieures. Salée, la facture le sera, c'est sûr. La France a-t-elle les moyens de financer cette guerre ? Pourra-t-elle compter sur ses alliés pour la soutenir ?

Quels sont les moyens déployés au Mali ?

Lundi, 3 150 militaires français étaient engagés dans l’opération Serval, lancée le 11 janvier, dont 2 150 sur le sol malien. Un chiffre qui devrait rapidement atteindre voire dépasser les 2 500 hommes.

Côté matériel, selon le blog Secret Défense, au moins douze avions de combat sont actuellement déployés : six Mirage 2000 et quatre Rafale ainsi que deux Mirage F1CR. Cinq avions ravitailleurs C-135 FR sont également engagés sur les quatorze que compte l’armée française, cinq avions de transport tactique C-160 Transall et C-130 Hercules. Plusieurs Atlantique 2 de la Marine, basés à Dakar, sont quant à eux engagés dans des missions de recueil de renseignements optiques et d'écoutes. L’armée dispose aussi d’une vingtaine d'hélicoptères dont des Tigre et des Gazelle (l’un d’eux a d’ailleurs déjà été détruit lors des combats, un autre est endommagé). Les deux drones Harfang de l'armée de l'Air sont aussi sur place, bien qu'en bout de course après trois ans de service et 5 000 heures de vol en Afghanistan.

Combien cette guerre coûte-t-elle à la France ?

Douze jours après le début de l'intervention, mercredi 23 janvier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian a estimé à « 30 millions d'euros » le coût de l'opération française. « On peut considérer que l'opération la plus coûteuse pour nous jusqu'à présent a été l'opération logistique, le transport », a-t-il déclaré lors de l'émission « Politiques », de France24-L'Express-RFI. Se livrer à des pronostics pour la suite serait hasardeux. Tout dépendra, expliquent les experts, des moyens engagés, de l’intensité des combats et surtout, de la durée de l’opération, la grande inconnue de cette affaire.

Les opérations militaires récentes fournissent des points de comparaison. Se basant sur les coûts de l’intervention libyenne de 2012, une agence de presse estimait il y a quelques jours que l’intervention malienne se monterait à 400 000 euros par jour. D’autres estimations tablent, elles, sur un million d’euros par jour.

Infographie : le prix de la guerre

En Afghanistan, la présence militaire française a coûté 493 millions d’euros en 2012, soit 1,4 million d’euros par jour. Une facture qui s’explique par l’éloignement et le fait que la France ne disposait pas de bases dans la région. A la différence, une grande partie des militaires engagés au Mali étaient déjà positionnés dans des bases en Afrique, au Tchad dans le cadre de l’opération Epervier, en République centrafricaine et en Côte d’Ivoire. Leur présence hors de France n'entraîne pas de dépenses supplémentaires par rapport au budget d'origine de la Défense.

En Libye, l’opération Harmattan avait nécessité 368,5 millions d’euros en 2011, soit 1,7 million d’euros par jour. Rappelons que cette intervention avait impliqué l’envoi d’un groupe aéronaval de Toulon au large des côtes libyennes durant sept mois. A titre de comparaison, 4 000 hommes étaient impliqués ainsi que 31 avions en tout.

Pour se faire une idée du prix total de la guerre, il faut prendre en compte le coût d’un soldat en opération qui gagne 50% de plus en mission, sachant qu’un militaire français est payé au SMIC. Le coût de fonctionnement du matériel : on sait, par exemple, que l’heure de vol d’un Rafale était estimée à 26 800 euros en 2010, selon le rapport budgétaire du député PS Jean Launay d’octobre 2012. Le coût horaire d’un Mirage 2 000 à 11 700 euros. Celui d’un hélicoptère Tigre à 25 100 euros, contre 2 600 euros seulement pour un Gazelle. A quoi il faut ajouter le coût des munitions et celui de la logistique. Déployer tout ce matériel coûte cher, d’autant que le Mali est un pays enclavé et que la France ne dispose pas d’avion gros porteur. Mais ses partenaires ont fait savoir qu’ils allaient lui prêter des avions C-17 pour transporter le matériel sur le théâtre des opérations. De quoi permettre quelques économies.

