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Mission de soutien au Mali : la communauté internationale met la main à la poche

media Dioncounda Traoré, président intérimaire du Mali, le 27 janvier 2013, à Addis-Abeba. REUTERS/Thierry Gouegnon

La conférence des donateurs pour le Mali s’ouvre ce 29 janvier à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine (UA). Il sera question d'argent, le nerf de la guerre : l’objectif est de lever des fonds pour financer la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), dont les effectifs annoncés, initialement fixés à 3 300 hommes, dépassent aujourd'hui les 6 000 soldats.

De notre envoyé spécial à Addis-Abeba,

La Misma vise à repousser les insurgés islamistes qui occupent la moitié nord du pays, et pour bon nombre de chefs d’Etat africains, la question du financement paraît cruciale : il en va du succès de l’opération selon Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. L’UA a d’ores et déjà indiqué qu’elle contribuerait à la force à hauteur de 50 millions de dollars. « Nous espérons que nous allons parvenir à boucler le budget, s'est inquiété Blaise Compaoré. Sinon, il y a un risque d’enlisement ».

Les coûts de l’opération sont importants pour de multiples raisons. Il faut par exemple engager des frais pour subvenir aux besoins de bataillons africains parfois mal équipés. «Certains arrivent avec leur paquetage et de quoi se nourrir pour une période très courte, souligne Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint au opérations de maintien de la paix des Nations unies. Les dons recueillis vont donc permettre de financer des choses aussi simples que l’eau et le carburant. »

L'Europe contribue à hauteur de 50 millions d'euros

Les Nations unies ont mis en place deux Trust Funds, des fonds fiduciaires, pour recueillir les dons. L'un a été établi au bénéfice de la Misma, les troupes de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et leurs renforts tchadiens et burundais. L’autre bénéficiera à l’armée malienne. Ce montage va permettre aux Etats dont les lois prohibent le soutien aux régimes qui se sont installés au pouvoir à l’issue d’un putsch, comme c’est le cas de l'actuel régime de transition malien, d'apporter leur aide à la Misma.

Le budget de la Misma est délicat à chiffrer, d’autant plus que les effectifs évoluent. La force devait compter initialement 3 300 soldats, mais les effectifs ont doublé, si l’on comptabilise l’importante contribution du Tchad. Des partenaires de l’Afrique n’ont pas prévu d’augmenter leur aide financière pour autant. L’Union européenne (UE), qui s’engage à couvrir les soldes des militaires à hauteur de 50 millions d’euros, estime que ce n’est pas nécessaire. Explications du Commissaire au Développement de l'UE, Andris Piebalgs :

« Je crois que c’est suffisant, nous avons comparé avec notre contribution pour l’Amisom en Somalie, qui a plutôt réussi, et dont les effectifs portent sur 17 000 soldats. 50 millions pour le Mali, c’est une solide contribution de la part de l’UE. »

L'appel émouvant du président malien Dioncounda Traoré

Au-delà des versements, un certain nombre de pays ne se manifesteront pas lors de cette conférence, car ils apportent une aide directe, en nature. Le Canada, par exemple, fournit un avion de transport de troupes. Le coût d’une heure de vol s’élève à 40 000 euros, soit un demi million pour une rotation. Les coûts de projection sont considérables, pour gagner une guerre contre l’alliance formée par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), Ansar Dine et la secte islamiste du nord du Nigeria Boko Haram. « Derrière ces noms se cache Satan », a déclaré le président malien Dioncounda Traoré à ses pairs, lors d’une session à huis clos.

« L’intervention déterminante de l’armée française a stoppé la progression de notre ennemi commun, à savoir le narco-terrorisme qui invoque Dieu mais qui agit comme Satan. Nous sommes en guerre contre le terrorisme qui prospère de la vente d’otages innocents », a déclaré le président Traoré lors d’une allocution particulièrement émouvante. 

Estimant que la guerre contre le terrorisme est l’affaire de tous, l'UA et le Mali ont demandé aux Nations unies, en parallèle de la conférence de ce 29 janvier à Addis-Abeba, de débloquer en urgence des fonds prélevés sur le budget des opérations de maintien de la paix.

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Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.