RCA: inquiétudes autour du sort des prisonniers politiques

En Centrafrique, la Seleka exige la libération de tous les prisonniers politiques. La semaine dernière, le président François Bozizé a promis qu’il était prêt à libérer tous ces détenus, mais il a demandé en contrepartie aux rebelles de se conformer à l’accord de Libreville en cantonnant leurs hommes. Pendant ce temps, les prisonniers attendent.

De notre envoyé spécial à Bangui

En raison de ses maigres moyens et de la tension qui régnait alors dans Bangui, Clarisse Ngamba savait que cette année, Noël ne serait pas fastueux. Cependant, elle ne s’attendait pas à vivre un tel calvaire. Le mois dernier, son compagnon Laurent Djim-Woïe, un ancien cadre de l’ex-rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie (APRD), a été arrêté par la garde républicaine et transféré à la section recherche et investigation de la gendarmerie.

« Il a été arrêté le 24 décembre. Je suis partie là-bas le matin, je l'ai vu. Il avait des blessures partout. On dit qu'il est le chef rebelle de Paoua. Mais les gens de Paoua ont déjà déposé les armes », s'insurge la compagne de Laurent Djim-Woïe. D'après elle, il est détenu en dehors de toute procédure judiciaire.

A Bangui, d’autres familles vivent dans l’effroi, incapables d’obtenir la moindre information sur le sort de leurs proches portés disparus. Combien sont-ils ? Impossible à dire. Selon nos informations, le Comité international de la Croix-Rouge n’a toujours pas eu accès à plusieurs centres de détention, dont la prison militaire de Bossembele, que les Centrafricains ont surnommée Guantanamo.