Qui paiera la facture ?

Confrontée à une grave crise économique, la France a-t-elle aujourd’hui les moyens de financer la guerre ? La question est posée de manière insistante dans les médias, mais aussi par les contribuables qui craignent de voir leur feuille d’impôt s’alourdir.

Quel que soit le coût, Paris paiera. Rappelons que les opérations extérieures militaires (Opex) sont budgétées tous les ans dans la loi des finances de l'Etat français, même si comme le quotidien Le Monde le rappelle, ce budget est régulièrement dépassé et réapprovisionné sur un fonds de prévention interministériel afin de pouvoir payer les surcoûts. C’est sans doute ce qui risque de se passer cette année si le coût total de l’opération française au Mali dépasse les 630 millions d’euros dédiés aux Opex dans le budget 2013 (sur un budget de près de 32 milliards au total pour la Défense) !

Sauf si l’Union Européenne ou… les Etats du Golfe décident de prendre en charge en partie le coût de l’effort militaire de la France contre les réseaux jihadistes au Mali. Lors de sa récente visite à Abou Dhabi, le président Hollande a lancé un appel dans ce sens aux gouvernements des riches Emirats arabes du Moyen-Orient.

Comment sera financé le déploiement des troupes africaines au Mali ?

Conformément à la résolution 2085 adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité de l’ONU, la Cédéao a commencé à déployer des troupes africaines au Mali pour venir en aide aux militaires français de l’opération Serval et à l’armée malienne. Ces troupes africaines proviennent essentiellement du Niger, du Nigeria, du Burkina Faso, du Togo et du Tchad. Cette Mission internationale de soutien au Mali, communément connue par son acronyme la « Misma », comptera à terme 5 800 hommes. Elle est dirigée par le général nigérian Shehu Abdulkadir. Quelque 2 000 membres de la Misma doivent être déployés d’ici au 26 janvier.

Afrique économie : le coût de la guerre
 
25/01/2013
par Frédéric Garat
 
 

Selon le Quai d’Orsay, les besoins financiers pour la formation de l’armée malienne et le déploiement des troupes africaines ont été estimés à 340 millions d’euros, soit 150 milliards de francs CFA. Deux fonds ont été créés, l’un pour les forces armées maliennes et le second destiné à financer la force d’intervention africaine. L’Union européenne s’est engagée à participer à ces fonds à hauteur de 50 millions d’euros. Les conditions d’assistance européenne et internationale seront connues lors de la réunion des donateurs de la Misma qui se tiendra le 29 janvier à Addis-Abeba, en marge du sommet de l’Union africaine. Il n’est pas exclu que les pays africains riches tels que l’Afrique du Sud et l’Angola soient mis à contribution.

Qu’en est-il des Américains et des autres alliés traditionnels de la France ?

Malgré les apparences, la France n’est pas seule au Mali, son action est soutenue par ses alliés traditionnels. Mais ce soutien reste limité à des assistances logistiques. Si l’Allemagne reste floue sur la nature concrète de son soutien à l’allié français, le Royaume-Uni, tout comme la Belgique, le Canada et les Etats-Unis aident la France à transporter ses troupes et ses équipements vers le Mali.

Londres a mis deux gros porteurs militaires C-17 à la disposition de l’armée française. La Belgique participe à l’opération Serval avec deux avions de transport C-130  Hercules  et deux hélicoptères d’évacuation sanitaire. Cette mission mobilise 80 militaires belges qui ne participeront pas toutefois aux opérations de combat. L’Italie, pour sa part, s’est dite prête à fournir un soutien logistique pour les opérations aériennes. Quant à Washington, elle partage avec Paris les informations provenant de ses observations effectuées via des satellites et des drones non-armés. En principe, le coût de ces missions d’assistance est pris en charge par le budget de la défense des pays concernés.

