Pierre Servent sur RFI: «les Touaregs du MNLA sont dans une position un peu ambiguë par rapport à Bamako» - Afrique - RFI

 

  1. 06:30 TU Journal
  2. 06:43 TU Sessions d'information
  3. 07:00 TU Journal
  4. 07:10 TU Sessions d'information
  5. 07:30 TU Journal
  6. 07:40 TU Grand reportage
  7. 08:00 TU Journal
  8. 08:10 TU Appels sur l'actualité
  9. 08:30 TU Journal
  10. 08:40 TU Appels sur l'actualité
  11. 09:00 TU Journal
  12. 09:10 TU Priorité santé
  13. 09:30 TU Journal
  14. 09:33 TU Priorité santé
  15. 10:00 TU Journal
  16. 10:10 TU 7 milliards de voisins
  17. 10:30 TU Journal
  18. 10:33 TU 7 milliards de voisins
  19. 11:00 TU Journal
  20. 11:15 TU Sessions d'information
  21. 11:30 TU Journal
  22. 11:33 TU Sessions d'information
  23. 12:00 TU Journal
  24. 12:10 TU Sessions d'information
  25. 12:30 TU Journal
  1. 06:30 TU Journal
  2. 06:43 TU Sessions d'information
  3. 07:00 TU Journal
  4. 07:10 TU Sessions d'information
  5. 07:30 TU Sessions d'information
  6. 08:00 TU Journal
  7. 08:10 TU Appels sur l'actualité
  8. 08:30 TU Journal
  9. 08:40 TU Appels sur l'actualité
  10. 09:00 TU Journal
  11. 09:10 TU Priorité santé
  12. 09:30 TU Journal
  13. 09:33 TU Priorité santé
  14. 10:00 TU Journal
  15. 10:10 TU 7 milliards de voisins
  16. 10:30 TU Journal
  17. 10:33 TU 7 milliards de voisins
  18. 11:00 TU Journal
  19. 11:15 TU Sessions d'information
  20. 11:30 TU Journal
  21. 11:33 TU Sessions d'information
  22. 12:00 TU Journal
  23. 12:10 TU Grand reportage
  24. 12:30 TU Sessions d'information
  25. 13:00 TU Journal
fermer

Afrique

Ansar Dine Dioncounda Traoré Mali MNLA

Pierre Servent sur RFI: «les Touaregs du MNLA sont dans une position un peu ambiguë par rapport à Bamako»

media Francetv/DR

Pierre Servent, colonel de réserve de l’armée de terre et spécialiste des conflits et de l’armée, revient pour RFI sur les Touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), présents dans le nord du Mali.

RFI : Les soldats français sont arrivés seuls à Kidal. Il a été évoqué une forme de coopération, et le mot même d’accord a été prononcé avec le MNLA. Est-ce le cas ?

Pierre Servent : Il s'agit plus, à mon avis, d'une prise de contact. Et c’est le rôle notamment des forces spéciales, « les commandos ». Ces derniers sont connus depuis plusieurs jours en raison de leurs opérations militaires de vive force, combattant les jihadistes. Mais dans leur rôle, il y a une autre fonction, qu'ils appellent des « missions d’environnement ». Elles consistent à prendre contact avec les élus d’une zone, d’une région, pour voir comment cela se passe sur le plan politique.

A mon avis, c’est ce qui se passe pour avoir une évaluation du terrain à Kidal, puisque dans cette ville, a priori, il n’y a pas d’ennemi majeur. Mais il y a les Touaregs du MNLA, qui sont dans une position un peu ambiguë par rapport à Bamako. Donc, nous sommes dans une phase, je dirais, à la fois politique et militaire.

Et donc, on voit un statut particulier, en fait, du MNLA par rapport aux autres groupes armés. Pourquoi ?

La France, depuis longtemps, a essayé de faire des efforts avec d’autres pays, pour que la question touarègue soit discutée. Même s’il n’y a pas que des Touaregs au Nord - il y a également des Peuls, des Arabes, etc. -, il est vrai que ce sont les Touaregs qui posent problème. Les Touaregs laïcs se sont, rappelons-le, associés avec les jihadistes l'année dernière. Mais en même temps, Paris et d’autres capitales reconnaissent qu’il y a des revendications touarègues qui sont légitimes ; que Bamako, tout au long de ces dernières années, a laissé tomber les Touaregs du Nord. Ce qui explique qu’ils se soient rapprochés d’autres mouvements pour conquérir leur indépendance. Néanmoins, Paris ne peut pas s’immiscer dans une question de politique intérieure.

C'est un sujet d'autant plus sensible que le MNLA propose son soutien, à la France notamment, et aux autres pays africains, pour combattre contre les jihadistes qui se sont retranchés plus au Nord. C’est un point important, et je pense qu’il doit y avoir en ce moment pas mal de discussions et de tractations.

