Oumou Sall Seck sur RFI: «Le Mali a besoin d’autre chose que d’une guerre civile»

Actes de vengeance, règlements de compte, exactions : d'après plusieurs témoignages, le conflit au Mali a ouvert la porte à des représailles ciblées et sanglantes, contre des populations touaregs et arabes, accusées de collusion avec les terroristes, mais également contre la communauté peule, car certains sont considérés comme favorables au Mujao. Des élus du Nord mettent donc en garde contre les amalgames, pour que toutes les communautés puissent vivre ensemble. Oumou Sall Seck est maire de la commune de Goundam, près de Tombouctou. Fille d'un Peul et d'une mère Touareg Ifogha, elle parle le Songhaï. Propos recueillis par Charlotte Idrac.
RFI : Etes-vous inquiète du risque accru de représailles ou de bavures, dans le nord du Mali ?
Oumou Sall Seck : Cela m'inquiète. J’ai toujours adressé le message - particulièrement au gouvernement malien - qui consiste à ne pas faire l’amalgame entre les terroristes et les bandits qui ont commis des erreurs très graves, qui ne représentent pas la majorité de la population.
J’écoute les différentes tendances, les différentes ethnies, et je sais que les gens se sont beaucoup inquiétés. C’est une réalité, mais je pense qu’aujourd’hui le Mali a besoin d’autre chose que d’une guerre civile. Il est temps de se ressaisir, de se regarder, de se dire la vérité et d’essayer de sauver ce qu’il y a à sauver.
Nous avons un ennemi commun au Mali. Ce sont les terroristes, qui ont coupé des mains, qui ont coupé des pieds, qui violent des femmes, qui nous imposent l’impossible. Donc, nous devons nous unir, pour aider nos amis à nous sortir des mains des terroristes. Et qu’on laisse la justice faire le travail ! Ce n’est pas à nous de nous défendre ! Est-ce que nous avons le droit de prendre les armes ?
Notre rôle aujourd’hui, surtout à nous, au nord, les métis, c’est justement de jouer sur notre métissage pour essayer vraiment de calmer les esprits, être le trait d’union entre nos parents, pour éviter une guerre civile au Mali.
Quel doit être le rôle de l’Etat ? Est-il en capacité de favoriser ce dialogue ?
L’Etat le peut, s'il accepte de composer avec les Maliens. Parce qu'à un moment donné il y a des gens qui ont voulu ici, organiser une conférence nationale. Mais en réalité, cette conférence nationale n’implique pas tout le monde. Il n'a pas été fait appel aux élus, aux personnes ressources.
Le Mali a toujours été un pays de dialogue. Et le gouvernement malien va fournir beaucoup de choix. C’est lui qui doit piloter cela. Parce que, quand vous choisissez un petit groupe qui vous est favorable, pour essayer de le mettre devant, de le faire parler au nom de toute une majorité, ça ne règle pas les choses.
La dimension politique est effacée par rapport à la dimension purement militaire ?
Oui. Oui, malheureusement.
Y a-t-il des discussions aujourd’hui, entre les communautés, pour préparer le « vivre ensemble », après la guerre ?
J’avoue que non. Chacun parle de son pays selon ce qui l’arrange. Les Touaregs se retrouvent, ils parlent au nom de la communauté touarègue, et les gens du sud font pareil. Donc, chacun parle de son côté. En réalité il n’y a pas de coordination, il n’y a pas de dialogue au niveau de la société civile. Et c’est ce qui est inquiétant. La méfiance est déjà installée dans l’esprit et dans le cœur des Maliens.
Alors qui peut initier ce dialogue ?
Je pense que c’est la société civile. Quand je dis la société civile, je pense au peuple malien. Nous devons accepter de nous asseoir autour d’une table. Je ne dis pas qu'il faut dialoguer avec les terroristes, il n'en est pas question. Mais il y a les autres. Leurs parents. Les innocents. Que tous les Maliens, du nord et du sud, se retrouvent et que l'on essaie ensemble de préparer vraiment la réconciliation. Que ceux qui doivent être jugés soient interpellés et jugés. Le gouvernement malien, et plus précisément l’armée malienne, doit éviter l’amalgame sur le terrain. Ce n’est pas normal que vous preniez et égorgiez un Peul, uniquement parce qu'il vous a été signalé comme faisant partie du Mujao.
