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Mali : reportage exclusif à Tombouctou, ville «libre»

La cité des 333 saints est sortie de sa torpeur. Les enfants déambulent. Les adultes aussi. Ils peuvent de nouveau sortir sans crainte de se faire frapper. Certains mettent les pieds dans la rue pour la première fois depuis des mois. Scènes de liesse ! Mais attention : si Tombouctou renaît, les cendres restent. Ce sont celles des manuscrits du centre Ahmed Baba, détruits par les islamistes avant leur fuite.
Avec notre envoyé spécial
« Vive la France ! », « Vive le Mali ! » Drapeaux maliens, français, pancartes à la gloire des soldats, fête et musique dans les rues de la ville, restées si longtemps silencieuses... Terminé, le noir des islamistes ! Tombouctou a retrouvé des couleurs.
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Niafata ne pense qu’à une chose : fêter sa liberté retrouvée. « L’ambiance est bonne, c’est très bon, toute cette liberté. Maintenant, on ne risque pas de prison, on ne nous frappe pas, la vie est belle. » « Maintenant, nous sommes à l'aise », renchérit son amie.
Doundai Touré savoure aussi ce moment de joie. Il sort enfin de sa concession, après des mois de calvaire. « Aujourd’hui, c’est une liesse de joie, parce que tout le monde est là, se réjouit-il. Les gens étaient pressés de voir l’armée française et l'armée malienne rentrer. Mais heureusement, ça a été très rapide, et aujourd’hui nous sommes contents. Aujourd’hui c’est la liberté, la chose la plus chère dans le monde. »
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« Les islamistes ont couru, et les "Toubabs" sont venus »
Les femmes ont délaissé le voile imposé par les islamistes. « Oui, c’est la fête, parce qu'on est libre ! On peut faire ce qu’on veut », exulte Niama Maye, tout simplement heureuse. Elle revient sur cette dernière année, si dure « parce qu’on nous frappait, qu'on nous obligeait à faire ce qu’on ne voulait pas faire. On remercie François Hollande. »
Ibrahim, 5 ans, coupe la parole aux adultes. « Les islamistes ont couru, les militaires sont venus, et les "Toubabs" sont venus aussi », raconte-t-il avec ses mots, en parlant des Blancs. Avant de reprendre, enthousiaste : « Je suis content ! Aujourd’hui, on va fêter, on va danser et on va crier : "Vive la France !" Que dieu donne à la France tout ce qu’elle veut ! »
Pour Mohamed, l'oppression des islamistes était une véritable prise d’otages. « Neuf mois de prison, nous étions des otages, confie-t-il. La France a des otages, nous, nous en étions aussi. Maintenant, on sent la liberté, on est libre. Aujourd’hui et demain, nous sommes libres. Nous avons la paix, aujourd’hui. »
« Ils avaient le pouvoir, alors ils faisaient ce qu'ils voulaient »
L'ambiance est à la fête, mais pas partout. L'euphorie des uns tranche avec le désarroi des autres. Car jusqu'au bout, les islamistes ont meurtri la ville (voir ci-contre, à droite, notre reportage réalisé en décembre 2012).
Dans leur fuite, les islamistes s'en sont pris aux réseaux téléphoniques, et à certains bâtiments comme les locaux de l'ORTM, la télévison nationale. Plus grave encore, de nombreux manuscrits du célèbre centre Ahmed Baba ont été brûlés.
Situé au cœur de la ville, ce centre avait récolté, depuis des années, des milliers de documents, dont certains très anciens. Ces manuscrits venaient de toute l'Afrique de l'Ouest. Leur perte est inestimable. Il n'en reste qu'un tas de cendres et quelques boîtes en carton éventrées puis jetées au sol.
Yehia Tandina, journaliste réputé à Tombouctou, était présent, caché dans un coin, lorsque les islamistes ont tout brûlé. « On ne pouvait rien, on avait rien à leur dire, c'était la terreur, raconte-t-il. Ils avaient un pouvoir, un pouvoir incontestable, alors ils faisaient ce qu'ils voulaient. Il y avait là au moins 180.000 manuscrits. Tout est détruit. »
« Ce qui n'a pas été détruit a été emporté »
Mahmoud aussi, est venu constater l'ampleur de la destruction. Les larmes viennent, il n'arrive pas à croire que ce fabuleux patrimoine est parti en fumée. « C'est grave, commence-t-il, c'est grave pour nous, vraiment, ça me choque. Les habitants de Tombouctou ont pleuré. Beaucoup, même ! Beaucoup, beaucoup... »
El Hadj est enseignant. Il venait souvent au centre, avant que les islamistes n'en interdisent l'accès. « Ce sont des manuscrits très sacrés qu'on vient de brûler, toute la ville de Tombouctou se repose sur ça, rappelle-t-il. C'est comme une bibliothèque qui brûle maintenant. En tant que future génération, on nous a brûlé notre moral. Sur tous les plans. »
A l'instar du journaliste Yehia Tandina, les habitants de Tombouctou sont formels : « Ce qui n'a pas été détruit a été emporté ». Autrement dit, certains manuscrits ont été volés par les islamistes. Ils ont une valeur historique, mais aussi une valeur marchande.
Pour revivre la journée du mardi 28 janvier 2012 sur le terrain au Mali, cliquer ici

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(7) Réactions
je pense que la légèreté avec
je pense que la légèreté avec laquelle l'on traite le MNLA aujourd'hui déterminera l'avenir de demain car ce groupuscule a t-il bien délibérément installer ces voleurs au nord ? ont ils collaborer avec ces groupes dangereux? Aqmi et Mujao? qu'ont ils fait pr empêcher les mutilations et autres abus sur les compatriotes et aujourd'hui ils disent être les "bons" du nord qui reclamme je ne sais quoi, c'est que des laches qu'ils faut tous désarmer avant de t'entemmer toute discussion sinon comme toujours ils violerons tjrs l'intégrité de ce pays... j'ai honte pr eux comme pr tous les musulmans qui les ont soutenu.
non. Et lisez l'interview de
non. Et lisez l'interview de Traoré par RFI
il fallait sa débarasser le
Il fallait débarrasser le Mali de ces extrémistes . Ce ne sont que des trafiquants.
L'expedition Marocaine dont
L’expédition Marocaine dont vous parlez n’était qu'un voyage commercial entre autre comme il en existé beaucoup à cette époque et avant. Ainsi que les récits de Ibn Batouta. Les documents relatifs à ces voyages ne sont qu'une infime partie des richesses écrites de Tombouctou. C'est une destruction volontaire téléguidée de toute une partie de culture africaine de Tanger au Cap.
Vive le mali
Vive le mali
Brûler les manuscrits de
Brûler les manuscrits de Tombouctou est à considérer comme un crime contre l'humanité. Ce sont des trésors qui datent de l'expédition marocaine au Bled Soudane durant le règne du sultan Mansour dahbi le Saadien. L'attitude fort discrète du Maroc me gêne.
j invite le monde entier a
j invite le monde entier a regarder ces images et de comprendre qu il n ya pas que des touaregs au Nord du mali. et qu on arrete de parler de MNLA laique on s en fiche de cela. Il sont juste des bandits.