Peut-on imaginer, du coup, une collaboration prochaine entre les troupes armées françaises et le MNLA ?

Là, je suis vraiment incapable de vous dire. Il n’y a que le ministère de la Défense qui pourrait répondre à cette question. Et le ministre (Jean-Yves Le Drian, ndlr), qui s’exprimait ce matin sur France Inter est resté assez évasif. Là, vraiment, ce sont des contacts politiques, diplomatiques. Je ne suis absolument pas en mesure de vous dire quelle tournure cela peut prendre.

Mais si une collaboration dans le nord du Mali est envisageable, que se passe-t-il dans les autres régions ? Ça s’est passé comme ça à Kidal, certes, mais à Tombouctou et Gao, cela a-t-il été également le cas ? Y a-t-il eu des contacts avec le MNLA ?

Les autres villes étaient sous contrôle islamiste. A Gao, par exemple, il y a eu des combats assez durs entre les Français et un des mouvements jihadistes, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao). Tombouctou, elle, a été désertée par les jihadistes.

Là, si vous vous voulez, à Kidal on est vraiment dans le fief touareg. C’est vraiment la zone que je qualifierais d'historique. Donc, nous sommes dans une position un peu particulière, avec un MNLA qui, l’année dernière, a fait alliance avec les jihadistes, et qui s'est retrouvé rapidement - pardonnez-moi l’expression - le « cocu » de l’affaire. Parce qu’il s'est fait battre après, militairement, par ses alliés, et a été totalement marginalisé. Et je pense qu'ils essaient de revenir dans le jeu, sur le plan diplomatique et politique. La France est assez sensible à cela, et souhaite éviter de faire rebasculer leurs combattants du côté d’une rébellion. Par conséquent, nous sommes dans une phase subtile, psychologique, politique, assez délicate.

Des combattants du MNLA, le 2 février 2012. AFP PHOTO / MNLA

Le président par interim du Mali a d'ailleurs dit, sur RFI, que tous les groupes armés se sont « disqualifiés », en dehors peut-être du MNLA pour un dialogue. Peut-on imaginer un dialogue entre Bamako et les Touaregs maintenant ?

Il le faudrait absolument. Beaucoup de voix s’élèvent dans ce sens. Ce que je constate, c’est qu’il reste beaucoup de réticence de la part du sud du Mali. Je le vois également dans les contacts que je peux avoir avec la communauté malienne en France, qui considère que le MNLA a trahi la cause malienne, qu'il y a eu des exactions commises par les soldats du MNLA l’année dernière. Donc, à la fois il y a des voix politiques qui vont dans un sens positif, en disant : « Il faut absolument remettre dans le jeu les Touaregs du MNLA ». Et d’autres crient vengeance.

Quel rôle pourraient-ils jouer ? Peut-on imaginer une implication politique ?

Les années passées, vous avez eu des accords entre les Touaregs du Nord et Bamako. Vous avez même un des chefs historiques touaregs dont on a beaucoup parlé, Ag Ghali, qui s’est radicalisé pour créer Ansar Dine, un autre mouvement touareg devenu jihadiste. Mais ce personnage, Ag Ghali, il avait pignon sur rue à Bamako à une époque. Il a même été nommé comme diplomate du Mali en Arabie Saoudite, parce qu’il était revenu dans le jeu. Les années passées, vous avez eu à plusieurs reprises des tentatives de conciliation, de négociations avec les Touaregs – qui ne s’appelaient pas le MNLA à l’époque –. Parce que le Mouvement national de libération de l’Azawad est un mouvement séparatiste. Ce type de discussion n'aurait pas été accepté à l'époque.

Il y a par conséquent déjà eu des processus de discussions politiques et diplomatiques. A mon avis, il faut essayer de les remettre en place. Le problème c’est que tout ça se fait à chaud, dans la confusion. Avec une situation militaire qui n’est pas totalement clarifiée.

Peut-on imaginer que les Touaregs dans le Nord puissent avoir une place régionale ?

Là encore, il s'agit vraiment de questions politiques. Le MNLA continue quand même de revendiquer une indépendance. Peut-on aller vers une forme d’autonomie ? Quel type d’accord politique pourrait se nouer entre le Sud et le Nord ? Tout ça avec un problème, c’est qu’il n’y pas un gouvernement solide à Bamako. Nous sommes dans un processus intérimaire. Des élections sont prévues pour juillet, donc il faut que ces élections puissent se tenir et voir, après, comment les nouvelles forces politiques vont se positionner. Notamment celles qui, à Bamako, seront vraiment sanctifiées par le suffrage universel, à travers un pays qui sera globalement réuni. Là, en tant que Français, je peux difficilement me prononcer. Il faudra que ce soit ce dialogue entre le Nord et le Sud qui s’établisse, chacun se respectant, et chacun enterrant ses morts, parce que, dans les faits, il y en a des deux côtés.

Commentaires

 
Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.