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Afrique

Côte d'Ivoire François Bozizé Laurent Gbagbo Nicolas Tiangaye République centrafricaine

Côte d'Ivoire, Centrafrique : même issue?

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A y regarder de près, la situation actuelle en République centrafricaine présente de nombreuses similitudes avec la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011. Qui, du chef de l’Etat François Bozizé, et du Premier ministre du gouvernement d’union nationale Nicolas Tiangaye, remportera le bras de fer qui s’annonce à Bangui ?

Sous bien des aspects, la situation actuelle en République centrafricaine a un air de déjà vu. Les similarités sont pour le moins troublantes avec les soubresauts qu’a connus la Côte d’Ivoire à compter du dernier trimestre de 2002. Profitant de l’absence du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, en visite officielle en Italie, des demi-soldes avaient vainement essayé de prendre le pouvoir avant de battre en retraite vers Bouaké, dans le Centre, et de prendre le contrôle de la moitié nord du pays.

Le président Gbagbo, rentré précipitamment de Rome, réussira à conserver son emprise sur ce que certains dénomment encore aujourd’hui la « Côte d’Ivoire utile », à savoir Yamoussoukro, la capitale politique et administrative, une bonne partie de l’Ouest, dont le port cacaoyer de San Pedro, mais aussi l’Est, et surtout le Sud où plastronne la mégapole d’Abidjan.

En Centrafrique, au terme d’une offensive fulgurante, la rébellion de la Seleka (« coalition », en sango) a pris le contrôle de la moitié d’un pays pratiquement deux fois plus grand que la Côte d’Ivoire, laissant au régime du président François Bozizé l’autre moitié, dont la bande de terre centrale menant à Bangui, « la coquette ». Alors, Abidjan et Bangui : même combat, mêmes stratégies, même issue ?

Comme naguère Gbagbo, Bozizé se prépare à la résistance

Afin d’éviter d’avoir à se retrouver dans la position de président potiche, Gbagbo avait installé un shadow cabinet au palais présidentiel, pour doubler l’action du gouvernement et pouvoir suivre en parallèle les grands dossiers de l’Etat.

Des indiscrétions en provenance de la Centrafrique laissent croire que Bozizé, qui n’entend pas se laisser dépouiller de toutes ses prérogatives, ne fera pas autre chose. Par ailleurs, il a fallu attendre le dernier trimestre de 2010 pour que la présidentielle ivoirienne, normalement prévue pour 2005, se tienne. Si demain, faute de moyens financiers ou pour cause de manœuvres politiciennes, la transition centrafricaine venait à perdurer, ce serait du pain béni pour l’actuel locataire du palais de la Renaissance, dont le second et ultime quinquennat s’achève en 2016.

Le président Bozizé a d’ailleurs donné le ton en mettant une semaine (après l’accord de Libreville, le 11 janvier 2013) avant de signer, le 17 janvier 2013, le décret de nomination de l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats, Nicolas Tiangaye, au poste de Premier ministre. Et une dizaine de jours supplémentaires avant de communiquer à ce dernier, le 26 janvier, la liste des cadres de la « majorité présidentielle » appelés à siéger au gouvernement d’union nationale de transition. Autant dire que la guerre des nerfs entre les deux têtes de l’exécutif a déjà commencé !

Les rebelles ivoiriens et la Seleka ont conservé une partie du territoire national

De 2002 jusqu’au dénouement guerrier de la crise ivoirienne, le 11 avril 2011, les rebelles de Guillaume Soro ont occupé sans discontinuer la portion du territoire qu’ils contrôlaient. A l’aune de ce précédent, on voit mal la Seleka, co-signataire de l’Accord de Libreville, restituer dans l’immédiat les terres conquises, au risque de ne plus apparaître comme l’interlocuteur incontournable qu’elle est devenue par la force des armes. D’autant plus que Bozizé, que l’on dit aussi rusé et manœuvrier que Gbagbo, n’a sans doute pas dit son dernier mot. Gbagbo contrôlait la « Côte d’Ivoire utile ».

Bozizé a toujours la mainmise sur une partie du territoire et, surtout, la capitale, Bangui, où sont regroupés les symboles visibles de tout pouvoir qui se respecte : le palais de la Renaissance, le Parlement, les ministères, les radio et télévision nationales, l’aéroport international Mpoko et les chancelleries étrangères.

« Il y a certes beaucoup de similitudes entre les deux situations, mais il y a aussi quelques différences, nuance Gilles Olakounlé Yabi, directeur pour l’Afrique de l’Ouest de l’International Crisis Group. La rébellion de septembre 2002, en Côte d’Ivoire, a d’abord commencé dans une logique de coup d’Etat directement dans la capitale, avant de se muer en contrôle d’une partie du territoire par un groupe armé. La descente-éclair, en Côte d’Ivoire, c’était plutôt en 2011, mais le contexte était différent. Par ailleurs, en Côte d’Ivoire, la force extérieure tampon et la zone de confiance se sont mises en place en réaction à la rébellion, alors qu’en Centrafrique, la force régionale était déjà en place, précisément en raison de la situation sécuritaire, préoccupante depuis des années. »

Aujourd’hui, deux Centrafrique se regardent en chiens de faïence

Pourtant, comme naguère en Côte d’Ivoire, ce sont aujourd’hui deux Centrafrique qui s’observent avec des arrière-pensées, séparées par une « zone de confiance » placée, ici, sous l’autorité des éléments de la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac).

