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Afrique

Mali: à Kidal, la population retient son souffle

media

Conséquence de l'avancée des troupes françaises sur Gao et Tombouctou, les islamistes se seraient repliés vers Kidal, dans l'extrême nord-est du pays, près de la frontière algérienne, à 1 500 kilomètres de la capitale, Bamako. Ce repli a entraîné la fuite d'une partie des habitants de Kidal.

« Dans la panique, Kidal s’est partiellement vidée. La ville est quasiment morte », explique un commerçant qui raconte : « Les familles habituées au nomadisme sont parties en brousse, d’autres vers Bordj, en Algérie ».

« Les jihadistes se sont également dispersés », ajoute un jeune étudiant.

« Les combattants natifs de Kidal sont encore présents, mais quasiment invisibles. Ils n’ont pas fui, ces hommes sont très rusés. Il ne faut pas crier victoire », explique un doyen, qui poursuit : « Tout le monde a peur, à la fois des bombes de la France, des représailles de l’armée malienne, si elle vient ici, mais aussi des jihadistes. Car si la pression et l’application de la charia sont moins fortes, ce sont les combattants qui tiennent toujours Kidal ».

« Aucun homme n’a osé couper sa barbe, aucune femme n’a enlevé son voile, personne n’écoute de musique », affirme un berger de passage.

« On sent quand même que la contre-attaque française a semé la panique dans leurs rangs », témoigne un chauffeur. « Ils font tout pour montrer qu’ils ne sont pas en perte de vitesse. Mais certains nous ont déjà avoué qu’ils avaient quitté Ansar Dine. Vendredi dernier, des habitants de Kidal se seraient même permis de moquer ces jihadistes qui ont refusé d’aller prier dans leurs mosquées, par crainte de frappes aériennes ».

Un doyen en sourit : « Ces fous de Dieu affirment en permanence n’avoir pas peur de la mort, mais là, on a tous vu qu’ils n’avaient, finalement, pas beaucoup de courage ».

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