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Jacob Zuma: «La situation au Mali mérite toute notre attention»

media Jacob Zuma, le président sud-africain, veut «unir le continent».. (Photo : Reuters)

C'est la première fois qu'il accorde une interview à RFI. Poids lourd du continent, le président sud-africain Jacob Zuma était à Addis-Abeba, au 20ème sommet de l’Union africaine. Que pense-t-il de la situation au Mali? De l'intervention française contre les jihadistes? Le chef de l'Etat sud-afriain va-t-il envoyer des troupes sur place? Jacob Zuma donne sa vision au micro de notre envoyé spécial Nicolas Champeaux.

 

RFI : Monsieur le Président, quelle est votre analyse de la situation au Mali ?

Jacob Zuma : La situation au Mali est très préoccupante. Cela remonte à la chute de Mouammar Kadhafi. Les gens ont tendance à croire que les difficultés au Mali ont surgi de nulle part. Mais il faut envisager le Mali dans un contexte plus large, et comme la conséquence de ce qui s’est passé en Libye. L’Union africaine avait adopté une feuille de route pour la Libye, afin de répondre aux aspirations des Libyens, qui réclamaient la démocratie. Mouammar Kadhafi lui-même était d’accord avec notre feuille de route. Mais les gens importants, ceux qui ont le pouvoir, avaient décidé de chasser Kadhafi. Seulement une fois qu’il a été chassé, il n’y avait plus personne aux commandes du pays, qui, de surcroît était truffé d’armes.

Tout le Sahel en a souffert, pas seulement le Mali. Le Mali a souffert le plus, mais on assiste aussi à l’émergence de groupes rebelles au Tchad, au Niger et aussi en Mauritanie. La situation sécuritaire s’est détériorée dans ces pays. Il faut tenir compte de ce contexte lorsqu’on aborde les défis du Sahel parce que les problèmes du Mali ne sont pas seulement liés à des forces anti-gouvernementales. On a assisté à l’émergence d’une multitude de forces qui se sont installées dans le pays. Nous avons donc sur les bras une situation qui est particulièrement préoccupante au Mali, et qui mérite toute notre attention.

RFI : La France était en pointe dans l’opération qui a mené à la chute de Mouammar Kadhafi. Quelle a été votre réaction lorsque l’ancienne puissance coloniale a décidé d’intervenir militairement au Mali ?

J. Z. : Sur la Libye, je n’accuse aucun pays en particulier. Vous dites que je blâme la France, mais je ne dis pas cela parce que la France n’a pas agi seule en Libye. Je ne veux pas que les Français pensent que je les accable. La France faisait partie du groupe qui est intervenu en Libye. Cela dit, la situation s’est détériorée après la chute de Kadhafi. Au Mali les rebelles étaient prêts à prendre le pays, et il n’y avait aucune force africaine pour les en empêcher. Par conséquent, la France, qui avait été sollicitée par le gouvernement malien, a décidé d’intervenir, et je pense qu’elle s’est rendue utile. Nous avons soutenu la décision de la France, il n’y avait pas d’alternatives.

Par ailleurs, nous avons particulièrement apprécié que la France, cette fois-ci, ait décidé de consulter. En amont de l’intervention, le Président français a appelé presque que tous les dirigeants de l’Afrique, pour les consulter, et pour leur dire « nous avons été sollicités par le gouvernement malien, nous avons décidé de le secourir, nous allons intervenir, mais je voulais vous en informer parce que j’ai à cœur de consulter les présidents africains lorsque j’entreprends une action en Afrique ». Nous avons beaucoup apprécié cette démarche de la France, qui par ailleurs, n’envisage pas de rester à long terme au Mali.

RFI : Onze pays africains se sont engagés à déployer des troupes au Mali. Pourquoi l’Afrique du Sud ne fait-elle pas partie de ce groupe ?

J.Z. : Le Mali fait partie de la Cédéao. Et la Cédéao a pris en charge le dossier malien depuis le début. L’Afrique du Sud ne peut pas décider d’envoyer des troupes au Mali du jour au lendemain, simplement parce qu’elle a envie de se rendre utile. Il faut au préalable que nous soyons sollicités. En outre, des forces africaines sont déjà sur le terrain, et elles prennent part à des combats. Je ne vois pas l’utilité de déployer des soldats car des troupes sont déjà sur place.

RFI : En République centrafricaine, l’Afrique du Sud a été très rapide, lorsque le président François Bozizé a sollicité son aide à la fin du mois de décembre, alors que la rébellion de la Seleka se rapprochait de Bangui. Pretoria a dépêché deux cent soldats sans consulter les membres de l’Organisation sous-régionale de l’Afrique centrale, la CEEAC. Cela a froissé plusieurs pays de la région.

