Le parti de Roger Lumbala pris pour cible par Kinshasa

Roger Lumbala.
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Les autorités de Kinshasa ont décidé de suspendre les activités du Rassemblement congolais pour la démocratie nationale (RCD-N), le parti de l'opposant Roger Lumbala qui, désormais, siège du côté du Mouvement du 23-Mars aux pourparlers de Kampala. Deux poids, deux mesures, selon ce parti qui constate que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui a fourni des cadres politiques au M23, n'est frappé, lui, d'aucune sanction.

Ancienne rébellion, le RCD-N de Roger Lumbala s'est mué en parti politique en 2003 lors de la réunification du pays. Dans l'opinion, on s'interroge sur les véritables motifs de cette sanction, décidée à cause du comportement d'un seul de ses membres.

Au dernier semestre 2012, Roger Lumbala est arrêté à Bujumbura par les services burundais. On l’accuse d’intelligence avec une puissance étrangère à cause de ses relations jugées suspectes avec certaines autorités militaires rwandaises qui soutiendraient le M23.

Mais Roger Lumbala n'est pas extradé à Kinshasa. C’est plutôt vers la France qu’il est exfiltré après avoir trouvé refuge à l’ambassade sud-africaine de Bujumbura. Il sera ensuite à Kampala à l’annonce des pourparlers entre le gouvernement et le M23. Pour la deuxième manche de ces négociations, début janvier 2013, Roger Lumbala s’affiche du côté de la rébellion.

A Kinshasa, les autorités irritées décident de suspendre les activités du RCD-N en vue d’une probable interdiction sur l’ensemble du pays. La question cependant se pose, concernant les partis politiques : propriété d’un individu ou regroupement de plusieurs membres ? D’autres observateurs parlent de deux poids deux mesures. Selon eux, le CNDP est épargné alors que certains de ses dirigeants appartiennent à l’aile politique du M23.