Roger Auque sur RFI: «On ne peut pas prévoir les réactions du régime erythréen» - Afrique - RFI

 

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Roger Auque sur RFI: «On ne peut pas prévoir les réactions du régime erythréen»

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La situation est toujours confuse en Erythrée où le régime maintient un black-out total sur les évènements de lundi dernier qui ont vu un groupe de soldats prendre d'assaut le ministère de l'Information avant de se replier dans leur caserne. Pays fermé et régime opaque, l'Erythrée est considérée par les Etats-Unis comme un état voyou. La France, elle, maintient le dialogue avec Asmara au nom de la paix dans la Corne de l'Afrique. Roger Auque, ancien journaliste et ambassadeur de France à Asmara entre 2009 et 2012, est l'invité Afrique de RFI. Il répond aux questions d'Olivier Rogez.

RFI : Lundi, des hommes en armes ont investi le ministère de l’Information à Asmara, forçant le directeur de la télévision à diffuser un message. On a parlé de mutinerie, et en Erythrée c’est un fait assez incroyable. C’est un pays très fermé, c’est une dictature. Y-a-t-il, selon vous et selon les informations dont vous disposez, une tentative de coup d’Etat ?

Roger Auque : Dire un coup d’Etat, c’est un peu exagéré. Parce que vous savez, l’Erythrée est un pays très surveillé, où il n’y a pas d’opposition. Ce n’est pas du tout dans la tradition des Erythréens, même du régime, d’accepter des coups d’Etat. Une mutinerie, peut-être, parce qu’on sait que la vie des militaires est très difficile, la vie de la population est très difficile là-bas.

Ils ne perçoivent pas tout le temps leur solde chaque mois. Donc, c’est quand même possible, une sorte de mutinerie un peu soft, douce, à l’érythréenne, parce que ce ne sont pas des gens très violents. Mais un coup d’Etat, je ne pense pas que ce soit crédible.

Ce qui est surprenant, c’est que d’ordinaire les éléments contestataires en Erythrée finissent très rapidement en prison. Or cette fois-ci, il semble que les soldats mutins aient pu regagner librement leur caserne. Est-ce que cela pourrait signifier qu’ils sont suffisamment puissants et redoutables pour le président Afewerki ? Que celui-ci n’oserait pas, finalement, les envoyer directement en prison ? Est-ce qu’il n’y a pas un bras de fer au sein de l’appareil d’Etat, incluant l’armée ?

Il est possible qu’il y ait une sorte de bras de fer depuis – on va dire – presque deux ans, au sein du parti unique. Un bras de fer entre politiciens et éventuellement militaires, oui, c’est possible. Maintenant, le fait que, entre guillemets, les rebelles aient pu se mutiner et puis ensuite quitter librement cette colline où se trouve le ministère de l’Information, c’est quand même assez surprenant.

Mais il y a une certaine lenteur là-bas. Il est possible aussi que les mutins soient arrêtés prochainement et puissent se trouver en prison. C’est quand même un cas à part, c’est un pays à part, avec des règles un peu étranges et bizarres, et surtout avec des réactions très surprenantes de la part du régime érythréen. On ne peut pas prévoir les réactions de ce régime, qui est quand même très fermé, très paranoïaque.

Justement, comment expliquer que l’Erythrée, qui fut un temps symbole de l’émancipation d’une nation – l’Erythrée vis-à-vis de l’Ethiopie – soit devenue en si peu d’années une dictature fermée que l’on compare désormais à la Corée du Nord ?

Tout simplement, parce que Isayas Afewerki, le président érythréen, est devenu un dictateur. Tout simplement, un dictateur ! Donc, ils ont mis en prison – parfois même assassiné – des responsables politiques, qui auraient pu devenir des députés et former une sorte d’opposition. C’est une véritable dictature militaire, laïque, qui peut ressembler, effectivement, un peu à la Corée du Nord ou même à la Birmanie aujourd’hui.

Comment expliquer, quand même, que sur un plan international, ce régime soit devenu un abri pour tous les desperados de la Corne de l’Afrique ? On y trouve la plupart des mouvements rebelles qui ont été chassés d’Ethiopie. Mais on y trouvait aussi, à une certaine époque, les shebabs somaliens et leurs prédécesseurs. Pourquoi l’Erythrée est devenue cette citadelle assiégée, qui accueille aujourd’hui les voyous de toute la Corne ?

L’attitude du régime érythréen est surtout due à l’opposition, à la guerre larvée avec l’Ethiopie. C’est-à-dire que les Ethiopiens et les Erythréens sont des frères ennemis, ils se détestent. Il y a une sorte de guerre froide. La frontière est fermée. Et donc, sachant que l’Europe et les Etats-Unis soutiennent l’Ethiopie, que l’Union africaine soutient l’Ethiopie, la conclusion c’est que les Erythréens sont prêts à s’allier avec n’importe quel diable pour s’opposer ou pour ennuyer l’Ethiopie, tout simplement.

Justement, Roger Auque, pourquoi la France veut-elle maintenir de bonnes relations avec ce pays, alors que la plupart des démocraties occidentales lui tournent le dos ?

Le pouvoir et le savoir-faire de la diplomatie française, justement, par rapport aux Etats-Unis, aux Russes, aux Chinois, aux Britanniques, c’est justement de jouer un rôle d’arbitre, de pacifier et de faire en sorte qu’il y ait la paix dans la Corne de l’Afrique.

C’est très important pour la France, en Mer Rouge, dans la Corne de l’Afrique, par rapport à nos bases militaires à Djibouti et par rapport à toute la région, pour pouvoir dialoguer, négocier et faire en sorte qu’il y ait la paix entre les pays voisins et l’Erythrée.

Mais est-ce que l'on ne se fait pas « balader » parfois par Isayas Afewerki ? Je prends l’exemple de Dennis Alex, notre otage français qui était en Somalie. Vous avez œuvré pendant des années à sa libération, via l’intermédiation érythréenne et cela n’a rien donné...

Mais ce n’est pas à cause de l’Erythrée, parce que, justement, les services érythréens et même le régime érythréen, ont beaucoup travaillé, nous ont aidé, nous les Français, pour qu’on puisse négocier et libérer l’agent de la DGSE. On a failli le libérer, et c’est vrai que les services érythréens ont fait un bon boulot. On aurait pu réussir. C’est simplement à cause des ravisseurs, des islamistes, qui n’ont pas pu s’entendre entre eux, entre shebabs, entre islamistes. Ils n’ont pas pu s’entendre sur les conditions de la négociation. Et c’est pour ça que ça n’a pas marché !

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