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Selon les Nations unies, les massacres auraient été commis lors de la prise de Bentiu, localité pétrolifère située dans l’Etat de l’Unité, par les hommes de l’ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar. Près de 200 personnes auraient notamment été tuées dans une mosquée et plusieurs autres dans une église, affirme l’ONU dans un communiqué.

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Mahamadou Issoufou sur RFI: «Le MNLA n’est pas représentatif du peuple touareg»

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Mahamadou Issoufou, le président de la République du Niger, était l'invité d'Internationales sur RFI. Il revient sur la crise malienne, l'intervention militaire française, et la question touarègue. Verbatim.

Sur l'intervention française au Mali

« L’intervention française était nécessaire et légitime. Si la France n’était pas intervenue après l’offensive des jihadistes sur Konna, ils seraient à Bamako. Cela veut dire que l’Etat malien serait devenu un Etat terroriste, menaçant les pays voisins. »

« Lorsque j’entends certains dire que c’est le retour de la Françafrique, je n’ai pas la même vision des choses. »

« Je ne pense pas que l’intervention française soit terminée avec la libération des villes du nord du Mali. Les Français sont actuellement à Kidal. Il reste à remonter plus au nord, vers Tessalit. Mais même avec cela, le problème n’est pas réglé. »

Sur le rôle de la force africaine Misma (Mission internationale de soutien au Mali)

« L’objectif de cette guerre, c’est non seulement de libérer le nord du Mali des jihadistes et des trafiquant de drogue, mais aussi de débarrasser l’ensemble du Sahel de ces groupes […] qui constituent non seulement une menace pour nous, mais aussi pour vous, pour l’Europe, pour le monde entier. »

« J’ai confiance en cette force, la Misma. Notre contingent (680 soldats) est actuellement présent à Gao, et je crois que les autres pays africains sont en train de se préparer […] Le plus important, c'est la mise en place d'une force capable de sécuriser le nord du Mali et le Mali afin de créer les conditions d’organisation d’élections libres et démocratiques. »

« Je ne vois pas d’inconvénient à ce que la Misma soit transformée en un contingent de casques bleus, c’est peut-être même mieux encore. Cela donne plus de certitudes pour mobiliser de manière constante les moyens, afin que la situation puisse être maîtrisée. »

Sur la menace potentielle que le Niger devienne une cible, si les Etats-Unis installent au Niger un point d'où décolleront des drones

« Le Mali a déjà été occupé, tous nos pays sont des cibles. N’oubliez pas que nous avons une menace potentielle. Boko Haram est présent au Nigeria, et le Niger partage une frontière de 1 500 kilomètres avec le Nigeria. Donc le Niger comme tous les autres pays de l’Afrique de l’Ouest sont des cibles potentielles des terroristes. »

Sur l'indépendance du nord du Mali, et la question des Touaregs

« Lorsque vous regardez la carte de l’Afrique, elle ressemble à un miroir brisé. Il ya tellement de frontières artificiellement mises en place, que je pense qu’il ne convient pas d’en rajouter. Déjà, les pays africains ne sont pas viables, alors, les diviser, les balkaniser, ce serait mettre en place des Etats encore moins fiables […], donc il faut éviter la division du nord du Mali. »

« Il y a une autre façon d’associer les populations à la base, de leur permettre de prendre en main leur destin au niveau local, c’est la décentralisation. C’est ce que nous avons mis en œuvre au Niger. Cela peut être une voie pour le Mali. »

« Avant le coup d’Etat de mars 2012, il y avait des députés touaregs à l’Assemblée du Mali, désignés par les communautés du nord du Mali. C’est pourquoi je mets l’accent sur la nécessité de restaurer la démocratie au Mali. »

Sur la question du MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad)

« Ce qui est important, c’est de noter que les Touaregs ne sont pas toujours représentés par ceux qui prétendent les représenter. Le MNLA n’est pas représentatif du peuple touareg […]. La communauté des Touaregs est immense. [...] Le MNLA est minoritaire parmi les Touaregs.  »

« Il me semble que le MNLA est une des causes de la crise au nord du Mali [...] Je pense que ce serait contradictoire de ne pas désarmer le MNLA par rapport à l’objectif de restauration de l’intégrité du Mali. S’ils désarment, on peut éventuellement leur donner une place à la table des négociations. »

Sur les jihadistes

« Nous considérons que ces jihadistes ne sont pas des musulmans, mais des trafiquants. »

Sur les otages

« Selon les informations que nous avons, ils sont effectivement vivants, ils se trouvent probablement au nord du Mali, près de la frontière algérienne. »

Sur l'uranium

« L'uranium ne rapporte pas suffisamment au peuple du Niger, il faut rééquilibrer le partenariat avec Areva »

Sur la présence de forces spéciales françaises au Niger autour des sites miniers

« Je le confirme. Nous avons décidé, après ce qui s'est passé en Algérie, de ne prendre aucun risque et de renforcer la protection de ces sites. »

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