Les milices Ganda Koy et Ganda Izo, sont également pointées du doigt.
J’ai été personnellement contactée pour soutenir et aider financièrement une de ces milices. J’ai immédiatement saisi mon gouverneur au téléphone, à qui j'ai demandé : « Etes-vous au courant de cette milice qui me dit qu'elle travaille dans l’intérêt du Mali et qu'elle se prépare à aider l’armée malienne à reconquérir le nord ?» Il m'a répondu que ce n'était pas vrai, que ce n’était pas officiel. Ce jour-là j’ai donc mis une croix dessus.
Je pense par ailleurs que le gouvernement malien ne doit pas intégrer n’importe qui dans l’armée. Quand quelqu'un entre dans l’armée, ce ne doit pas être pour chercher de l’emploi, mais pour être un vrai soldat, républicain, au service de tous les citoyens du pays. Il ne faut pas entrer dans l’armée par esprit de vengeance ou pour gagner de l’argent. Ce n’est pas comme cela que l'on construit une armée républicaine.
Donc pour vous, il faut réfléchir à long terme ?
Certainement. Il faut continuer la décentralisation, la renforcer. Il faut absolument transférer les compétences et les ressources aux élus locaux, parce que le développement se passe à la base. Cette zone doit être militarisée, et nos frontières sécurisées. Si déjà nos gouvernants et nos décideurs acceptent de jouer leur rôle, les Maliens, ensemble, vont tenter de revivre ensemble. Le « revivre ensemble » sera très difficile. Mais ce n’est pas impossible.

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(9) Réactions
J’invite les Maliens à lire
J’invite les Maliens à lire ces quelques extraits du Discours I HAVE A DREAM de Martin Luther King
"Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui sont sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif "
Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible, Tous ensemble : Arabe, Bambara, Bela, Berber, Bozo, Bwa, Dafing, Dogon, Gana, Kakolo, Kossoké, Malinké, Maraka, Minianka, Peulh, Samogo, senoufo, Sonrhaï, Tamasheq, Targui, Nous le pouvons et nous le devons. Je m'inspire de Madiba et de Gandhi, Je prie pour la Paix au Mali, je prie pour la cohésion sociale, je prie pour la justice.
Nous devons forger notre avenir par le sacrifice des martyrs tombé sur le champ de l'honneur et de la dignité, Notre arme doit être notre capacité d’anticipation des problèmes et non notre capacité à les gérer et comme MARTIN LUTHER KING l’as dit un jour : " Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."
Ni Gandakoye ni Gandaïso
Ni Gandakoye ni Gandaïso n'ont besoin de ton soutien. Ce sont tes parents bellah qui ont voulu profiter de l'immense fortune que tu as amassée en toute illégalité étant élue frauduleusement maire. La justice se fera que vous le vouliez ou non c'est l'avis de la majorité (89%) des populations du Nord du Mali. Parler sur RFI ne vous sauvera pas.
La France doit faire très
La France doit faire très attention pour ne pas que sa bonne initiative, d'intervenir pour des valeurs justes, soit sali par le comportement irrésponsable des militaires africains. Les milliataires africains sont des brigands pillards et souvent violeurs de civils (RDC, Côte d'Ivoir, Guinée avec les viols du 28 septembre, etc). Les soldats français doivent savoir que leur professionalisme n'est pas partagé par ces soit disant soldats maliens sans honneur qui fuient de vant l'énémi et reviennet térroriser les civils une fois que le boulot est fait.