Les alliés traditionnels de la France ont pour l’instant écarté l’idée d’envoyer des troupes au Mali en soutien à la France, même si le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton semble encore croire qu’un soutien militaire des Européens à terme n’est pas à exclure. L’UE a proposé d’organiser une réunion internationale sur le Mali le 5 février à Bruxelles.

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Reuters/Eric Gaillard
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SIRPAT/CNPI/ADC Perron
DGA/Site de Cazaux

    tags: Aéronautique - Cédéao - Défense - Finances - France - Mali
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    (7) Réactions

    c'est formidable la facilité

    c'est formidable la facilité avec laquelle on trouve des sous pour aller faire la guerre!
    Pourquoi ne pas privatiser tout ce "machin", avec introduction en bourse, et tout le tintouin ? Les investisseurs se précipiteraient.

    Tous les Faux leaders

    Tous les Faux leaders corrompus que nous avons sur cette terre sont prets a investir les moyens de taxes que les citoyens payent sur la testruction que sur la construction.Toute la population de cette pauvre region du Mali a besoigne des chose de base tellques L'eau potable,hospitaux,les ecoles , les routes etc......Alors mes chers lecteurs comment investir seulement sur la guerre une grosse somme de 150 milliards or meme 200 milliards alors depuis que le Mali a eu son independence en 1960 jusqu'a nos jours, la France na pas investie meme 2 millions euro sur cette zone. C'est l'égocentrisme, égoïsme, et elle sème de la barbarie sur terre.Je doute qu'ils ne peuvent pas reussir sur leur operations. Good only knows ! Waite and See!

    Va jeter un coups d'œil sur

    Va jeter un coups d'œil sur la video de laurent louis ministre des affaires étrangères de la Belgique tu comprendras pourquoi personne veut venir.

    Si on doit aujourd'hui

    Si on doit aujourd'hui applaudir la réaction de la France face à cette crise, on doit cependant rester gener par la réaction des autres Etats qui hésitent à apporter leurs contributions dans ce combats, devant la detresse humaine, doit-on réfléchir sur comment apporter son aide? La crise est là c'est bien vrai mais j'espère que ces Etats là ne joueront aucunement les hypocrites avant la victoire.

    Selon Jeremy Bentham: "Pas

    Selon Jeremy Bentham: "Pas d'intérêts, pas d'action". En conclusion, Si l'action de la France serait justifiée par l'intérêt, alors le débat sur le coût de cette guerre est non avenue. C'est en Afrique que les entreprises françaises réalisent leur plus grand bénéfices en CA. Notamment Total, AREVA et autres

    Erreur de logique récurrente

    Erreur de logique récurrente dans les articles qui parle du cout des opex :

    Ce n'est pas le cout à l'heure de vole d'un rafale (ou autre) qu'il faut prendre en compte, mais la différence entre le cout de l'heure de vol en France et en opération. (exactement comme pour la rémunération des soldats)

    La raison est simple : Les avions et les hélicoptères volent de la même façon qu'ils soient en France pour l'entrainement ou en opex pour faire la guerre.

    Les surcouts qu'il faut prendre en compte sont :
    Les couts dus à l'augmentation des rémunérations des pilotes / mécaniciens,
    Les couts d'acheminement/hébergement des personnels, du matériel de MCO et de l'armement
    Le cout des munitions tirées (si elles font l'objet d'un remplacement 1 pour 1 après le conflit).

    Il faut comparer les frais de

    Il faut comparer les frais de cette intervention avec les rançons payés pour la libération des otages, les frais payés pour les missions des négociateurs et j'en passe. Après faire des projections sur ce qui pouvait être fait pour développer le Mali avec l'argent dépensé.
    Dommage de le dire, la réponse à cette crise n'est pas que militaire il faut développer le sahel et le Sahara. Faire reculer la pauvreté dans toute ses dimensions pour pacifier définitivement cette zone du monde.

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