« L’une des similitudes avec la crise ivoirienne, c’est que l’essentiel des revendications proviennent, ici comme là-bas, de la frange nord du pays, à majorité musulmane, où le sentiment d’exclusion paraît plus exacerbé », relève le Premier ministre Nicolas Tiangaye, lors d’un entretien téléphonique. Et ce n’est pas tout. Abidjan a eu Charles Blé Goudé et ses « patriotes » du Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP), des groupes d’autodéfense chargés de protéger la patrie « menacée » (et Laurent Gbagbo) face au « diktat » des Nations unies et de l’ancienne puissance coloniale, la France.

Bangui, tout comme Abidjan, a ses « patriotes » et ses miliciens

S’inspirant du modèle ivoirien, Bangui a également eu, aux heures de braise (décembre 2012 et début janvier 2013) ses propres « patriotes », regroupés dans une Coalition citoyenne contre les rébellions armées (COCORA). Répondant aux mots d’ordre de leur chef, Lévi Yakité, ils avaient manifesté devant l’ambassade de France, coupable, à leurs yeux, de ne pas voler au secours de Bozizé.

Les mêmes avaient érigé des barricades dans la capitale, avant d’en accepter le démantèlement dès l’arrivée sur place d’un contingent sud-africain, chargé de protéger Bozizé, ses proches et son palais. « Bangui, ce n’est pas Abidjan, en termes d’importance stratégique et de présence physique de ressortissants français, poursuit Gilles Yabi. Cela limite la capacité à faire pression localement pour un engagement militaire français aux côtés du pouvoir. Par ailleurs, la présence d’une force régionale africaine – déjà sur place – réduit l’exposition française. »

A ses débuts, et avant de se fondre dans une structure unique baptisée les Forces nouvelles, la rébellion ivoirienne était trigonocéphale. Le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), le Mouvement populaire ivoirien pour le grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), contrôlaient, chacun, une principauté dans le septentrion et la région Ouest. Cette dispersion et les rivalités entre comzones (commandants de zones) susciteront de vives tensions, parfois accompagnées de purges violentes, comme en témoigne la liquidation, sans autre forme de procès, du chef de file du MPIGO, Félix Doh, en avril 2003.

En ce qui la concerne, la Seleka a préféré partir à la bataille en rang serré dans une coalition hétéroclite de six ou sept mouvements militaro-politiques. Pour autant, elle n’est jusque-là pas épargnée par les velléités schismatiques et les querelles de chefs, comme en attestent les algarades récurrentes entre les différentes chapelles qui la composent. Ces altercations, liées à des considérations de préséance, donnent un avant-goût des tiraillements à venir.

Omerta sur l’origine des fonds et les noms des commanditaires

Si nombre de chefs de l’ex-rébellion ivoirienne continuent de pratiquer l’omerta sur l’origine du financement et sur l’identité des parrains de leur mouvement, certains admettent désormais, mais mezza voce, qu'ils doivent beaucoup au Burkina Faso, qui leur a servi de sanctuaire.

Silence radio, également, du côté de la Seleka, dont les responsables sont avares en commentaires sur tout ce qui touche à la genèse du mouvement, à ses parrains, au profil de ses différents chefs, l’origine des armes qui lui ont permis, en quelques semaines, de prendre le contrôle de la moitié - sinon plus - du territoire centrafricain. Certains évoquent, sans en apporter la preuve, la « complicité » du Soudan avec la rébellion et la « duplicité » du Tchad vis-à-vis de François Bozizé, que Ndjamena contribua à installer au pouvoir par les armes en 2003, avant de se brouiller quelque peu avec lui les mois précédents l’irruption de la Seleka sur le devant de la scène.

« Les prolongements extérieurs de la rébellion ivoirienne étaient identifiables, c’est moins le cas en République centrafricaine », analyse Albert Bourgi, professeur de droit public à l’Université de Reims, dans le nord-est de la France.

Face à l’avancée de la Seleka, le président français, François Hollande, a clairement opposé une fin de non-recevoir à l’appel à l’aide de son homologue centrafricain. Jacques Chirac n’a pas fait autre chose dès l’annonce de la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire. Il s’est contenté d’appeler au calme et d’offrir l’asile politique à Gbagbo, comme pour bien signifier à l’opinion que le sort du turbulent président ivoirien était scellé. Refus poli de l’intéressé qui regagna Abidjan, en plein tumulte, non sans avoir lancé en direction des membres de sa délégation, à Rome : « Qui m’aime me suive ! » On connaît la suite…

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