JE SUIS EN PARTIE D'ACCORD
JE SUIS EN PARTIE D'ACCORD AVEC LES PROPOS DE NOTRE CHÈRE ÉLUE, JE ME SUIS D'AILLEURS TRÈS SOUVENT RETROUVE DANS SES DIFFÉRENTES INTERVENTIONS. EN UN MOT, ELLE EST EXEMPLAIRE POUR NOUS PARMI NOS AUTRES ÉLUS ET RESPONSABLES. MAIS QUANT A SA RÉACTION A UNE ÉVENTUELLE INTÉGRATION DES "GANDA-KOY-ISO,J'AI DU MAL A LA COMPRENDRE. JE PENSE QUE C’ÉTAIT AU NOM DE LA PAIX NATIONALE QUE LES AUTORITÉS ONT EU A INTÉGRER PAS MAL D’ANCIENS REBELLES ET AUTRES TOUAREGS AU SEIN L’ARMÉE MALIENNE ET DES DIFFÉRENTS POSTES DU GOUVERNEMENT SANS QUE CES DERNIERS AIENT FORCEMENT UNE QUALIFICATION REQUISE. NOUS NE SOMMES DONC PLUS AMINE PAR CETTE PAIX NATIONALE OU QU'IL AIT QUELQUE CHOSE DE DIFFÉRENT DONT JE NE SUIS PAS A MESURE DE COMPRENDRE? LE NORD QUI EST SUJET D’INDÉPENDANCE DU MNLA AUJOURD'HUI APPARTIENT A NOUS TOUS ET NOUS Y VIVONS TOUS, A-T-ON DÉJÀ ENTENDU UNE FOIS QUE LES SONGHOYS,PEULS ET BEAUCOUP D'AUTRES AIENT PRIS LES ARMES PARCE QUE BAMAKO A ABANDONNE LE NORD? EN TOUT CAS CE QUE NOUS NOUS CHERCHONS EST QUE TOUT LE MONDE SOIT TRAITE ÉGAL DANS CE PAYS QUI NOUS APPARTIENT TOUS!
Ils peuvent toujours rêver
Ils peuvent toujours rêver après tout ce qu'ils ont fait comme bêtise maintenant les touaregs ont le culot de se présenter en victimes. Soyons sérieux ! je ne crois pas une seconde que l'armée ait volontairement tué un innocent, cela ne nous ressemble. Chaque Malien est lié d'une manière ou d'une autre à un autre Malien et sans forcément appartenir à la même ethnie.
Qu'on n'arrête de nous distraire avec des discours tel "le vivre ensemble va être difficile" nous avons vécu ensemble après les autres rebellions et on vivra ensemble après celle-la mais pas avec les apatrides et les traites qui retourneraient leurs armes contre nous à la première occasion.
Cette réaction est en retard
Cette réaction est en retard d'un an. Ce n'est pas quand l'armée prend le decu qu'il faut réagir. Elle était où quand le MNLA proclamait la république de l'azawad? Bien sûr pas d'amalgamme, mais au Mali tout le monde connais tout le monde.
Qui rira bien, rira le dernier.
Vive le Mali "UN ET INDIVISIBLE"
Oumou Sall Seck le Mali ne
Oumou Sall Seck le Mali ne veux pas non plus d'une guerre civile, cependant n'ayons pas la mémoire courte. Les exactions qui les a faites au début, qui as passé 11 mois à couper les mains, les pieds d'honnêtes citoyens, à violer les femmes, à lapider des êtres humains...pour ne citer que cela et en ces moments où étaient Human Right Watch, la croix rouge, les ONGs....et bien nul part. et c'est aujourd'hui que vous parler d'exaction? Quand on libère un peuple pris en otage c'est de l'exaction? les 40 assaillants tombés a Inamenas c'est encore des exactions?
Bonjour je suis d'accord avec
Bonjour
je suis d'accord avec toi que il ne faut pas faire l'amalgame.
merci du conseil. les maliens qui ont composé avec l'ennemi, il pouvait fuire et se refugier dans un pays voisin au lieu de composé avec les terroristes dont vous parlez.
je suis d'accord qu'il faut se parler. peut etre se pardonner.
que fais tu parler instaurer le dialogue entre Malien.
Je pense que l' ONU, la
Je pense que l' ONU, la CEDEAO et l' Union Africaine ont du travaille a faire. Il faut que ces institutions accompagnent les Maliens dans un nouveau Mali et que cela commance maintenant pas apre la guerre. Car, s' il faut attendre apres la guerre il y serait trop tard. Il faut que l' armee Francaise et le commandement de la CEDEAO aident l' armee Malienne a se comporter sur le terrain comme une armee republicaine. Tous ceux qui ont de loin ou de pret ont supporte les terroristes se veront la justice s' appliquer, le peuple ou les individus ne doivent pas se substituer a la justice, le nouveau Mali doit etre un Etat de Droit et c' est cela qui fera de ce nouveau Mali un Etat fort et examplaire.