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Mali : après Gao et Tombouctou, les regards se tournent vers Kidal

media

Au Mali, Gao et Tombouctou sont désormais aux mains des forces françaises et maliennes. Les soldats tchadiens et nigériens sont quant à eux entrés ce mardi 29 janvier 2013 dans la localité d'Ansongo. Mais une autre grande ville du Nord se trouve dans une situation particulière, puisque les jihadistes en sont partis mais qu'elle échappe toujours au contrôle de l'Etat malien et de ses alliés. Cette ville, c'est Kidal. Les mouvements rebelles MNLA et MIA affirment l'avoir repris ce lundi.

Quel sera le sort réservé à Kidal ? La ville sera-t-elle le théâtre d'une reconquête militaire ? Et si oui, par qui ?

Le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et le tout nouveau Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), composé de dissidents d'Ansar Dine, plaident pour des négociations.

Ils demandent à être associés à la lutte contre les jihadistes. Mais peuvent-ils encore être entendus à Bamako, où les rebelles touaregs sont toujours perçus comme ceux qui ont ouverts les portes de l'enfer malien ?

« Entre Paris et Bamako, on ne met pas le même contenu dans le terme terroriste. Mais le MNLA n'a rien fait pour améliorer son image en disant qu'il est venu à Kidal pour empêcher l'armée malienne d'y entrer », confie un diplomate.

Kidal est dans une situation particulière. A la différence de Gao et Tombouctou, la ville est peuplée quasi exclusivement de Touaregs.

Une éventuelle remontée dans la zone de l'armée malienne alimente plus qu'ailleurs les craintes d'actes de vengeance.

Du côté français, on assurait ce mardi après-midi qu'aucun soldat de l'opération Serval était en action à (ou autour) de Kidal.

« Avec Gao et Tombouctou, on a déjà beaucoup avancé. Il faut maintenant détendre l'élastique », suggère un officier à l'état-major des armées.

Les soldats français vont-ils alors confier à leurs frères d'armes tchadiens et nigériens le soin de reprendre Kidal ? C'est une hypothèse, mais sûrement pas une certitude. Mardi, un habitant de Kidal assurait avoir aperçu des avions Mirage français survolant sa ville.

Les populations fuient les combats

D'après le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), les populations fuient vers les pays voisins comme le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.

Des centaines de personnes ont fui la ville de Kidal dans le nord du Mali, pour se rapprocher de l'Algérie, où la situation devient critique sur le plan humanitaire. L'insécurité y règne et les vivres commencent à manquer.

La frontière avec l’Algérie est fermée, ce qui fait que la plupart des biens qui étaient transportés via l’Algérie n’arrivent plus sur le marché (…). L’insécurité continue de régner puisqu’il y a encore beaucoup de groupes armés et des bandits.
Fatoumata Lejeune-Kaba Porte-parole du HCR à Genève 11/10/2013 - par Muriel Pomponne écouter

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