J. Z. : On ne peut pas comparer notre action en République centrafricaine à la situation au Mali. Le Mali n’a pas sollicité l’aide de l’Afrique du Sud, la Cédéao non plus. En République centrafricaine, je ne suis pas sûr que les membres de la CEAAC se soient réunis pour examiner la situation des rebelles, qui progressaient sur Bangui. Or L’Afrique du Sud et la RCA ont signé des accords bilatéraux, des accords qui touchent aux questions militaires. C’est dans le cadre de cet accord que les autorités nous ont demandé d’intervenir. Par ailleurs, des soldats sud-africains se trouvaient déjà en Centrafrique où ils assuraient des formations. Ils avaient aussi du matériel sur place, et nous souhaitions protéger notre matériel et nos ressortissants. Ensuite, avant de déployer des troupes, j’ai pris la peine d’appeler le président de l’Organisation régionale d’Afrique centrale, donc cela suffisait, je n’allais pas appeler tout le monde !

RFI : Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait convoqué les journalistes cette semaine au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, suite à une réunion entre huit pays, dont l’Afrique du Sud, consacrée à la situation dans l’est de la RDC. Un accord global entre ces pays, l’UA et l’ONU devait être signé en vue de stabiliser la région. La réunion n’a pas eu lieu, tout a été annulé. Pourquoi ?

J. Z. : Je pense qu’il vaut mieux poser la question aux responsables de l’ONU. De notre point de vue, les pays de la SADC n’avaient pas discuté du document qui devait être signé. Et avant de signer un document, nous souhaitons au préalable prendre connaissance de son contenu. Donc nous avons proposé de reporter la signature. Nous n’avons pas dit que nous rejetions l’accord. Il y a eu un malentendu, peut-être un problème de communication, mais il revient à l’ONU de vous donner des détails.

RFI : L’ancienne ministre sud-africaine des Affaires étrangères est désormais présidente de la Commission de l’UA. C’était naturellement votre candidate. Quel jugement portez-vous sur son action depuis son entrée en fonction au mois d’octobre ?

J. Z. : Nous sommes très satisfaits, vraiment satisfaits. Elle fait ce que l’on attendait d’elle. Elle a dirigé son premier sommet de l’Union africaine avec professionnalisme. Nos réunions ont commencé à l’heure, elles se sont terminées à l’heure, et nous savions exactement de quoi nous allions parler à chaque réunion. Sa façon de diriger la Commission correspond tout à fait à nos attentes, nous sommes très satisfaits.

RFI : Au-delà de l’Union africaine, l’Afrique du Sud est membre du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du Sud). Votre pays siège souvent au Conseil de sécurité des Nations unies, c’est aussi le poumon économique du continent. Ne craignez-vous pas que des pays vous reprochent une volonté hégémonique ?

J. Z. : Il n’y a aucun problème de ce point de vue. Je suis sûr que la France a, elle aussi, un large champ d’action, mais on ne lui reproche pas de s’imposer. En Europe, on ne fait pas non plus le reproche à l’Allemagne, ou à l’Angleterre. Alors, pourquoi reprocherait-on à l’Afrique du Sud de s’imposer ? Pourquoi ce traitement différent ?

RFI : Ce qui est bon pour Moscou et Pékin, ne l’est pas nécessairement pour l’Afrique. Cela vous pose t-il des problèmes de loyauté ?

J.Z. : Il n’y a aucun problème. Le groupe BRICS rassemble des pays qui se sont mis d’accord pour travailler ensemble, et partager leurs expériences. Il s’agit pour la majorité, de pays émergents. Nous nous demandons, « comment pouvons-nous collaborer pour atteindre nos objectifs de développement ? ». Donc il n’y a pas de problème de loyauté. Dans le cadre du BRICS, nous représentons l’Afrique, c'est-à-dire un milliard d’habitants. Les pays du BRICS représentent la moitié de la population de la planète. C’est un groupe très important, l’Afrique du Sud en fait partie, et elle en fait profiter le reste du continent africain.

RFI : Lors du sommet de l’Union africaine, vous avez déclaré que l’Afrique était sur une vague ascendante, citant de nombreux projets d’infrastructure. Ces projets peuvent-ils lever les obstacles entre les communautés francophones, lusophones et anglophones du continent ?

J.Z. : L’Union africaine, avant, s’appelait l’Organisation de l’Unité africaine. Nous voulions rassembler les Africains qui ont été divisés, parce qu’avant, il n’y avait pas de communautés francophones, anglophones, ou lusophones, il y avait des Africains. Des gens sont venus nous diviser, mais nous avons dit « rassemblons nous entre Africains ». Au niveau de l’Union africaine, nos objectifs sont très clairs. Nous cherchons à identifier les moyens pour permettre aux différentes régions du continent de se développer et de permettre à l’Afrique d’avancer. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de programmes d’infrastructure, de programmes économiques, et d’échanges commerciaux. Nous avons aussi décidé de lever les barrières douanières qui font obstacle au commerce.

Nous sommes des Africains en Afrique, qui se rassemblent, pour effacer les obstacles liés aux langues, qui sont l’héritage de ce que l’on nous a imposé. Parce que des gens sont venus et ont dit : « ceci est telle ou telle colonie ». Nous cherchons à nous débarrasser de ces divisions et nous disons : « ceci est l’Afrique, ces gens sont tous Africains, et ils doivent travailler ensemble ». Nous ne faisons même pas la promotion de nos propres langues dans nos pays respectifs. Nous voulons unir le continent.

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