Mali : Tombouctou sous surveillance - Afrique - RFI

 

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Dans un discours prononcé devant la foule sur la place de la Nation, rebaptisée «place de la révolution», le lieutenant-colonel Zida a annoncé la suspension de la Constitution. Mais il ne s'exprime pas au nom du chef d'état-major, proclamé chef de l'Etat un peu plus tôt dans la journée. Une partie de l'armée semble ne pas reconnaître l'autorité du général Traoré. Le lieutenant-colonel Zida est le commandant adjoint du Régiment de sécurité présidentielle.Les antennes de RFI consacreront à nouveau une édition spéciale à la situation au Burkina Faso samedi 1er novembre entre 6h TU et 8h TU.

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Mali : Tombouctou sous surveillance

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Tombouctou était pendant dix mois le cœur de l’organisation des groupes djihadistes. Tous les leaders sont passés dans la ville à de nombreuses reprises pour des rencontres stratégiques. Les porte-parole d’Ansar Dine et du Mujao y avaient leur quartier. Pendant dix mois, des habitants ont pris des risques pour récolter des informations sur les islamistes.

Dès l’arrivée des jihadistes en avril dernier, une petite cellule s’est formée à Tombouctou. Discrètement, ces hommes ont observé les occupants, cherché à les identifier, étudier leurs déplacements et surtout référencer tous les bâtiments occupés. A l’arrivée des soldats maliens et français, ce sont ces espions formés sur le tas, ces « résistants », comme ils aiment se présenter, qui ont organisé les patrouilles, sécurisé certaines habitations où sont passés les émirs d’Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique du Mujao, Mouvement pour l'unicité et la justice en Afrique de l'Ouest, ou d’Ansar Dine.

Ces fouilles minutieuses ont permis de découvrir d’importants stocks d’armes et des munitions mais également des documents : passeports, listes de combattants, puces de téléphone et quelques ordinateurs. Des pièces désormais aux mains des experts du renseignement qui peuvent s’avérer stratégiques.

Les informations récoltées permettent de dire que les leaders d’Aqmi, notamment Abu Zeid, ont quitté Tombouctou, il y a précisément quinze jours. Le convoi de véhicules banalisé est parti discrètement au petit matin d’une villa située au nord de la ville.

L’un des témoins affirme avoir vu monter très rapidement entre sept et huit personnes, dont des Occidentaux, les yeux bandés, dans l’un des véhicules. La scène, vue de loin, n’a duré que quelques secondes. Le 4X4 était situé à moins d’un mètre de la porte de la maison. Mais au sein de cette cellule d’espionnage, tous pensent que ce sont les otages français. Otages qui seraient désormais dans le massif de l’Adrar des Ifhogas au nord de Kidal.

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